Les mains lisses

Un café crème, pour elle, un déca pour lui. Ils sont assis l’un en face de l’autre, évidemment, étrangers au monde, indifférents aux autres, personnages à la Doisneau sur un bord de trottoir transformé en terrasse – en promontoire de leur bonheur. Ils nichent sur leur estrade, comme un couple de moineaux rieurs, la gravité en plus, le sourire étudié, les yeux perdus dans l’immensité de leurs rêves, là, juste derrière l’épaule de l’autre. Juste après, il y a le monde flou, les bords ternes d’une photographie vieillie, allégorie de leur amour éternel. Ils sont seuls à deux, à siroter leurs cafés améliorés, sur une table bancale – deux sous sur le bitume.

Le café enfin by *the-eyes-of-edera

C’est une jolie scène qu’immortalisent quelques touristes en goguette. Une jolie fille aux joues un peu rouges sous la bise de novembre, avec ses longues bottes camel qui lui font le pied léger ; un bel homme élégant, avec un foulard de soie jaune sur une longue veste anthracite.
Jolies couleurs d’automne qui finiront mâchées sous les clichés noir et blanc de maraudeurs photographes.

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Les paradoxes et autres allumettes

Come On Baby Light My Fire by ~The-Silver-Doe

Agitée, frénétique. D’un côté comme de l’autre comme au creux de la vague, au fond de la marmite, je roule. Bord sur bord.
Et pourtant je suis calme, presque apaisée – Juste dans l’attente basse et monocorde des jours qui passent sans que rien ne s’agace. Calme, ou désabusée, les lèvres bien closes sur les secrets honteux des autres.

J’ai mis un pied dans le passé et je suis restée collée au bitume brûlant des étés qui n’en finissaient pas. Juste de la chaleur brute qui monte jusqu’aux joues – De la honte, et du plaisir.

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Dans les étoiles

Stars by ~Tiberius47

Vrombissement. Ouverture des portes, décollage imminent. Le bruit de tôles froissées devient soudain plus insistant, moins net. Et puis tout explose, en miettes, et il n’en reste plus rien.
Silence.

J’ai la tête dans les étoiles, ce matin. Mal au cœur à force de tourner à l’envers dans mon minuscule univers. Je vois flou, et je ne sais plus où en est ma réserve d’air. Je tourne comme une âme en peine, attachée par les neurones qui fonctionnent encore à un vaisseau placide.

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