Les mains lisses
Un café crème, pour elle, un déca pour lui. Ils sont assis l’un en face de l’autre, évidemment, étrangers au monde, indifférents aux autres, personnages à la Doisneau sur un bord de trottoir transformé en terrasse – en promontoire de leur bonheur. Ils nichent sur leur estrade, comme un couple de moineaux rieurs, la gravité en plus, le sourire étudié, les yeux perdus dans l’immensité de leurs rêves, là, juste derrière l’épaule de l’autre. Juste après, il y a le monde flou, les bords ternes d’une photographie vieillie, allégorie de leur amour éternel. Ils sont seuls à deux, à siroter leurs cafés améliorés, sur une table bancale – deux sous sur le bitume.
Le café enfin by *the-eyes-of-edera
C’est une jolie scène qu’immortalisent quelques touristes en goguette. Une jolie fille aux joues un peu rouges sous la bise de novembre, avec ses longues bottes camel qui lui font le pied léger ; un bel homme élégant, avec un foulard de soie jaune sur une longue veste anthracite.
Jolies couleurs d’automne qui finiront mâchées sous les clichés noir et blanc de maraudeurs photographes.







