
Après la frénésie des grands départs, l’agitation de la ville parait ridicule, hors de propos. Elle est presque vulgaire, plantée là par des sédentaires bruyants, qui ne sentent ni le sel ni le bois.
Mais pas à La Rochelle.
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Sur les quais la foule des terriens s’amasse. Les pontons dégoulinent de couleurs vives, enchevêtrées sur un plan d’eau immobile. Au micro, un organisateur tente de sauver le buffet des équipages des mains baladeuses de badauds en goguette. Les amis, la famille se pressent autour des bateaux minuscules, tentent de se rendre ridiculement utiles jusqu’à la dernière minute, écrasent des pieds et cognent dans les caméras de journalistes patients jusqu’à l’obstination brute.
L’anarchie flotte au-dessus des barres de flèches.
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En triant pour scanner des centaines de photos prises cette année en argentique, je suis retombée sur une pochette oubliée, à dessein. 12 photos au format carré, héritage d’un Holga qui, cette fois, avait décidé de me laisser photographier correctement. Et pas à l’envers, comme les 3/4 du temps.
Je ne suis pas très douée en appareils photo vieillots, quand la pellicule m’est inconnue. Je gâche plus que je déclenche. Mais sur celle-ci, les 12 étaient nettes – comme peut l’être du Holga, s’entend -, pas mal cadrées, bien exposées, et aucune ne chevauchait la suivante.
Probablement parce que je commence à prendre l’habitude d’être exigeante à outrance avec une pellicule. Il n’y a pas meilleure école que l’argentique : pellicules et développement très cher, frustration de l’attente, fenêtre fermée sur ce que l’on photographie… autant ne pas rajouter « photo ratée » à la liste.
Bref. Nous en étions à ces 12 fameuses photos en Holga, réussies techniquement.
Elles me laissent un goût amer.
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