Matérialisme et désincarnation
#SeleniteIl est de bon ton, dans certains milieux, de défendre la dématérialisation de la création artistique, principalement musicale et littéraire. Je préfère généralement la fustiger, par préférence personnelle pour le support physique, sans trop savoir ce qui me gêne au juste. On veut nous faire accepter que l’avenir de la création est dans le numérique, que le support est déjà mort.

Oui après tout, avoir plus de trois romans sur soi en permanence (à condition de tous les lire), c’est très bien. Emmener avec soi sa discographie complète a de quoi séduire – surtout lorsqu’il s’agit, dans mon cas, de pouvoir brancher le lecteur n’importe où pour faire découvrir, commenter, écouter à plusieurs.
Malgré tous ces arguments, la gêne subsiste. Une habitude sans doute. J’ai toujours choisi les vêtements dont les poches étaient suffisamment grandes pour pouvoir contenir un CD (voire deux.) Je me plaisais à regarder encore et encore le visuel, à le sentir juste présent, à le posséder comme une amulette. Or je le sais bien, il semblerait ; le salut de l’humanité réside en ce que nous sommes, et non ce que nous possédons.
Il y a un truc qui cloche dans ce système que tout le monde semble accepter, cette… « solution ». En séparant l’œuvre de son support, nous ne faisons pas que la rendre plus accessible et plus transportable. Nous l’arrachons à son milieu naturel. Lire la suite »








