Natalie Shau expose au Cabinet des Curieux

Il y en a parmi vous (je le sais) des gens qui connaissent le travail de Natalie Shau. Il est assez difficile de passer à côté si l’on s’intéresse un tant soit peu à l’art digital. Encore plus quand on baigne dans la scène metal, si vous avez croisé les dernières pochettes de Kamelot, Sopor Aeternus ou Cradle of Filth. Mais paradoxalement, ce n’est pas par ce biais que je l’ai connue – non, cela date du temps un peu moins bien assumé où je sévissais sur DeviantArt. De visages blêmes en membres tranchés, sur fond de décors sombres et rugueux, je me suis vite pris d’affection pour ses créations.

Et voilà que 5 ans après, Diane nous propose justement de la rencontrer, à l’occasion de son vernissage à Paris, dans l’étrange mais chaleureux Cabinet des Curieux. Et je crois que je vais vendre autant le contenu que le contenant.

Le contenu parce que Natalie Shau sait mêler un grand nombre de techniques, de la photographie à la 3D en passant par l’obligatoire photomontage, pour arriver à ses fins. Parce qu’il n’est pas rare de scruter l’une de ses œuvres pour, au bout de quelques minutes, y déceler un détail ignoré jusque là. Parce que son travail est aussi varié que ses commanditaires, et cela sans perdre une seconde sa ligne de conduite. Des visages et des expressions, pas nécessairement ce vers quoi je me tourne habituellement, mais un style définitivement reconnaissable.

Le contenant, parce que le Cabinet des Curieux, au delà du fait qu’il porte particulièrement bien son nom en temps normal (où les antiquités étranges – papillons de nuit, armes blanches et animaux empaillés – reprennent leurs droits quand aucun exposant ne vient les troubler)  est assez petit pour créer une atmosphère prenante et feutrée (et rouge), mais assez grand pour mettre en valeur des œuvres d’une taille plus que raisonnable.

L’exposition vous attend sagement jusqu’au 30 avril, et c’est au 12 passage Verdeau, à Paris. Un très grand merci à Diane et à Thierry Ruby de nous avoir fait rencontrer Natalie en petit comité. J’ai été ravi de constater que nos univers étaient si proches.

Je ne saurai que trop vous conseiller de visiter l’endroit.

En bref :

› Le portfolio de Natalie Shau

› Le Cabinet des Curieux de Thierry Ruby, 12 passage Verdeau, Paris 9ème

Zdzislaw Beksinski, peintre polonais

Zdzislaw Beksinski s’est essayé à de nombreuses formes d’expression. D’abord la photographie, puis la sculpture, le photomontage, et la peinture. Et c’est de sa peinture que je veux parler. La critique n’a semble-t-il pas été tendre avec lui, en son temps. Dans les années 70, nombreux sont les peintres surréalistes. Surréaliste et fantastiques, un peu moins. Ses thèmes morbides ont semble-t-il eu raison du « bon goût » et de la décence.

Aujourd’hui, rien de choquant dans tout cela. Si ce n’est une impression étrange de vide , d’absence et de désespoir.

Je tiens vraiment à ce que tu ailles voir par toi-même son travail dans son environnement naturel. Le site est beau, la musique sublime est signée Zbigniew Preisner, et même si les peintures ne sont pas parfaitement mises en scène, l’atmosphère est terriblement prenante.

Plus je les regarde, plus le sentiment d’oppression augmente. A consommer avec modération.

Santiago Caruso, peintre argentin

Santiago Caruso est du genre désespérant. Né en 1982 (je te laisse faire le calcul), peintre surréaliste, illustrateur, il officie principalement dans la couverture de romans, notamment « The Dunwich Horror » par H. P. Lovecraft. Quand on voit ça, on se demande ce qu’on a fait ces dernières années. Mais passons.

Ou plutôt admirons. Lire la suite