De la laideur, s’il vous plait
C’est un endroit que je traverse souvent, dès qu’il y a un rayon de soleil et que j’ai envie de marcher. Le jardin du Palais Royal, et avant, cette cour étrange peuplée des colonnes de Buren, tronquées, élevées, solidement vissées dans le sol, doctement disposées par un maniaque de l’alignement.Des lignes, des creux, du noir et du blanc, un tracé rectiligne à faire louper une couvée de singe – Voilà pour la topographie des lieux.
Perspective by Laure635
Les gens s’arrêtent près des sphères de Pol Bury, ces fontaines à boules aux reflets qui projettent la distorsion des passages à colonnes sur de multiples facettes. On y lit, on y joue, on s’y prélasse aux premiers rayons de soleil. Elles sont plus douces, plus lumineuses, avec leurs formes généreuses qui invitent à la paresse. Elles sont là collées les unes aux autres comme la masse rassurante de la foule sur un passage piéton à Tokyo. Féminines. Palpables. Faciles.







