Le gout du sel
De part en part, traversé de vent et de houle, ballotté comme une insignifiante petite chose, tu visses tes dents les unes contre les autres. Ton corps est un silence complet au milieu des risées qui ricanent, et du mouvement flou des crêtes qui écument – tes yeux brûlés ne voient pas la terre. Le monde est bleu, de la douceur insolente d’un carré de ciel estival à la densité noirâtre du gouffre qui oscille à la lisière de la coque. Le monde est infini et instable, régulier comme un supplice.
Le monde est infaillible.
Et le temps s’étire sur un horizon blême.
Un battement d’aile, un seul ! Une vague qui ne ressemblerait pas à une autre, le tracé d’un monstre des profondeurs là sous la quille – un chant de sirène entre deux claquements de haubans…
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