Il ne faut pas mourir deux fois – Francisco Gonzalez Ledesma

« La ville intemporelle ou Le vampire de Barcelone » avait été un de mes coups de coeur littéraire ; « Il ne faut pas mourir deux fois » m’a donc fait logiquement de l’oeil. Je ne m’attendais pas à grand chose, et pourtant une fois encore ce fichu écrivain a réussi à me prendre à contre-pied. Je me suis fait balader pendant 320 pages. Force est de constater que le chemin est chouette, même s’il est (très) tortueux.

Je n’avais jamais lu les histoires de l’inspecteur Méndez ; Pourtant, c’est déjà le dixième roman consacré à ses aventures. Et ça donne envie de replonger dans le passé de ce crasseux et troublant personnage.

Gabri, ancien taulard, se recueille sur la tombe de sa femme, dans le vieux cimetière de Pueblo Nuevo, lorsqu’on lui propose d’abattre un homme.
Décidément, bien des types rôdent autour d’une villa isolée, occupée par Dalia, une ex-entremetteuse, et Nadia, une adolescente trisomique.
Sandra se marie ce jour-là. Tout à coup, elle s’avance vers son futur époux. et lui loge une balle au milieu du front.
L’ineffable Méndez va alors s’employer à démêler cet écheveau avec l’humanité, l’humour corrosif et la férocité qu’on lui connaît.

(Source)

Si tu n’as compris, c’est normal. Ce n’est pas un roman policier comme les autres, c’est une tranche de vie à Barcelone, les pieds dans la poussière des ruelles, les yeux braqué sur le dos voûté de Méndez, le vieux roublard presque désabusé, mais pas encore assez.

J’ai aimé le rythme de ce roman, les personnages si bien tournés aux psychologies disparates, ces scènes entre pittoresque local et misère universel, et cette poésie qui émerge toujours des bouges, comme de l’écume.

Vraiment, Francisco Gonzalez Ledesma est une sacrée plume, et son traducteur, Christophe Josse, n’est pas trop mauvais non plus…

› « Il ne faut pas mourir deux fois » de Francisco Gonzalez Ledesma, 320 pages, 18€, publié en novembre 2010 aux éditions L’Atalante.

[***] La tour de Tokyo – Lily Franky

Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai choisi « La Tour de Tokyo » comme une évidence parmi les monceaux de livres de La Manœuvre. Pour la photo de la couverture, probablement, parce que Tokyo, parce que son sous-titre m’a interpelé : « Maman, moi, et papa de temps en temps« . J’ai pris, et je me suis laissé prendre, jusqu’à retenir ma respiration dans les dernières pages.

Difficile de le décrire, ce livre. J’ai peur de ne pas suffisamment lui rendre hommage. Lire la suite

[***] Greg Bear – Heritage

A tout passionné du voyage de Darwin, cet ouvrage est indispensable.

Pour les autres, soyez rassurés, il ne s’agit pas d’un recueil scientifique ou naturaliste, mais bien d’un roman de science fiction. Et si la base de son scénario, développé précédemment sur Eon et Eternité, emprunte allègrement aux modèles imaginés par Arthur C. Clarke avec son cylindre Rama, l’idée de ce roman est toute autre, et son atmosphère toute particulière.

Qui n’a pas lu les deux précédents tomes du cycle (un peu à part malgré tout) aura du mal à s’imprégner du l’univers complexe créé par Greg Bear. Mais une fois débarqué sur Lamarckia, tout s’enchaîne, tout s’imbrique, et il est difficile de reposer le livre. Du style descriptif extrêmement précis et coloré aux péripéties du voyage d’Olmy Ap Sennon, tout est prenant, immersif et intelligent.

Lamarckia a été colonisée par un groupe d’humains, abandonnant le but fixé au lancement de la ville-astéroïde, le Chardon, pour revenir à une vie plus simple, loin des conventions et des subtilités de la société moderne (qui nous sera, à nous, ancêtres du XXIe siècle, totalement étrangère), sur une planète proche de la Terre. Mais l’homme s’intègre mal dans ce schéma, et les Ecoï – organismes vastes comme des continents qui peuplent cette planète – semblent curieux de la façon dont sont faits les êtres humains.

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