
Je ne vais pas vous faire l’affront de critiquer ce jeu, qui aurait du être une extension vu l’extrême maigreur de son contenu. Dragon Age II est sorti depuis un mois, et j’ai eu le temps de faire 3 parties. On va faire fi des bugs de prise en main pendant les combats (oh tiens, j’ai plus la main sur mon perso), des horripilantes coupures de voix en VF (d’où l’obligation d’afficher les sous-titres), et d’un jeu qui se finit en 25h ; après tout, l’intérêt de DA II se situe surtout dans les interactions entre personnages.
On passe donc son temps à tendre l’oreille pour écouter les dialogues assez savoureux parfois entre les personnages durant les quêtes – Ce qui double le temps de jeu. Astuce.
Donc ! Les personnages. On a du vouloir les rendre plus « humains » en leur donnant chacun un caractère bien précis… Sauf qu’ils passent leur temps à pleurnicher et qu’un seul côté de leur personnalité est développé, ce qui en fait des entités bavardes et nombrilistes obnubilées par un seul sujet – d’où quelques dialogues de sourds.
Mais allons-y, on embarque. Pas de jaloux, on fait comme à l’école, A, B, C.
Anders :

Le mâle qui porte le mieux la robe de l’histoire des Bioware revient pour de nouvelles aventures en jupettes. Et point de chaton : notre ami a commis l’erreur de s’acoquiner avec un justicier totalement hétérosexuel, et le pauvre a un peu de mal à retrouver ses esprits (huhu). Bouillon d’hormone, sautes d’humeur, bouffées de chaleur et idées morbides, Anders expérimente l’adolescence tardive. Ou les affres de la ménopause.
Emo-insupportable.
Aveline :

Le roc de l’histoire ne fait de vagues, et se contente de soupirer en haussant les épaules. Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? Fidèle comme un bon mabari, dont elle a la mâchoire, c’est l’atout de toutes les parties. Difficile de se la mettre à dos…
Elle est tellement solide qu’en combat, elle restera, stoïque, campée sur son bouclier durant des heures et que les ennemis, dégoûtés, iront se jeter sur le copain d’à côté.
Fenris :

Le chéri de ses dames parade, toutes scarifications dehors. (Ils ont eu une formation sur les emo à Bioware ?)
Je déteste les mages, ils m’ont torturé, je n’ai plus de passé, plus d’avenir, ce sont des monstres, il faut les enfermer, je vous déteste tous, je vous méprise, je… Oh… Ah… Mais c’est un joli bâton que vous avez là… Je peux… ?
Vous avez quoi sous vos jupes, je me suis toujours posé la question...
Le « loup » le plus facile à apprivoiser de toute l’histoire des documentaires animaliers.
Isabela :

Le 8 parfait, autant de fesses que de seins, et suffisamment des deux pour servir d’étagères. Le craquage complet de Bioware possède la morphologie la plus dense des Dragon Age – même Morrigan a l’air d’une planche à pain à côté.
Fille facile mais pas trop, tordue jusqu’au bout, perverse un peu, libérée beaucoup, s’enchaînant toute seule comme une grande.
On sent qu’on a beaucoup travaillé sur le personnage pour lui donner cette indépendance marine et un caractère mutin. Mais ça ressemble plus à une campagnarde nue dans ses sabots devant une meute de soldats ivres qu’à un véritable capitaine.
Merrill :

Dans le premier opus, Merrill est cette fille froide et un peu têtue que l’on croise chez les Dalatiens. Dans Dragon Age II, c’est une tête de linotte inadaptée socialement qui va jusqu’au bout de ses bêtises avec l’obstination d’un gamin de 3 ans.
Vous ! Mais vous m’avez fait un clin d’oeil, je… Ça veut dire quoi ? Je peux venir m’installer chez vous alors ?
Aïe, trop tard.
Sebastian :

J’étais mauvais, je me moquais de tout, rien n’avait d’importance. J’étais perdu. Aujourd’hui je marche dans la lumière. Merci au Créateur pour sa bonté. Vous verrez Isabela, un jour vous serez comme moi…
- Instant de panique -
A part arracher son Andrasté de chasteté qui protège son entre-jambe, inutile de lui courir après. Il a offert sa virilité à la femme du Créateur. (Je me demande encore ce qu’il en pense)
Varric :

Le représentant des court-sur-pattes aime tout, dit amen à tout, et vous suivra jusqu’au bout. Riez de tout, il aimera, sauf si ça concerne la famille – les liens du sang, c’est sacré.
Personnage un peu plus soigné dans la diversité de ses caractères, il manque néanmoins de relief et on regrettera de ne pas se battre un peu plus pour l’avoir dans son camp… Plus reposant qu’un Oghren, certes. Mais beaucoup moins festif.
La Famille :

Ah, les Hawke. Une mère égocentrée tournée vers le passé. Une soeur mage lisse et ennuyeuse à pleurer. Un frère pleurnicheur complexé et agressif (tiens, il faudrait le caser avec Anders).
Heureusement qu’il reste le chien.
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Je ne sais pas qui a décidé de caractère de ces personnages mais je pense qu’il est temps de le sortir de sa cave. Je conçois qu’il soit difficile de créer des personnalités complexes dans un jeu vidéo, mais là, c’est quand même pauvret. Où est passé le charisme d’une Morrigan, le côté insupportable d’un Alistair ou la sagesse mutine d’une Wyne sur le retour ?
Et nom de nom, qui a dessiné Zevran ? Il est affreux.
D’accord, ça ne m’a pas empêché de faire 3 parties, histoire d’avoir toutes les classes en main. Mais il manque beaucoup de choses à ce deuxième volet pour faire un vrai bon jeu. Les décors sont jolis, certes, l’histoire est intéressante, mais le seul intérêt de cette version c’est qu’on a simplement envie de connaitre la suite.
Peut-être pour ne plus avoir ce vilain goût de déception dans la bouche.
En attendant, bah je vais refaire un Dragon Age première génération.
Parce que Morrigan quoi.
