Il n’y a aucun scoop là-dedans : la recherche d’appartement est souvent fastidieuse. Trouver un appartement qui nous plait, dans lequel on se voit vivre, où il n’y a ni blattes ni voisins louches, où l’on ne traverse pas le mur quand on s’appuie dessus, qui ne soit pas un 3ème sous-sol…

Cardboard Kitty by *Aconitum-Napellus
Bon d’accord : dans beaucoup de grandes villes, la condition n°1, c’est déjà qu’il y ait un proprio qui veuille bien de nous. Le reste devient un détail. Même quand le chauffe-eau rend l’âme, et que le gentil monsieur qui nous paraissait si adorable devient un vieux rustre avare injoignable. Ce n’est pas grave, vous avez un toit. Une adresse. Vous êtes quelqu’un.
Bref ! L’appartement. Vous le trouvez ; Vous avez un bon contact avec l’agent immobilier – oui, vous avez fait l’erreur bête de choisir un appartement en agence, ce qui va vous coûter un mois et demi de loyer supplémentaire en honoraires (sans passer par la case départ, etc.). Vous avez un bon dossier : déjà, vous êtes deux, ce qui limite les risques, du coup vous avez le droit au sourire de l’agent immobilier. Vous avez deux salaires en CDI, du coup il en profite pour vous serrer la pince. Vous avez deux garants ; petite victoire, il vous rappelle.
Pour vous dire qu’il manque des pièces.
Pourtant vous aviez tout prévu : les cartes d’identité de tout le monde, les avis d’imposition, les dernières fiches de paye, la quittance de loyer, un RIB, et même le livret de famille quand c’est papa qui se porte volontaire en cas de pépin financier.
Mais il manque des pièces.
Il manque la taxe foncière des garants. Et les RIB de tout le monde : Les deux garants, le vôtre, celui de votre copain de bac à sable.
L’agent immobilier vous demande donc 5 RIB pour vous louer un appartement qui est moins cher qu’un studio parisien. (Oui là je crâne) (mais pas longtemps, parce que pour l’instant, je n’ai toujours pas d’appart hein.)
Evidemment, pour corser le tout, un de vos garants n’a pas de fax et n’a jamais appris à s servir du scanner. Galopades éperdues à 400 km de là pour trouver un spot wifi (c’est quoi le wifi ?), un scanner qui marche, un ordinateur avec accès internet accessible, et finalement, un vieux fax d’école.
Tout est bon. Mais pas de nouvelles de l’agent. Que fait-il ? Est-il en train de monter un dossier pour d’autres personnes qui ont eu le temps de visiter l’appartement depuis que vous y avez imaginé où y coller le canapé, et surtout les centaines de bouquins et cd entassés depuis des lustres ? Est-il en train de vérifier minutieusement si vous avez été interdit bancaire sur les 3 générations précédents (cousins compris) ?
Allez-vous devoir demander, encore une fois, à Tatie Noëlle de se porter garante avec son mari plein aux as, alors que vous travaillez tous les 2 depuis 4 ou 5 ans et que vous avez quitté le nid à 17 ans ?
Être locataire, c’est surtout mettre sa dignité au placard.