août 24
#Selenite

Il est de bon ton, dans certains milieux, de défendre la dématérialisation de la création artistique, principalement musicale et littéraire. Je préfère généralement la fustiger, par préférence personnelle pour le support physique, sans trop savoir ce qui me gêne au juste. On veut nous faire accepter que l’avenir de la création est dans le numérique, que le support est déjà mort.

Oui après tout, avoir plus de trois romans sur soi en permanence (à condition de tous les lire), c’est très bien. Emmener avec soi sa discographie complète a de quoi séduire – surtout lorsqu’il s’agit, dans mon cas, de pouvoir brancher le lecteur n’importe où pour faire découvrir, commenter, écouter à plusieurs.
Malgré tous ces arguments, la gêne subsiste. Une habitude sans doute. J’ai toujours choisi les vêtements dont les poches étaient suffisamment grandes pour pouvoir contenir un CD (voire deux.) Je me plaisais à regarder encore et encore le visuel, à le sentir juste présent, à le posséder comme une amulette. Or je le sais bien, il semblerait ; le salut de l’humanité réside en ce que nous sommes, et non ce que nous possédons.
Il y a un truc qui cloche dans ce système que tout le monde semble accepter, cette… « solution ». En séparant l’œuvre de son support, nous ne faisons pas que la rendre plus accessible et plus transportable. Nous l’arrachons à son milieu naturel. Lire la suite »
Tags: Humeur, Pensées
août 12
#Lousia

L’Europe – La France, surtout – épinglée par un économiste chinois, avec des lieux communs et des clichés jusqu’à plus soif. Oui, mais ; Où est la facilité, où est la dérision, jusqu’où peut-on se persuader qu’il en fait trop, le Monsieur, qu’il raconte n’importe quoi, et que jamais on ne mangera le riz des chinois ?
Je ne rencontre ici que des gens désabusés de tout, incapables d’imaginer l’avenir, sans aucun goût de l’effort, de l’apprentissage ou du partage. Des gens sans responsabilités, qui se sentent foudres de guerre dès qu’ils savent s’occuper d’un chaton. Des gens détachés, ravis d’être sans attaches, enchainés aux clichés qu’ils véhiculent.
Jusqu’où a-t-il raison, le Vénérable ? Où commence le déclin, et où s’abreuve la décadence ?
Peut-on continuer à se bercer des discours ampoulés et rassurants d’économistes européens friands de complexité, comme pour mieux assoir leur dignité ?
Est-ce que la complexité d’une explication sauvera le coxis de la France si le pays fait la grande culbute ?
A lire et relire des articles de presse, des analyses fantasques, des prévisions funestes, j’ai la gueule de bois économique. Economique, sauf pour mon portefeuille.
C’est con, je n’aime pas le riz – Sauf quand il accompagne le saumon.
Tags: Economie & Emploi, Humeur
août 03
#Lousia

Au fond, c’est un peu ça, la question. Faut-il tenter de s’échapper au risque de ne plus pouvoir faire demi-tour ? Ou rester sagement attendre que les flammes nous encerclent ?
Le genre de questions qui n’appelle jamais de réponse, parce qu’il n’y en a pas qu’une seule – Et que de toute manière, chacun est bien trop occupé à tenter d’y répondre pour lui-même.
Le genre d’interrogations inutiles de fin du monde. Comme les soubresauts mécaniques d’une bête en pleine agonie, s’agitant par réflexe.
La Russie brûle. Le reste du monde s’en fout un peu. Quelques paysans pauvres de plus ou de moins… Au moins, les tsunamis, ça embarque des touristes occidentaux, c’est beaucoup plus médiatique ; A Haïti, ce sont des pauvres d’accord, mais aussi un formidable réservoir à adoption. Et puis comme catastrophe naturelle en France cette année, on a eu la coupe du monde, c’est bien assez traumatisant pour ne pas en remette une couche.
Alors les russes et les questions existentielles…
Tags: Humeur, Vidéo
juil 19
#Lousia
Ce moment précis du matin. Le jour à peine levé, le barman mal réveillé. Les conversations qui s’entassent au milieu de la poussière, la lenteur précise des économies de gestes. Ce temps suspendu où chacun respecte le silence de l’autre, et où les seuls décibels acceptés sont ceux du claquement de la tasse sur le zinc. Ces matins-là.

Coffee, cigarette n morning by Zeazea
Les nuits n’étaient que des siestes éparses. J’avais trainé quelque part jusqu’au petit matin, échevelée sur une quelconque piste de danse, cuite dans un coin de pub, perdue dans une soirée où je ne reverrai jamais personne. J’avais été ridicule, probablement, à côté de la plaque comme d’habitude, adolescente attardée, sûrement.
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Tags: Humeur
juil 15
#Lousia
Ça m’a un peu perturbé, ce 14 juillet. Le réveil en fanfare avec des avions de chasse au-dessus de la tête, l’impression d’une guerre imminente, le ciel bouché, les trombes d’eau, l’orage. Une journée qui n’a pas envie d’être draguée, qui est en colère, de mauvais poil dès le matin. Ça commençait bien, dans cette ambiance mégère.

14 Juillet // National obsession
Forcément, à partir de midi, tout était fermé. Plus rien à manger.
Chacun s’était calfeutré chez soi, devant la télé à regarder des playmobils aux traits sévères défiler de la flotte plein les bottes. On commentait leurs grandes oreilles et leurs nez cassés en rigolant, pour mieux oublier qu’on aurait préféré embrasser le Croque-Mitaine plutôt que d’en rencontrer un dans une ruelle. Les citoyens ordinaires et les gabarits médiocres sont revanchards, avouons-le. Enfin moi, un peu.
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Tags: Humeur