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	<title>Mizzenmast &#187; Exercice de style</title>
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	<description>Culture, musique, littérature, et autres humeurs.</description>
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		<title>Les steriles</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jan 2012 16:37:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lousia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Exercice de style]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Je suis immobilisée, allongée, le nez perdu dans l&#8217;immensité d&#8217;un plafond blafard, une chape de plomb peinte en blanc, une impossibilité encastrée entre moi et le ciel. Je ne peux pas bouger ; mon univers se réduit à mon champ de vision, une immensité blanche bordée d&#8217;un décor qui dégouline sur les côtés, et m&#8217;oblige à loucher. J&#8217;abdique &#8211; je m&#8217;en tiens là, à ce blanc qui brûle la rétine&#8230; <a href="http://www.mizzenmast.fr/2012/01/les-steriles/" class="read_more">Lire la suite</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis immobilisée, allongée, le nez perdu dans l&#8217;immensité d&#8217;un plafond blafard, une chape de plomb peinte en blanc, une impossibilité encastrée entre moi et le ciel. Je ne peux pas bouger ; mon univers se réduit à mon champ de vision, une immensité blanche bordée d&#8217;un décor qui dégouline sur les côtés, et m&#8217;oblige à loucher. J&#8217;abdique &#8211; je m&#8217;en tiens là, à ce blanc qui brûle la rétine et agite le subconscient. Une page vide et de longues minutes à tuer, la tête sur un coussin &#8211; le cou tendu à la hache des vaines interrogations. Pas un frisson de froid, pas de douleur, aucun symptôme sur lequel se pencher, rien que cette activité cérébrale inepte et roborative, tout ça à cause de ces mètres carrés de béton blanchi à vif qui égraine sa monotonie sur mes fourmillements dérisoires.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-15875" href="http://www.mizzenmast.fr/2012/01/les-steriles/neige/"><img class="aligncenter size-medium wp-image-15875" title="neige" src="http://www.mizzenmast.fr/wp-content/uploads/2012/01/neige-619x412.jpg" alt="" width="619" height="412" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #888888;">// <a title="Snow in Paris" href="http://luciepiriou.com/?gallery=snow-in-paris" target="_blank">Snow in Paris</a></span></p>
<p>Lorsque je pourrais bouger &#8211; lorsque je pourrais annihiler cette station horizontale forcée et abandonner cette résidence où personne n&#8217;habite vraiment -, lorsque je pourrais enfin être chez moi, je ne laisserais pas un centimètre au blanc. Je ne le laisserais entrer nulle part, ni sur les plafonds ni sur les murs, et surtout pas sur les planchers. Il n&#8217;aura pas le droit de cité, ni sur les meubles ni sur le linge, ni de se cacher dans les draps ni de se pendre aux rideaux ; il ne gagnera aucune bataille avec sa pureté maladive et sa froideur morbide.</p>
<p>Lorsque les passants lèveront le nez de leurs écharpes et observeront le plafond par la fenêtre de la pièce illuminée, ils ne découvriront que des lumières, des portes et des ombres mystérieuses ; rien n&#8217;empêchera leur regard d&#8217;imaginer la suite, après la poignée que l&#8217;on tourne ou le vantail que l&#8217;on effleure, rien ne leur ôtera la possibilité d&#8217;imaginer qu&#8217;après ce plafond, il y a le ciel et l&#8217;immensité infinie d&#8217;une multitude de probabilités douces ou amères.<br />
Il n&#8217;y aura pas de blanc jaunâtre autour du halo aveuglant d&#8217;une ampoule nue ; il n&#8217;y aura pas ce lustre petit-bourgeois étriqué et ridicule pendouillant sous une moulure postiche.</p>
<p>En attendant, patiemment résignée, le nez sur mon plafond sans avenir, je vois avancer une fissure. Et je chéris cette petite victoire sur la propreté ambiante, irréprochable et stérile.</p>
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		<title>Les mains lisses</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Nov 2011 17:12:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lousia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Exercice de style]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Sentiments]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Un café crème, pour elle, un déca pour lui. Ils sont assis l&#8217;un en face de l&#8217;autre, évidemment, étrangers au monde, indifférents aux autres, personnages à la Doisneau sur un bord de trottoir transformé en terrasse &#8211; en promontoire de leur bonheur. Ils nichent sur leur estrade, comme un couple de moineaux rieurs, la gravité en plus, le sourire étudié, les yeux perdus dans l&#8217;immensité de leurs rêves, là, juste&#8230; <a href="http://www.mizzenmast.fr/2011/11/les-mains-lisses/" class="read_more">Lire la suite</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un café crème, pour elle, un déca pour lui. Ils sont assis l&#8217;un en face de l&#8217;autre, évidemment, étrangers au monde, indifférents aux autres, personnages à la Doisneau sur un bord de trottoir transformé en terrasse &#8211; en promontoire de leur bonheur. Ils nichent sur leur estrade, comme un couple de moineaux rieurs, la gravité en plus, le sourire étudié, les yeux perdus dans l&#8217;immensité de leurs rêves, là, juste derrière l&#8217;épaule de l&#8217;autre. Juste après, il y a le monde flou, les bords ternes d&#8217;une photographie vieillie, allégorie de leur amour éternel. Ils sont seuls à deux, à siroter leurs cafés améliorés, sur une table bancale &#8211; deux sous sur le bitume.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-15810" href="http://www.mizzenmast.fr/2011/11/les-mains-lisses/cafe/"><img class="aligncenter size-medium wp-image-15810" title="Le café enfin by *the-eyes-of-edera" src="http://www.mizzenmast.fr/wp-content/uploads/2011/11/café-619x412.jpg" alt="" width="619" height="412" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #888888;"><a title="Le café enfin" href="http://the-eyes-of-edera.deviantart.com/art/le-cafe-enfin-181132681" target="_blank">Le café enfin</a> by *the-eyes-of-edera</span></p>
<p>C&#8217;est une jolie scène qu&#8217;immortalisent quelques touristes en goguette. Une jolie fille aux joues un peu rouges sous la bise de novembre, avec ses longues bottes camel qui lui font le pied léger ; un bel homme élégant, avec un foulard de soie jaune sur une longue veste anthracite.<br />
Jolies couleurs d&#8217;automne qui finiront mâchées sous les clichés noir et blanc de maraudeurs photographes.</p>
<p><span id="more-15805"></span>Chacun est l&#8217;accessoire de l&#8217;autre dans cette fine mise en scène. Leurs tonalités se répondent, se complètent sans se mêler jamais ; leurs voix se juxtaposent, mais jamais ne se confondent. La netteté de leurs attitudes est parfaite, sans bougé, sans mauvais piqué. Ils se sentent infaillibles et le sont, sur le devant de la scène. Semblables en tout, multiples jusqu&#8217;au détail, parfaitement assortis jusqu&#8217;aux courbes de leurs demi-sourires. Élégants et symétriques.</p>
<p>Apôtres mécaniques du parfait au sens large, au jugement froid et sévère. Rien ne dépasse &#8211; ni mèche ni regard. Tout est rôdé, déjà, depuis si peu de temps. Ils ont juxtaposé leurs manières de vivre, sans heurts. Il n&#8217;y a eu ni combat perdu ni bataille remise à plus tard ; leurs esprits ne se sont pas entrechoqués avec fureur, laissant sur le pont de leur couple des milliers d&#8217;esquilles sur lesquelles ils marchent encore. Ils n&#8217;ont pas la rudesse des meubles fait de bric et de broc. Ils ne se patineront jamais &#8211; ils ne feront jamais de nouvelle écorce, jusqu&#8217;à se confondre l&#8217;un dans l&#8217;autre et devenir une matière informe, râpeuse et grandiose. Ils ont la saveur de leur époque, ils sont beaux comme une jolie photo que l&#8217;on prend, et que l&#8217;on ne regarde plus jamais.</p>
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		<title>Au fond de la vallée des ombres</title>
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		<pubDate>Wed, 18 May 2011 09:48:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lousia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Imaginaire]]></category>
		<category><![CDATA[Exercice de style]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-14965" href="http://www.mizzenmast.fr/2011/05/au-fond-de-la-vallee-des-ombres/g-pierres-1/"><img class="aligncenter size-medium wp-image-14965" title="G-Pierres-1" src="http://www.mizzenmast.fr/wp-content/uploads/2011/05/G-Pierres-1-619x412.jpg" alt="" width="619" height="412" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #888888;">Ecosse, septembre 2010 © <a title="Lousia gallery" href="http://lousia.darqroom.fr/galerie" target="_blank">Lousia</a></span></p>
<p>Pas un cri, pas un souffle. Les rivières ne serpentent plus, et rien ne chante. Au fond de la vallée des ombres, l&#8217;eau qui louvoie sans bruit dans ce décor monochrome ne reflète que le gris du ciel, comme une trainée de mercure. Tout est latent, des feuilles attachées à leurs branches précaires aux silhouettes découpées des rocailles&#8230; <a href="http://www.mizzenmast.fr/2011/05/au-fond-de-la-vallee-des-ombres/" class="read_more">Lire la suite</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-14965" href="http://www.mizzenmast.fr/2011/05/au-fond-de-la-vallee-des-ombres/g-pierres-1/"><img class="aligncenter size-medium wp-image-14965" title="G-Pierres-1" src="http://www.mizzenmast.fr/wp-content/uploads/2011/05/G-Pierres-1-619x412.jpg" alt="" width="619" height="412" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #888888;">Ecosse, septembre 2010 © <a title="Lousia gallery" href="http://lousia.darqroom.fr/galerie" target="_blank">Lousia</a></span></p>
<p>Pas un cri, pas un souffle. Les rivières ne serpentent plus, et rien ne chante. Au fond de la vallée des ombres, l&#8217;eau qui louvoie sans bruit dans ce décor monochrome ne reflète que le gris du ciel, comme une trainée de mercure. Tout est latent, des feuilles attachées à leurs branches précaires aux silhouettes découpées des rocailles acérées. Tout est d&#8217;un froid constant, d&#8217;une torpeur monotone, comme un cadavre alangui dans l&#8217;herbe grise dont il relèverait presque la teinte.</p>
<p>Le paysage reste tapi dans l&#8217;ombre, ramassé sous les contreforts d&#8217;immenses collines adoucies par leur grand âge. Et lorsque les nuages crèvent, des trainées de larmes sillonnent leurs joues molles de vieilles nostalgiques et s&#8217;écrasent au fond de la vallée, grossissant le flot des rivières, sans qu&#8217;un seul soupir ait été poussé.</p>
<p>Elle ne dit rien. Silencieuse, elle concentre son attention sur les murs lézardés des bâtisses envahies par les ronces, pousse le soleil à lécher avec tendresse les volets, les toits à demi effondrés. Elle aspire les voyageurs qui la contemplent d&#8217;en haut, de ces chemins de montagnes où l&#8217;on a que le point de vue du ciel. Elle les attire ; et le temps joue en sa faveur.<br />
Malgré sa rudesse ; malgré les sécheresses, les ombres qui s&#8217;effondrent sur elle et ne lui laissent que quelques heures de jour, malgré la rocaille et la poussière. Malgré les générations disparues, englouties par la terre, enfuies depuis des siècles vers des sommets plus doux, où les rivières bavardes s&#8217;ébattent du soir au matin.</p>
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