Tag : ‘Exercice de style’

fév 22

Paon, 6 heures

#Lousia

Elle est là étalée de toutes ses roues, trempée sur un coin de table, le mécanisme à l’air et la vitre fendue ; Comme un baigneur emporté par le courant, qui se serait raccroché aux rochers et aux sables mouvants. Dans son ventre résonne encore le flux et le reflux des blanches et des croches, un vague souvenirs des secondes qui défilaient il y a quelques heures sans anicroche.

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fév 08

Au fond de la couture

#Lousia

Le temps coule entre mes doigts comme un sable sans odeur, comme un été de carte postale passé depuis longtemps. Au bout du canapé, derrière la fenêtre, le monde agite avec emphase d’amples vaguelettes. J’écoute le sépia descendre sur un jour qui ne veut pas finir.

Décrire les minutes qui s’effacent fatiguent mon corps sans douleur. Insaisissables minutes, ineffables heures, et dehors toujours, le murmure des autres comme autant d’ombres qui s’étirent. Il flotte une atmosphère de fin de vacances dans une station balnéaire abandonnée par les baigneurs. Le nez au plafond, je trace d’invisibles pistes où viennent se planter quelques skieurs.

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fév 04

L’esprit ouvert

#Lousia

Il n’y a pas un instant où elle ne s’envisage pas dans les reflets de son micro-univers, pas un moment où elle ne cesse d’agiter de l’air – L’asphyxie de l’ennui la terrorise. Elle est le mouvement perpétuel à la portée de l’homme, de celui qui saura la cueillir, fruit toujours offert. Elle est le balancier d’une horloge détraquée.

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jan 29

Lâche-moi les regrets

#Lousia

L’as-tu entendu, le premier cri du printemps qui se lève ? Je me découvre engluée dans la toile, lassée de tous ces fils, alors que dehors éclate le mois d’Avril.

J’ai envie de mettre le nez dans les primevères, de me rouler dans le vert tendre qui partout dégouline, de dévaler les prairies encore trempées de flotte ; Et je jette aux quatre coins de la pièce mes armées de bottes, mes placards de manteaux lourds, des étagères d’écharpes, tout ce qui pourrait rappeler les ciels noirs et mes doigts gourds, et de loin, tes discours.

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jan 08

La sécheresse

#Lousia

A l’ombre tranquille des brises anodines, elle s’endort.
Dans les branches de l’arbre qui la surplombe tintent des pièges à notes, des partitions débridées et des chants mal accordés qui bercent les illusions tardives.

Dans ses rêves où il n’y a personne, les paysages prennent leurs aises sur une toile sombre, veloutée, pommelée comme des nuages d’orage. Dans ses rêves, plusieurs soleils rougeoient la surface des herbes folles et caressent les vaguelettes brunes d’un ruisseau hivernal. Dans ses rêves, c’est toujours l’automne, un gouffre sans fin où elle tombe comme une feuille morte, dans un silence où ne bruisse que l’infinie solitude.

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