Pekka Luukkola, photographe finlandais

Aperçu (une seule photo) à l’événement ArtParis l’année dernière, Pekka Luukkola m’avait fait forte impression. Sans doute parce qu’il exhibait quelque chose de plus proche de mon petit univers intérieur (lui même plein de portes et de fenêtres, hein, mais après une heure de visite, ça faisait beaucoup de choses nouvelles à digérer)

Il pratique avec brio cette discipline qu’est le light-painting, en dehors des sentiers battus urbains habituellement pratiqués. Avec du feu, matériau noble s’il en est. Mais pas uniquement.

Et me voilà touché par ces atmosphères nocturnes, contrastées et aériennes, à la limite du land-art pour certaines.

Pour en voir plus, bien que son œuvre ne soit apparemment pas gigantesque : http://www.luukkola.fi/

Ils ont soif insatiable de l’infini

Ils ont soif insatiable de l’Infini, Judit Reigl, 1950

Il m’arrive très souvent d’être impressionné par une image. Trop souvent. Mais ce qui me rassure au plus haut point, c’est de tomber sur des choses comme celle-ci, de temps à autres.

Ce doit être l’attitude des cavaliers. Peut-être l’alignement des… créatures ? Toujours est-il que ce tableau de Judit Reigl dégage quelque chose d’incroyable.

A première vue, étant donné ma faible culture en matière de peinture, je l’aurais daté des années 70. Pas vous ? Les couleurs, les formes sûrement. Mais après tout, le surréalisme est effectivement plus ancien. Judit Reigl a eu plusieurs périodes, et je n’ai hélas rien croisé sur son site qui me touche autant que celui-ci. Changement de style, changement d’époque. De contexte aussi, sa fuite de Hongrie en 1950 lui a sûrement soufflé ce genre d’image à l’oreille.

[Collection] Gravures

Il ne vous intrigue pas, vous, ce mot-là ? « Gravure » ? On a vu des gravures qui n’avaient rien de gravées. Des illustrations, dans des livres, mais beaucoup de photos de peintures, noir et blanc. Difficile de comprendre à quoi ressemble le matériau d’origine.

Illustration du roman « Un Autre Monde » par J.J. Granville. Auteur inconnu.

Wikipedia me dit que « le terme gravure est un mot ambigu » ; et je veux bien le croire. On me dit également que « par extension la gravure désigne aussi un ensemble de techniques utilisées en art ou en reprographie, ne nécessitant pas toujours de graver le matériau ». Ah, voilà.

Des chimères difformes de la renaissance aux inspirations grottesques, aux plans de machines Vinci-esques, en passant par les délires steampunk inspirés des écrits de Jules Vernes, un premier tour d’horizon de ce qui s’est fait, et de ce qui se fait encore aujourd’hui.

Gravure préhistorique. Auteur inconnu. (trouvée par hasard – déjà vendue – sur Etsy)

L’un des thèmes récurrents, quand on recherche des gravures, est celui de l’occulte, de la sorcellerie. Pas mal de symboles ésotériques et de délires alchimiques. Pourquoi cette technique en particulier ? Probablement pour illustrer les nombreux ouvrages occultes qui tournaient sous le manteau à la grande époque post-Nicolas Flamel. On imagine assez mal une commande de peinture pour un thème païen au XVe siècle.

Le laboratoire de l’alchimiste, gravure de l‘ »Amphitheatrum Sapientiae Aeternae » de Heinrich Khunrath

Si l’imaginaire, la curiosité de l’homme ne s’était pas mêlés à une bonne dose d’ignorance et de peur, nous n’aurions peut-être jamais profité de ceci :

Célébration de Pâques sur le dos d’une baleine par St Brendan – notez le petit détail : le nord de l’Afrique s’appelle Barbaria.

Enfin, deux artistes contemporains : Erik Desmazières pour un courant fantastique/visionnaire qui fleure bon la vapeur

Erik Desmazières – La Grande Bataille

(Ça ne vous rappelle pas un certain Jef Bertels ?)

Et Dan Hillier dans un style plus… intimiste ?

Dan Hillier – L’Enfant

Si vous voulez en voir plus, cliquez cliquez, il y a de quoi s’en mettre plein les mirettes.