juil 08
#Selenite

Je considérais déjà les albums comme des entités à part entière. A l’instar de Victor Frankenstein qui a su insuffler une âme à sa créature, l’artiste met une partie de lui dans chaque création, et lui donne vie. Je touchais ce concept du doigt jusqu’à aujourd’hui ; je l’intègre parfaitement désormais.
Autant être clair dès le début, vous aurez énormément de mal à apprivoiser OtFoN. La bestiole est capricieuse, et les premières minutes seront éprouvantes. On peut qualifier le style de Totakeke de cérébral – rien n’est naturel, oubliez votre confort, chaque seconde la musique et le rythme s’accrochent à vous pour empêcher votre esprit de se reposer. On a tous besoin d’être un peu secoués de temps en temps.
On The First Of November tentera de vous en faire voir de toutes les couleurs, à grands renforts de superposition de couches sonores et de rythmes désarticulés. Elle crachera tout ce qu’elle peut – mécanisme de défense – pour vous faire fuir. Elle tentera même de vous tromper en se détournant par moments pour mieux vous sauter à la gorge quand vous pensez que l’orage est passé.

Je ne suis pas dupe de ce genre de comportement, et si vous êtes patient (et courageux), vous verrez assez vite la beauté qui se cache sous cette petite boule de haine. Lire la suite »
Tags: Chroniques, Musique
avr 19
#Selenite

All Seeing Eye, tel était le nom du voyage qui m’a ouvert à Klone. Sur son présentoir, son œil m’a appelé. J’ai écouté, une fois. Deux fois, pas bien sûr d’aimer. Trois fois, il m’a embarqué.
Voilà aujourd’hui qu’arrive Black Days. Je me méfie de cette tendance au « c’est l’album le plus noir qu’on ait jamais écrit », usé jusqu’à la moelle par nombre de groupes dans le grand monde du metal. Et après tout, c’est ce que le public veut. Mais non, Klone n’a pas usé de si grosses ficelles. (edit du 20/04 : ah, si. voir ici l’interview sur VS-Webzine)
Il aurait eu tort d’ailleurs, car selon moi, Black Days est bien moins sombre que son prédécesseur, n’en déplaise.
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Si vous connaissez par cœur All Seeing Eye, vous serez aussi surpris que moi. C’est que la nouvelle cuvée est bien moins étrange que la précédente. Moins dérangeante ? Moins originale ? C’est du moins ce que j’ai ressenti à la première écoute. J’attendais que l’album me happe littéralement dans un univers tordu et bariolé, j’en attendais peut-être beaucoup.
Ou je n’attendais pas ce qu’il fallait. Black Days est loin, très loin d’être décevant. Lire la suite »
Tags: Chroniques
mar 05
#Selenite

Je commence à me sentir chez moi dans la maison Tympanik. Le label a déjà fait évoluer mes goûts musicaux grâce au sublime Oppidan d’Access To Arasaka, et c’est à Integral que revient la tâche de continuer de travail, et de confirmer l’impact du genre sur les esprits.
Je le fais rarement, considérant qu’un album est un tout dont les pistes ne sont là que pour simplifier l’accès à un endroit ou un autre de l’histoire… mais je vais écrire cette chronique de Rise par Integral piste par piste. Je pense ne rien perdre ce faisant. Tout est construit de manière à maintenir l’auditeur dans une brume sonore colorée.
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Digital Drops démarre lentement. Elle pourra décourager les impatients. Mais on finit vite par comprendre où l’on est, lorsque les rythmes imbriqués, entrecroisés, dialoguent en se faisant la courte échelle pour mieux repartir, pour mieux rebondir. Atmosphère mélancolique, crépusculaire. Nous y sommes. Le retour en arrière semble difficile. Lire la suite »
Tags: Chroniques
fév 16
#Selenite

Jour 1
Oppidan est un endroit étrange. Plutôt joli, d’ailleurs. A première vue, tous ses recoins se ressemblent, si bien qu’il est difficile de s’y retrouver. Ses méandres m’ont perdu, déjà. Une fois sorti, j’ignore si j’y reviendrai, malgré l’attrait que j’ai pu avoir pour ces reliefs tranchants et secs. Pourtant, tout est cohérent, pensé ; l’architecte des lieux n’a rien d’un manchot, et son habileté à travailler le moindre détail, la moindre texture force le respect. Access To Arasaka est bon, très bon, mais peut-être simplement pas à mon goût.
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Jour 2
J’y suis revenu. J’ignore pourquoi. Sans doute le souvenir de Ruin. A moins que ce ne soit celui de Sylvan Hesh. A vrai dire, la profondeur et l’étrangeté de cet univers baigné de lumière malgré lui me fascine. Les chemins peuvent sembler droits et monotones, mais quelque chose survient, un sursaut, un coup de vent, et tout se met en mouvement (Jody en est l’illustration parfaite).
Je vais rester là quelques jours. Lire la suite »
Tags: Chroniques, Musique
fév 02
#Selenite

Nombreux sont ceux qui se sont essayés au mélange des cultures en musique. Deux solutions pour y parvenir de façon honnête et intelligente : éviter systématiquement les clichés habituels de l’exotisme vu par un occidental, ou bien baigner dans les deux cultures. C’est la seconde solution qui a guidé la main d’Orphaned Land : une carrière et des goûts résolument tournés vers le metal et le rock progressif, et un arrière-plan culturel méditerranéen plus que présent.
Je sais, on ne dit que du bien de ce nouvel album. C’en est énervant. J’aurais aimé dénoter un peu dans le paysage. Mais voilà, The Neverending Way Of Orwarrior est encensé partout.
Probablement parce qu’il est d’une infinie complexité, et que chaque minute porte son lot de découvertes. Le genre de découvertes qui ne se manifestent qu’après une dizaine d’écoutes. Je vous mets au défi de réussir à créer une carte mentale de chaque piste en moins de deux mois (à raison d’une écoute par jour, minimum). Steven Wilson lui-même, qui s’est chargé des parties clavier et de la production de l’album, confesse n’avoir jamais produit d’album aussi complexe.
Parce que l’album est remarquablement bien construit également, de son introduction en forme de préface à sa conclusion aux allures d’explosion finale, précédée de l’immanquable calme avant la tempête. On se surprend à attendre chaque petit interlude – la douce voix de Shlomit Levi près du feu de camp au milieu du désert, un piano perdu au cœur de la Nouvelle Jérusalem - pour mieux rebondir ensuite. Lire la suite »
Tags: Chroniques, Ecoute