
« La ville intemporelle ou Le vampire de Barcelone » avait été un de mes coups de coeur littéraire ; « Il ne faut pas mourir deux fois » m’a donc fait logiquement de l’oeil. Je ne m’attendais pas à grand chose, et pourtant une fois encore ce fichu écrivain a réussi à me prendre à contre-pied. Je me suis fait balader pendant 320 pages. Force est de constater que le chemin est chouette, même s’il est (très) tortueux.
Je n’avais jamais lu les histoires de l’inspecteur Méndez ; Pourtant, c’est déjà le dixième roman consacré à ses aventures. Et ça donne envie de replonger dans le passé de ce crasseux et troublant personnage.

Gabri, ancien taulard, se recueille sur la tombe de sa femme, dans le vieux cimetière de Pueblo Nuevo, lorsqu’on lui propose d’abattre un homme.
Décidément, bien des types rôdent autour d’une villa isolée, occupée par Dalia, une ex-entremetteuse, et Nadia, une adolescente trisomique.
Sandra se marie ce jour-là. Tout à coup, elle s’avance vers son futur époux. et lui loge une balle au milieu du front.
L’ineffable Méndez va alors s’employer à démêler cet écheveau avec l’humanité, l’humour corrosif et la férocité qu’on lui connaît.
(Source)
Si tu n’as compris, c’est normal. Ce n’est pas un roman policier comme les autres, c’est une tranche de vie à Barcelone, les pieds dans la poussière des ruelles, les yeux braqué sur le dos voûté de Méndez, le vieux roublard presque désabusé, mais pas encore assez.
J’ai aimé le rythme de ce roman, les personnages si bien tournés aux psychologies disparates, ces scènes entre pittoresque local et misère universel, et cette poésie qui émerge toujours des bouges, comme de l’écume.
Vraiment, Francisco Gonzalez Ledesma est une sacrée plume, et son traducteur, Christophe Josse, n’est pas trop mauvais non plus…
› « Il ne faut pas mourir deux fois » de Francisco Gonzalez Ledesma, 320 pages, 18€, publié en novembre 2010 aux éditions L’Atalante.