La faute à Numérama qui titre aujourd’hui : CMX, le nouveau format des majors pour l’album de musique. Soulever des questions, on sait y faire, on commence même à devenir des professionnels de la matière sur ce genre de débat.
Alors je vais essayer de ne pas soulever trop de questions.

Le format CMX donc, pour paraphraser, ne concerne que les plateformes de téléchargement légal, donc un format type MP3 (DRMisé ou non, l’histoire ne le dit pas (encore)). Première déception en ce qui me concerne. Je n’ai pas confiance dans mon disque dur ; dans mon armoire, un peu plus. Ce nouveau format donc, proposera l’intégralité de l’album, plus de l’artwork (en haute def j’espère), des photos (idem – le 320×240 c’est mignon mais pas franchement exploitable), des vidéos (HD? Bon, j’arrête), et les paroles des chansons.
Ma première réaction en voyant la nouvelle a été positive : j’avais imaginé un modèle dans le genre. Mais quand on réfléchit deux minutes (pas beaucoup plus), on se rend compte qu’il ne s’agit ni plus ni moins de l’édition limitée classique appliquée au web. Rien d’innovant, juste une mise à niveau.
Mais après tout, il fallait bien commencer quelque part, non ?
Et puis quand on réfléchit encore plus on se dit… une innovation sur la forme, c’est bien gentil, mais ça ne change rien sur le fond. Je vais me faire l’avocat du diable : même si j’aime le format album pour sa densité et sa durée, il serait temps de considérer qu’il ne doit son existence qu’à la capacité du CD. Je veux bien remplacer mes CD adorés pour du dématérialisé (c’est dit), mais pas si je peux avoir la même chose… sans pouvoir la toucher. Ce n’est pas ce que j’appelle une valeur ajoutée.
Muse qui propose des téléchargement exclusifs à tous ceux qui pré-commanderont l’album à venir, d’accord.
Joachim Garraud qui propose à l’internaute de composer lui-même son CD, totalement pour.
Mais rester dans cette idée qu’il suffit de dématérialiser l’album – même complet, illustrations comprises – suffira pour quelques années à endormir les esprits chagrins relancer l’achat en ligne, alors que d’autres ont déjà commencé à distribuer et à concevoir un album de manière différente… c’est se foutre le doigt dans l’œil jusqu’au cervelet.
Et je n’ai même pas parlé de l’hypothèse plus ou moins catastrophique de l’avènement d’un nouveau format propriétaire – genre « oh bah zut, les .cmx ne sont pas reconnus sur mon lecteur MP3. »
Et autres problématiques techniques.
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