« Le Royaume des Voleurs » de William Ryan

S’il y a plein d’ouvrages de science fiction et de fantasy à se mettre sous la dent à l’Atalante, moi et ma littérature de béotienne aimons souvent à nous promener dans un autre de leurs rayons bien doté : celui des romans policiers.
Avant les vacances d’été je me suis donc laissée embarquer par un ouvrage, estampillé « vous aimerez, ou vous serez remboursés ». Le gant était jeté. Évidemment, je n’ai pas renvoyé « Le Royaume des Voleurs », pointilleusement écrit par William Ryan. Je l’ai dévoré, et gardé précieusement à côté de mon lit en attendant d’en parler.

Il pleuvait encore en juillet, le temps pleurait des litres de flotte et de nostalgie – peut-être est-ce aussi pour ça que la main tendue de William Ryan m’a donné envie de sauter dans un train de marchandises pour la Russie stalinienne. Une URSS, plutôt, froide et grandiose, affamée et magnifique, que l’on arpente avec une pointe d’angoisse dans ce roman.

Synopsys :

1936, début de la terreur stalinienne. Le cadavre mutilé d’une jeune femme est retrouvé sur l’autel d’une église désaffectée. L’inspecteur Korolev, chef de la section criminelle de la Milice de Moscou, est chargé d’enquêter. Comme la victime est citoyenne américaine, l’organisation la plus redoutée de toute la Russie, appelée NKVD, s’en mêle. Les moindres faits et gestes de Korolev sont observés. Bien décidé malgré tout à découvrir ce qui se cache derrière ce crime effroyable, il pénètre dans le royaume des Voleurs, ces individus qui règnent sur la pègre moscovite. À mesure que d’autres corps sont découverts et que la pression venue d’en haut augmente, Korolev se demande qui sont les vrais criminels dans cette Russie où prédominent la peur, la faim, et l’incertitude.

N’espérez pas découvrir dans ce romans les dessous du NKVD ou résoudre les intrigues de palais staliniens ; il n’en est pas question, comme il n’est pas question de donner son avis sur les évènements ou d’espérer une explication du gouvernement quand on erre dans les méandres de l’administration moscovite. Vous êtes en 1936 ; Korolev et son jeune acolyte sont vos voisins de chambre dans un appartement collectif. Ne respirez pas trop fort, non plus.

C’est un roman policier prenant dans une autre Histoire, avec d’autres codes, d’autres enjeux, une certaine distance et pas mal de retenue ; peut-être pas la révélation de son genre, d’autres ont déjà parachevé le style absolu du policé bien pensé, mais une toile dont on ne se lasse pas, qui donne froid, faim, qui nous fait patauger dans la peur et respirer l’odeur du charbon – un policier dont on se souvient des couleurs.

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