Un à un. Tu dévides le fil d’une journée imaginaire – celle des autres – le long d’un vaste agrégateur où rien n’a été rangé depuis des lustres. Tu reçois l’actualité en pleine tronche, parce qu’il n’y a plus grand monde sur Twitter pour raconter des bêtises, parce que ceux qui restent se sentent bien plus investi dans la marche du monde qu’à l’accoutumée.
Le monde ? Oh il va mal, évidemment. Il penche, désaxé, comme une vilaine poupée pendue par les pieds. Les pôles s’inversent, la lie de l’Homme dégueule au fond des guerres civiles, et toi tu entasses toutes les mesquineries de la semaines dans ton petit baluchon, avant de partir avec.
T’es un peu con, tu sais.
Tu va saturer et exploser en vol, courir nu dans les rues de la ville, chargé comme un marin en permission ; tu va péter un plomb, cracher ta haine par tous les pores, comme quand on a mangé trop gras pendant des jours et qu’on suinte la maladie du front jusqu’aux genoux.
T’es con, tu va faire des plans sur la comète, t’accrocher à une trainée, te noyer dans la boue, revenir tremblant à ton bureau en cherchant une maison à louer pour quelques centimes dans le Massif Central ; tu refera le monde à la même terrasse de café que d’habitude, avec le même teint de bidet et demain, la même gueule de bois.
C’est vendredi, tu sais ; ce soir le monde ne t’en voudra pas si tu es plus con que d’habitude. Tant que tu coupes ton téléphone.
- Lettre à moi-même, et à tous les autres.

Couper son téléphone c’est trop dur, moi j’ai choisi de partir en vacances dans un endroit sans réseau
(vivement) … (pour ma santé) … (et celle des autres)
Et heureusement, j’ai mon fils
Et moi j’ai un chat, NA !
Moi j’ai choisi de balancer mon iPhone et de prendre un WP7.
C’est con mais ça change tout, dans mon utilisation et dans mon état d’esprit. C’est un téléphone de vacances toute l’année.