Et le roulis

Les rouleaux s’amoncellent, de petites vagues creuses et dures, teigneuses. Elles ne font pas si mal, elles ne sont pas si hautes ; elles ont l’air inoffensives, à déferler en groupe au bord de la plage, en rangs bien sages.
Moi je coule, toi tu nages.

Et dans le sable fin s’entassent des trésors oubliés, qu’il faut aller chercher si loin, qu’il faut de courage s’armer ;
Et ce sont sous les collines d’algues mortes qui ne se décident pas à sécher avant que la mer ne les remporte, qu’il faut à nouveau creuser.

Je me suis ensablée consciencieusement jusqu’au cou, le nez au ras des coquillages – en attendant de voir le rayon vert écraser l’horizon sur la mer. Toi tu dévales la pente avec des sacs de sel pour me faire sortir, avant chaque marée, têtu personnage qui m’empêche de royalement me noyer.
Et les longues foulées sur la plage, et l’empreinte des sabots qui font voler le sable aux quatre points cardinaux de la baie sans fin. Et les longues algues brunes qui surnagent, et les promeneurs quand il ne fait pas beau, et tout ce monde qui s’obstine à sauter dans le bain.
Marée après marée… Tant de sel et de sable, là déposés ; tant d’énergie dépensée sans raison valable.
Moi je coule, toi tu nages.

2 Comments

  1. commentaire useless mais j’aime beaucoup.

  2. Les commentaires ne sont jamais inutiles, ils sont l’essence même des blogs… (ou de ce qu’il en reste)
    Merci !

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