Comme les autres

Morne plaine. Comme un lundi, gris, ténu sous un ciel résolument infini et blafard. Comme un jour de juillet qui n’en est pas un, comme une vieille blague rance lancée avec un rire gras du fond de l’open space ; le gris au centre du monde. Comme un jour d’été, tu le vois toi ? – Toujours pas. J’attends, comme le chat devant sa gamelle.

Morne semaine. Je regarde ma peau qui pèle avec l’impression que c’était il y a des mois, que mes souvenirs se jouent de moi. Je passe de ma boite mail vide au calendrier, pour compter les jours. C’est stupide, un calendrier web. On ne peut pas raturer les jours pour qu’ils disparaissent. Ils le font seuls. Et c’est encore plus triste qu’un calendrier de l’avant sans chocolats.

Je m’efface dans la propre limpidité de ma peau. Ne restent que les bleus aux genoux pour m’apercevoir encore, sur le fond du décor.
Petites mines, voyez-vous ?

De pages en pages les destinations au soleil me font de l’œil. Les jolies photos retouchées, aux couleurs saturées et jaunies pour que tout soit bien doré, croustillant, sentant bon la crème dès le premier plan.
Avril au mois de juillet, et j’ai envie de vacances. Comme si tout découlait de là, de ce jour fatidique où l’on pose son pc et son téléphone avec un soupir, pour se décider à finalement les mettre dans ses valises. Comme si les vacances étaient la seule issue possible, un objectif, un but en soi. Comme si les vacances allaient transformer les choses, résoudre tous les problèmes, travailler à ma place, et tout emballer dans un joli paquet cadeau posé au fond du panier, avec mon maillot mon tube de crème solaire et tout mon sac de livres.

Ce qu’on est bête quand on a les mêmes envies que tout le monde.

Allez viens, on part en vacances.
Bientôt.

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