Sur les quais la foule des terriens s’amasse. Les pontons dégoulinent de couleurs vives, enchevêtrées sur un plan d’eau immobile. Au micro, un organisateur tente de sauver le buffet des équipages des mains baladeuses de badauds en goguette. Les amis, la famille se pressent autour des bateaux minuscules, tentent de se rendre ridiculement utiles jusqu’à la dernière minute, écrasent des pieds et cognent dans les caméras de journalistes patients jusqu’à l’obstination brute.
L’anarchie flotte au-dessus des barres de flèches.
C’est le départ de la Classe Mini 6.50, à la Rochelle, ce dimanche 25 septembre.
Je suis ridicule, à errer entre les bateaux, à attendre un signe, à porter les sacs pour me rendre utile.
J’envie ces deux-là, qui partent accompagner la course pendant 2 mois, de la Rochelle aux îles de Madère, de Madère à Salvador de Bahia.
Rester sur le quai, humer un peu l’air, s’en aller sans se retourner – et revenir un peu plus tard, en tendant le cou pour voir les premières grands voiles de ces coques de noix s’élever en haut des mâts.
Sans jalousie mais avec envie.
Frustrée jusqu’à en avoir un peu le mal de terre.
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Tu me fais rêver et transporter avec tes articles. Là tout de suite j’ai envie d’air marin, de sel, d’ouest et de grands larges…
Merci Caro !
Pour tout t’avouer, moi aussi.
Il restait des places sur un des bateaux accompagnateurs. C’était tellement tentant…