J’ai perdu pieds, à un moment. Ça arrive, parfois, quand je crois tomber sur une pépite d’or. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai déchanté, depuis, mais j’ai pris du recul sur ce que j’entendais. Alors toi qui va peut-être écouter ce Rebellion der Träumer dans quelques instants, sache qu’il risque de t’arriver la même chose : impressionnant et génial à la première écoute, mais écœurant à la (pas si) longue.
Je m’en voudrais de t’influencer, ton parcours sera sans-doute bien différent. Heureusement.
Pourtant, chaque fois que je le relance, ce bien-être si particulier me reprend. A l’écoute d’un Kontakt cotonneux, ou d’un Schwindelig entêtant et profondément positif, difficile de faire la fine bouche, tant tout est efficace et agréable. Trop agréable peut-être ? Non, décidément pas. Voilà que mon entrain me reprend à mesure que l’album se déroule, à nouveau.
Mais quand tout sera fini, et que cet Addio Addio si étrange et hypnotique jouera ses dernières notes, je sais que je n’aurais pas envie de repartir pour un nouveau voyage. Quand cela arrive, je ne désespère pas de venir voir le déclic. Si le Kollektiv Turmstrasse fait 50% du chemin, il semblerait bien que le problème vienne de mes propres 50%. Et tu m’en vois fort navré. Je veux aimer cet album, le fait qu’il me rappelle un certain Schiller, en moins pop, n’y est sûrement pas pour rien.
Mais cela n’est sûrement pas pour rien non plus dans mon étrange « répulsion ».
Oh et zut, l’introduction de l’album sur Affekt vaut à elle toute seule qu’on s’y attache irrémédiablement.
Peut-être est-il trop accessible ? Non pas que je veuille à tout prix creuser encore et encore vers l’underground, mais il semblerait que ces ficelles soient un peu grosses. Des samples des quatre coins du mondes – instruments / ambiances / voix et chants ? Bien amenés, individuellement sans doute. Mais dans l’ensemble, on distingue trop nettement chaque atmosphère. Cela manque de liant.
Un interlude entre chaque piste ? Chouette, j’adore les interludes ! Oui mais là, on dirait bien que c’est trop. c’est bête, mais je crois qu’on se fait une vision globale d’un LP comme celui-ci (bien malgré nous) en lisant les titres. Et là, tout est haché. Comme si chaque chanson avait son introduction séparée du reste, d’une durée systématiquement égale à 1 minutes (à quelques secondes près). Découpé au couteau, méthodiquement, et bien trop régulièrement pour paraître naturel. L’élan coupé, il ne reste plus que des images placées dans des cadres bien spécifiques.
Alors voilà, les voix sont superbes, les rythmes et les ambiances travaillés, mais… ça ne fonctionne pas pour moi. Pas comme je l’aurais voulu. Parce que Sphaere est sublime à elle seule, Heimat également, mais rien n’est lié dans ce Rebellion der Träumer – ou plutôt : trop lié pour être honnête.
Alors à toi, fantôme : si tu aimes cet album, détrompe-moi.
Je pose Affekt, juste là, parce que quand même, elle mérite d’être écoutée.
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