Rétrospective : Albums 2010

Death of the Cassette by ~pvh

A cette heure-ci, les top fleurissent. Le top, c’est la voie la plus sûre vers le consensus – ces albums qui mettront tous les jurés d’accord, chacun allant de sa petite concession, rendant ainsi l’ensemble de la sélection vaine. Parce que la subjectivité de chacun peut tout aussi bien ouvrir l’esprit d’un autre. Parce qu’on n’est pas à l’abri d’une surprise.

J’ajoute ces cinq albums à la masse – tant pis s’il y en a déjà trop. Je sais bien que la trop grande quantité nuit à la qualité, qu’un trop grand choix nous rend instables et volatiles, sautant de musique en musique, de film en film, d’émerveillement jetable en étonnement superficiel. Ainsi, considère que cette rétrospective personnelle (de choses entendues – pas forcément sorties – en 2010) est une suggestion, dans des genres différents et très peu populaires, pour la plupart.

Mais définitivement accessibles.

Access To Arasaka – void();

Comment ça, ça ne te surprends pas ? Ça ne me surprend pas non plus en fait. Tu vois, j’ai toujours fonctionné par paliers, et au fur et à mesure de mes explorations, j’ai eu besoin de ports d’attache. void(); est mon nouveau port d’attache. Si je me lasse de découvertes, c’est vers lui que je me tournerai. Jusqu’au prochain. En attendant, tu devrais toi aussi aller te perdre dans ces méandres faussement aléatoires.

Tu devrais l’écouter toi aussi parce que

  • C’est la BO de film de science-fiction que tu as toujours voulu entendre
  • Avec un peu de chance, tu te laisseras entraîner dès la première écoute
  • Après chaque écoute, on découvre encore le petit détail – pas celui qui fait plaisir, celui qui reconstruit la musique d’une manière totalement différente.

>> Ecouter void();

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Famine – Nature’s Twin Tendencies

La surprise de l’année. Famine a mélangé tous les styles qu’il affectionnait pour en faire une musique schizophrénique et improbable. Jettes-y un œil, attention où tu mets les pieds.

Tu devrais l’écouter toi aussi parce que

  • Des samples metal qui tabassent dans une drum’n'bass qui tabasse, c’est rare, surtout quand c’est bien fait
  • Même si les styles sont variés (voire carrément opposés), il y a ce petit chose qui fait fonctionner l’album comme un tout
  • Cet album débute et se clôt de manière admirable. Un véritable petit mouvement perpétuel à la portée de l’homme.

>> Ecouter un extrait de Nature’s Twin Tendencies

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Klone – Black Days

Je n’écoute plus beaucoup de metal. Je crois que je me suis lassé des gimmicks, des vieilles habitudes, voire des sales manies (tu vois le type qui secoue ses cheveux devant sa guitare ? Oui voilà, lui.) Mais Klone, c’est une autre paire de manches. Parce que ça va chercher un peu partout, parce que ça transpire l’émotion, et parce qu’on a tous une part d’obscurité en nous. (Et parce que le chanteur a les cheveux courts.)

Tu devrais l’écouter toi aussi parce que

  • Ça n’est pas qu’un enchaînement de chansons qui poutrent, c’est aussi un tout fort harmonieux et progressif
  • La voix de Yann Lignier est assez rocailleuse pour  décrasser les oreilles aguerries, mais suffisamment mélodieuse pour exprimer toute une palette d’émotions
  • Le bonus – reprise de Björk fait drôlement plaisir en fin d’album. Un peu comme un « encore » qui réussirait à te réveiller même à 5h du matin.

>> Ecouter Black Days

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Tipper – Broken Soul Jamboree

Tout dernier venu découvert et déjà dans le top 5 ? Apparemment. Parfois, sans le vouloir, on tombe sur de bien belles choses. Une mention spéciale pour ce hip-hop spatial psychédélique

Tu devrais l’écouter toi aussi parce que

  • Ça groove sévèrement
  • L’aura mystérieuse de l’album devrait te retenir un petit moment, en tout cas suffisamment pour te donner l’impression de ressortir d’une salle de ciné après chaque écoute
  • La musique est changeante et mouvante, impossible de s’y retrouver d’une piste à l’autre, et ça fait du bien de se perdre, parfois.

>> Ecouter un extrait de Broken Soul Jamboree

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Tapage & Meander – Etched In Salt

L’album qui m’a accroché dès les premières écoutes. En règle générale, quand c’est le cas, je me lasse au bout de quelques écoutes. Je mets donc celui-ci en bonne place. Des synthés old school sur une rythmique totalement déstructurée, et de l’eau, beaucoup d’eau.

Tu devrais l’écouter toi aussi parce que

  • Si tout se passe bien, « Tolopea » devrait te redonner le sourire si d’aventure tu l’avais perdu quelque part
  • Si tu as aimé Abyss et son angoisse mêlée d’émerveillement, tu aimeras Etched In Salt.
  • Il est quand même moins angoissant qu’Abyss.

>> Ecouter Etched In Salt

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Gridlock – Formless


L’abstraction évoquée dans le titre n’a pas grand chose d’abstrait à mes yeux. Cet album m’a inspiré toute la moitié de 2010, sans que j’y prenne vraiment garde. A vrai dire, j’étais plus que perplexe au départ. il a pris son temps, mais il a déroulé ses racines. Et le voilà dans mes préférés, comme ça, sans crier gare.

Tu devrais l’écouter toi aussi parce que

  • En montant les basses et en lançant Chrometaphor, tu comprendras ce que signifie l’expression « production monstrueuse »
  • Si la clarté et la transparence a un équivalent musical, le voilà
  • Tu aimes les challenges, je le sais, et avec un peu de chances, il prendra son temps avec toi aussi. mais tu finiras par l’écouter.

>> Ecouter Formless

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Ram-Zet – Neutralized


L’un des albums metal les plus évocateurs de l’année 2009, il a beaucoup tourné en 2010 aussi, et leur notoriété laisse à désirer. Une petite voix intérieure me hurle son incompréhension. Une inventivité à toute épreuve, et un univers haut en couleurs. Trop marqué peut-être, pour déplacer les foules ?

Tu devrais l’écouter toi aussi parce que

  • Une guitare, un piano, un orgue et un violon, le tout sur la voix changeante de Zet, ça réveille les morts
  • une voix ça ne suffisait pas, il fallait y ajouter les enfantillages malsains de Sfynx, proprement délicieux
  • On est proche de l’album parfait, à mes yeux. Alternance de clair/obscur, de violence et de calme, de douceur et de lames de poignard, un propos cynique et décadent. Beau.

>> Ecouter God Don’t Forgive tiré de Neutralized (ne faites pas attention au montage fan-made… je n’aime pas les métalleux.)

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Allez, maintenant, fais peur à tes voisins.

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