J’aurais du me douter, dès l’affiche, que l’exposition « Brune / Blonde« n’allait pas être celle dont je me souviendrais longtemps. Le titre, d’ailleurs, le résumé aussi ennuyeux qu’un cours de socio indigeste, le dynamisme mis dans la présentation de cette expo, tout ça laissait présager un parcours chaotique.
La cinémathèque met donc à l’honneur pendant 3 mois une exposition consacrée à la chevelure féminine dans l’art visuel, notamment dans le cinéma. C’est un peu comme si on me disait : Tiens, on fait une expo sur la couleur de l’herbe dans la province picarde.
Sauf qu’il y a peut-être moins de gens qui fantasment sur les mottes d’herbe foulées par les vachettes. La masse capillaire agitée langoureusement semble avoir plus d’adeptes.
Les cheveux des femmes dans les arts visuels, donc.
On commence par suivre une femme qui n’en finit pas d’agiter la tête dans un couloir qui n’en finit pas non plus, et puis on se laisse entraîner, hypnotisés et ramollis, jusqu’à une première salle, où l’on tombe nez à nez avec des vieilles couvertures de « Elle ». Et des portraits façon pop-art. A côté, de multiples écrans diffusent des extraits de films de toutes les époques. Il y a des cheveux. Et des femmes. On est pas trop perdu.
Il y a même un bouquin où l’auteur a utilisé les mots « blonde » et « brunette ». Une oeuvre inédite…
La salle s’ouvre sur autre chose, un ensemble de petits box où l’on a mélangé affiches, extraits de films documentaires, photographies… Une oeuvre faite de cheveux… Un court-métrage où une femme semble donner une importance particulière à deux brosses qui l’habillent d’un rien… Un tableau, perdu dans la masse.
Des femmes qui se coiffent, qui se coiffent, qui se coiffent.
Des photos – quelques clichés de Man Ray qui ne réussiront pas à sauver l’ensemble… Il faudra m’expliquer quel est l’intérêt de mettre en avant des clichés où le visage est flou, les noirs bouchés, où tout manque de dynamisme – et où l’on ne voit pas la masse capillaire, justement.
Digression.
Le reste se passe en extraits cinématographiques, expériences visuelles diverses et ennuyeuses, et l’on se retrouve soudain après quoi, un quart d’heure, au fond de la salle. On tente d’allonger la sauce avec quelques court-métrages. Et puis on tombe sur la boutique, sans trop comprendre.
Une boutique magique qui résume à elle seule beaucoup de choses, avec ces sacs mou imprimés soit « Blonde », soit « Brune », et sa tasse blanche où l’on a écrit les mêmes mots et que l’on vend pour la bagatelle de 12,50€.
Que peut-on garder d’une telle exposition ?
Une succession de vides absolus ?
Un parcours basé sur les supports présentés… La forme plutôt que le fond ? Le pouvoir du « oh chic, faisons du multimédia » ?
Cette vilaine impression d’avoir pénétré dans le haut lieu du machisme absolu ?
Ce sentiment de s’être fait avoir, à 8€ l’entrée ?
Ces oeuvres à la qualité inégales ?
Ou simplement l’impression d’un immense gâchis face à une exposition qui aurait pu être si riche d’émotions et d’enseignement. La chevelure, c’est un aspect social, une question de culture – Il y aurait eu tant de choses à dire qui n’ont été seulement qu’esquissées dans les questions extraits documentaires présentés, ou dans les clichés de Shirin Neshat, cette photographe iranienne qui joue avec le voile de ces modèles pour exprimer une féminité taboue.
Women of Allah : From Way In Way Outportfolio, 1994
Shirin Neshat (American, born Iran, 1957)
Pen and ink on photograp
Limiter l’exposition à la femme, et de surcroît dans les arts visuels, c’est se priver de toute la profondeur du sujet… Pour rester en surface, et faire applaudir le visiteur un peu perdu qui revoit les scènes cultes de Godard ou Lynch.
On dit glamour, on pense magazine féminin et pop-art.
De la cuisine moléculaire sans goût et à l’aspect flasque, à fuir si vous avez de l’appétit.
Et surtout, si vous n’aimez pas qu’on se paye votre tête.
› Exposition Brune / Blonde, du 6 octobre 2010 au 16 janvier 2011 à la Cinémathèque française à Paris.






Ah ouais quand même
Bon ben, j’ai jusqu’à janvier pour voir si j’ai pas mieux à faire.
Sinon, il y a une expo de photos coréenne qui me tente bien : Paris-Beijing 54, rue du Vernois Paris 3e du 28/10/ au 14/12
@Val :: Et ouais, c’est pour ça que j’attends ton avis si tu y va. ^^
Paris-Beijing, c’est le nom de la galerie ? Je ne trouve pas d’infos !