Je me sens un peu voyeuse, là, à cet instant, juchée sur la pointe des pieds et n’osant pas vraiment avancer dans le dédale des pièces vides. Intrus jusqu’au bout des ongles. Je la sens, la méfiance, jusque dans les carreaux qui continuent de se briser, les portes qui claquent et les briques se chauffant au soleil. Je ne suis pas à ma place – Et l’oeil vissé sur ce monde étrange et immobile, je me protège derrière l’appareil.
(Attention : Ce billet contient beaucoup trop de photos.)
Je ne crains pas les fantômes ; Je crains les vivants. Les souvenirs palpables des gens – Des mômes – qui ont passé des moments ici, planqués dans les toilettes, juchés sur les tables du réfectoire ou mollement massé près du panier de basket. Les gamins de l’époque, revenus plus tard, et dont je ressens immensément la tristesse devant un tel gâchis.
Pourtant j’ai toujours aimé les ruines. Mais c’est là ; Du gâchis.
Ouvrir la porte, forcément, et la regarder se fermer lentement.
Je n’ai pas envie de m’attarder ; Je me sens comme une voleuse.
Mais je ne peux pas m’empêcher non plus de continuer à avancer, dans les couloirs et les pièces vides, enjamber les matelas pourris, grimper les escaliers.
A l’étage, c’est encore pire.
J’ai la vague impression d’une urgence, de quelque chose d’indéfini qui se serait abattu là, sans sommation. Un crash. Une attaque. Une bombe.
Quelque chose de violent, qui aurait figé les restes d’un monde très proche – Méconnaissable.
Je ne sais plus où je suis.
Je ne sais plus trop qui je suis non plus, pour être là – Alors qu’il y a à peine une heure, je me faisais une fête de découvrir des bouts de vie, de fouiller, de découvrir.
Ça me parait assez moche, tout à coup, comme idée.


















Le parallèle entre ta situation floue et ces images est intéressant. Allez, tu vas bientot y voir plus clair. Bises
Je pense que tu t’es perdu en route.
Faudrait juste un truc qui dirait « j’aime », parce que ça se passe de mots. J’aime, et aussi une sorte de sentiment nauséeux.
Je déteste la facilité des boutons « j’aime » et autres.
Ça me frustre.
La nausée c’est lié à ta maladie plutôt non ?
J’avoue que c’est un peu « facile », mais c’est parfois difficile de trouver les mots face à ce vide.
La nausée c’est une réaction à cet ex-espace de vie, ce sentiment de pénétrer dans un lieu où autrefois d’autres ont vécu. Un lieu fantôme, où on ne devrait peut être pas être.
J’ai ce sentiment de « profanation » (mot peut être un peu fort) lorsque je visite des lieux chargés d’histoire (d’histoire violente), qui deviennent en un sens sacrés. C’est l’effet que ça me fait en voyant ta série de photos, mixé avec ce dont tu parles, du gâchis.
Je sais pas si c’est très clair…
Il n’y a pas d’histoire violente, dans ce lieu. Rien qu’une tonne de regrets amoncelés un peu partout, du sol au plafond – Enfin, ce qu’il en reste.
C’était un lieu de vie qui accueillait des centaines de gamins, et aujourd’hui, c’est un désert vide figé dans une semi-démolition parce que des gens ont reconnu trop tard la valeur de ce lieu.
C’est triste.
Salut Louisa,
Je crois que je vais beaucoup aimer ce blog
J’étais tombé par hasard sur ton récent article sur le community management et voila que maintenant je reviens et je tombe sur cette entrée. Les mots sont pesés et les photos riches d’inspiration. Je continue ma visite !
A bientôt !