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Dans sa volonté d’abstraction numérique, Access To Arasaka aura perdu les littéraires en route. Malgré cela, des mots ressortent de ces lignes, quelques fragments d’images auxquels se raccrocher.
Cette musique a toujours fait partie de mon paysage. Je découvre, pourtant tout est en place, là où je l’avais laissé. La basse dépose toujours ses notes entre les notes, puissante et sèche. les cliquetis déroutent, ralentissent ou accélèrent un rythme faussement irrégulier. Et la brume est omniprésente. Numérique, la brume. Épaisse, lumineuse… ou plutôt luminescente.
Je parlais de se raccrocher ? Oui, une bonne prise est nécessaire. « C’est dans la musique, ces bruits, là ? » Oui, c’est dans la musique. Dans l’air. Dans l’âme. Tout cela semble trop hasardeux, trop étrangement agencé, jusqu’à ce qu’on se rappelle qu’on a affaire à un véritable architecte, et non à un musicien, dans le sens accepté du terme. Ici la rythmique n’est pas affaire de groove, elle est affaire de mouvement. D’élan et de rappel, de vrilles et de vrombissements. En ce sens, void(); pousse l’effet plus loin encore, si bien qu’il n’est plus question d’écouter distraitement, « en s’attendant à y trouver », mais bel et bien d’Écouter.
Il est facile de se laisser guider lorsqu’on connaît le chemin. Ce n’est pas l’objet de cet essai-là. Nul besoin de débroussailler, tout est déjà tracé, lisse et soigné, brillant, translucide. Mais lorsqu’on change de référentiel, il faut s’attendre à quelques bousculades.

Soyez bousculés. Dès les premières secondes, vous vous direz que ce n’est pas si différent, que tout cela est somme toute assez prévisible. Mais lorsque kill_recorder=c1 se transformera, comme pour s’adapter à un brutal changement d’environnement, suivez la.
Tout cela est assez intimidant. Où Oppidan construisait, disposait et décrivait, void(); anime, efface, réécrit, perturbe.
Je reste souvent béat face aux décors gigantesques dessinés par l’atmosphère. Une caverne. Ou non plutôt une plaine. De nuit. Ah non, voilà la lumière. Un son reconnaissable ! Oh, le voilà qui disparaît.
Je reste souvent béat face aux machines colossales et hésitantes qui vivent devant mes yeux. D’explosions en saccades, le décor se meut.
Malgré ces étranges retenues, une lumière pointe parfois le bout de son nez, de plus en plus fréquemment, pour achever la translation opérée depuis 55’14″ sur une note rassurante.
Mais vous ne serez plus au même endroit.
