Les petites mesures
Tu rentres à pas de loup, avec discrétion ; Un sourire aux habitués, un recoin pour bouquiner. Un téléphone à côté, pour signifier une attente, peut-être, une autre personne sur le siège d’en face, bientôt. Chacun de tes gestes mesurés se fondent dans la pénombre. Tu fais partie des murs et du décor. Tu ne lèves pas le nez des lignes quand la porte s’ouvre, jamais tu ne cilles ou ne bouges.
Sola consigo misma en el bar by OjosQueVen
Mais de l’autre côté de ta salle, on ne voit que la clarté de tes jambes, et le lent mouvement de ta cheville quand tu t’impatientes à la fin du chapitre.
De toi, on ne voit que le fin dessin de tes genoux à tes talons, comme une estampe à peine esquissée. De loin, on se méprend sur l’invitation, comme une proie tapie dans l’ombre, haletante, une petite chose fragile à enlever.
Trop courte, la jupe.
Elle aussi est assise, le dos au mur. Dans une salle blanche comme une clinique, avec la même peinture un peu boursoufflée près des plinthes. Elle attend que son tour arrive, les genoux serrés dans sa jupe neuve avec laquelle elle ne sait pas bien marcher. Elle détaille ses adversaires, leurs manies, leurs mimiques, le prix de leurs vêtements.
DD02 by Omuryilmaz
La porte s’ouvre pour laisser passer une jeune femme tout sourire, et un homme conquis. Un de ces patrons un peu clichés, la cinquantaine un peu trop épanouie sur les charmes d’une petite secrétaire de 20 ans, les yeux limpides, la grâce candide d’une vierge au sacrifice, les cheveux courts sur une nuque longue et fine.
Soupirs dans la salle.
Trop longs, les cheveux.







J’arrive pas bien à saisir l’articulation entre les deux partie.
Je les apprécie chacune séparément, mais je ne comprends pas pourquoi elle sont ensemble
Pourquoi faut-il toujours comprendre ?
Et puis c’est plutôt évident, à mon sens.
Le titre, les mesures. Trop courte, trop longs ; Jamais parfait.
J’aurais pu continuer longtemps, mais le plaisir n’y était pas.
Je vais prendre la première question comme rhétorique, car je ne me sens pas d’écrire un essai de philo ce matin.
C’est bien ce qui m’avait semblé
Mais ce qui m’a déstabilisé, c’est que le point de vue est très différent entre mes deux.
Trop court, elle ne s’en rend pas compte. C’est un petit détail, qui ne va pas avec l’image souhaitée, et qui modifie l’image que s’en fait un observateur à l’inverse de celle souhaitée.
Alors que trop long, je trouve que c’est une vision subjective du sujet lui même, étayée sur un détail qui si cela se trouve n’est même pas significatif.
@Etienne :: Elle l’est, réthorique !
Je comprends ta remarque, elle est fondée… Maintenant que tu le dis. Mais en écrivant, en toute honnêteté, je n’y ai absolument pas réfléchi.
Probablement parce que pour moi, le jugement que l’on porte sur soi-même ou celui que les autres peuvent porter sur nous, sont équivalent, et également biaisés. Subjectifs dans les deux cas…