De la photo, entre autre
T’as beau avoir 15 objectifs, tu n’as pas de but.
C’est un peu toujours la même histoire. Tu penses qu’avec du matériel tu te sentira moins bridé, moins enfermé, moins limité. Et puis c’est le contraire – Les clichés sortent tout seuls, mus de leur volonté propre, et toi tu oublies l’idée que tu en avais avant de déclencher.
Je m’amuse du regard des gens quand je l’enlève de mon sac – Un sac mou, sans protection, plein de poussière et surtout de sable. On veut jouer avec, on fait des oh et des ah.
Au fond il me sert à ça.
Pour le reste, je me suis fait bouffer comme les autres par un bel appareil de série, et je ponds des clichés en série en me disant que oui, ça reste joli. Mais de moi là-dedans, pas un chouïa. Et c’est évidemment, totalement de ma faute. Je ne réussis pas à m’imposer sur la technologie qui me colle un peu trop aux doigts.
Un peu comme devant un miroir, je m’avère infichue de savoir si je suis boulimique, anorexique, banale, trop grande, minuscule, mal foutue – En photo.
Je fais une cure d’argentique. Très logique.
J’espère de refourguer le monstre à Thibaut.
Mais qu’est-ce que tu veux que j’en fasse, moi ? Photographier des enseignes parisiennes, des ruelles clichés, des bobos branchés ?
De contradictions en simili-révélations, j’ai fini par me dire que j’avais juste le moyen le plus abouti pour produire des souvenirs – Ailleurs. Si possible, sur papier. Et l’envie peut-être, de donner à d’autres l’envie d’errer là où j’ai trainé les pieds – Et le boitier.
Pour le reste, ça fait de bonnes sorties avec de nouvelles frimousses, et des portraits parfaits pour un nouvel avatar sur Facebook.
Souvent, ça me suffit.
Bon.
D’accord.
J’ai quand même un doute.









Ahahah !
(Je suis un gros couillon.)
hé hé, la crise de la photo…j’en suis arrivée à la même conclusion, mon boitier ne me sert qu’à faire des souvenirs…j’ai abandonné mes tentatives de faire de l’artistique…
J’ignore si le gros jouet me serait plus utile. Enfin, si, question de définition d’image, tout ça… rien de ce que je fais n’est spontané, je prépare à l’avance, je calcule ma position en fonction du résultat voulu. Répondre à la technique par la technique, pourquoi pas.
Mais je suis attaché à mon petit K7 que même le petit doigt trouve pas sa place sur la poignée tellement il est petit.
J’ignore si on ne s’attache plus aux objets trop sophistiqués parce qu’ils sont trop modernes et trop « froids », ou si simplement l’embarras du choix dans la gamme proposée ne nous interdit pas tout simplement de nous attacher, de peur un jour de trouver mieux ailleurs.
Ta réaction serait logique donc. Cet argentique, il n’y en a qu’un, c’est le tien. Des 5D, on en vend à la pelle. Et une Fnac n’a pas le charme d’un vieux magasin d’argentiques rempli à raz bord de vieux objos et polaroïds en tout genre.
@Viinz :: Je t’interdis de rire, gros benêt !
@Annelise :: Artiste, certes non.
Mais je ne peux pas m’empêcher d’avoir envie d’aller plus loin quand même.
La soif d’apprendre est un boulet : Je suis trop curieuse, et du coup, éternellement insatisfaite.
@Selenite :: Certes. Cela dit cet argentique-là a été produit en série à son époque, aussi.
Je ne déteste pas le 5D, je l’aime beaucoup, mais j’ai le même souci qu’avec le 40 l’année dernière : Je n’arrive pas à le faire entièrement mien.
Ça viendra avec la patine, peut-être…
J’ai eu la même impression quand je suis passé de mon compact à mon reflex. Trop de photos faciles, moins d’oeil.