[*] Un léger passage à vide – Nicolas Rey
En ce moment, on me prête des bouquins dont la seule vocation est de m’énerver franchement. Comme je peux recevoir des mails concernant un fait d’actualité qui va forcément m’agacer. Le but du jeu ? Voir si je pars au quart de tour. Pas difficile, j’ai toujours été soupe-au-lait.
L’ami Viinz a donc joué au benêt en me prêtant « Un léger passage à vide« , de Nicolas Rey. Qu’il n’avait pas franchement apprécié. « Un bouquin sur un publicitaire drogué et complètement à côté de ses pompes, ça devrait te plaire, tu m’en fera un résumé… » – Je fréquente des peaux de vaches.
Bref. Nicolas Rey. Un léger passage à vide. Un vide abyssal, oui…
Que lit-on sur la quatrième de couv’ ?
Camarade lecteur, amie lectrice, heureux de te retrouver. Franchement, si on m’avait dit que l’on se reverrait un jour, toi et moi. Bon, tu sais comment les choses se passent. Je ne vais rien t’apprendre. Entre notre date de naissance et notre date de décès, il y a quelques moments dingues, des mauvaises passes et puis tout le reste. J’ai retiré tout le reste pour t’offrir rien que des moments dingues et des mauvaises passes. Et des moments dingues, aussi. Et des mauvaises passes. Et ainsi de suite. Bien à toi. NR
Ah, on veut faire de l’humour. On veut faire dans la blague avinée qui ricoche sur des silences ennuyés. On veut se donner une contenance alors qu’on n’est plus bon qu’à se pisser dans les chausses. Ca commence fort.
Il voudrait être touchant, Nicolas Rey, dans ses paradoxes et sa façon de ne pas être. Il voudrait instaurer une complicité avec son lecteur – « Mais si, tu es comme moi voyons, toi aussi tu rêves de t’endormir dans ton rail de coke, et de te réveiller avec une mineure dans ton lit« . Il voudrait tellement avoir écrit un bouquin qui marche. Il aurait tellement voulu être le premier personnage publicitaire drogué de l’histoire de la littérature…
© Sipa (via) (la source de la lose)
Au final, ce ne sont que d’épuisants atermoiements que l’on a entassé dans un livre qui s’oublie aussi vite qu’une mauvaise soirée, tant sur le fond que sur la forme. Un ramassis de clichés, une écriture fatigante, des revirements voulus comme inédits, amusants ou imprévus… Et qui tombent mollement à plat, à chaque fois. Un point pour la constance.
Au final, on ferme le livre avec le soupir de soulagement de celui qui réussi à se débarrasser d’un beurré sur la voie publique – Et surtout de son haleine de phoque.
J’imagine plutôt bien quel profit a voulu faire l’éditeur de ce livre en surfant sur la vague il-est-vicieux-mais-en-fait-il-est-tellement-touchant, mais il aurait pu attendre quelques mois et inscrire son auteur à un cours accéléré de littérature.
Ou miser sur un autre cheval.
Celui-là a déjà les deux antérieurs dans l’abattoir, il n’y a plus grand chose à faire.
» Un léger passage à vide de Nicolas Rey, publié aux éditions Au Diable Vauvert en janvier 2010. 181 pages, 17 €.







Et donc un nouveau succès pour le benêt
Je ne suis pas là pour défendre le bouquin où quoi que se soit mais en aucun cas il n’est publicitaire, Nicolas Rey n’est pas Beigbeder, il est lui-même dans le livre, un auteur qui fait des chroniques à en aparté sur Canal + et qui est alcoolique et drogué. Mais en lisant ton résumé j’ai l’impression qu’on a lu exactement le contraire, c’est justement l’histoire d’un mec qui arrête de boire et qui essaye de mettre des mots sur cette époque parce qu’il est devenu père. Après je comprends ta critique mais faut pas confondre Beigbeder et Nicolas Rey, un léger passage à vide n’est pas 99francs.
Cordialement
Dicky le canard