Expo photo #18
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Deux expositions très différentes aujourd’hui, avec néanmoins un point commun : Le côté théâtre de marionnettes à deux kopecks. Une expo photo à Toulouse, l’autre à Paris, avec pour chacune un fort parti pris… Et de l’amusement, aussi. On y va ?
» « On reality and other stories » de Pieter Hugo
Toujours à l’affût de sujets originaux, fascinants et parfois repoussants, Pieter Hugo constitue une oeuvre photographique marquante s’articulant en différentes séries.
S’inscrivant dans un mouvement de portraits documentaires en filiation avec les « Petits Métiers » d’Eugène Atget et plus particulièrement avec le travail d’August Sander, il réalise des portraits en couleur de personnes dans les tenues vestimentaires et dans les lieux de leur activité professionnelle ou de celle de leur groupe sociétal. Montreurs d’animaux sauvages au Nigeria, juges du Botswana avec leurs beaux habits rouges et leurs perruques d’un autre temps, collecteurs de miel sauvage et leurs protections de feuilles au Ghana, club de supporters d’équipe de foot, boys scouts du Liberia ou acteurs de films bons marchés réalisés à la chaîne au Nigeria sont autant d’histoires curieuses. De série en série, ces portraits dessinent une Afrique actuelle théâtralisée où se télescopent ce qu’elle a gardé de ses traditions et des influences de la colonisation avec l’adhésion à certains côtés de notre époque.
Une « Afrique actuelle théâtralisée » – Voilà qui a retenu mon attention. J’aime l’idée de la moquerie amicale, de l’incongru dans une photographie représentée comme sur un bout de toile. Des clichés soignés, un travail de mémoire plein d’humour bien au-delà des leçons de morales intemporelles en noir et blanc qu’on voit fleurir partout.
› Où ? Le Château d’Eau, 1 place Laganne à Toulouse
› Quand ? Du 12 mai au 27 juin
› Combien ? 2,50 € l’entrée
» « United Generation » de Lou Doillon
Habituellement de l’autre côté de l’objectif, Lou Doillon dévoile une nouvelle facette de ses talents. Armée de plusieurs appareils dont deux Lomos, elle s’est amusée à capturer des instants uniques d’émerveillement de tous ces publics si différents qui se retrouvent réunis par un lieu singulier : Disneyland. Un reportage photo peu conventionnel, un nouveau regard.
L’objectif pour Lou Doillon était de rendre hommage à toutes les générations d’individus qui viennent vivre des moments forts, seuls, en famille ou entre amis, pour se couper de la réalité et des stéréotypes, oublier tous les préjugés, laissant libre court au surréalisme de ce qui pouvait bien se produire dans se monde à part.
Bon. On se souviendra mon amour pour la créativité photographique de Karl Lagerfeld… Et puis ce titre, malheur. Mais j’aime bien cette idée de faire courir une actrice française dans les allées d’un monde de cartons pâtes, avec pour objectif de se faire oublier pour mieux surprendre les instants. C’est un exercice qui ne doit pas être facile, surtout quand est Lou Doillon. Et qu’on a un physique relativement peu banal.
Les quelques photos que j’ai vu de cette série m’ont donné envie… D’aller manger des churros et des barbes à papa au pays de Mickey. Pari réussi ?
› Où ? A la Galerie W, 44 rue Lepic, Paris 18ème
› Quand ? Du 27 mai au 27 juin
› Combien ? N/C
Allez, en voiture Simone, et profitez bien de votre weekend.
Et faites attention avec l’huile pour les churros.






