Expo photo #17
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Il y a la photographie que l’on regarde, celle que l’on respire, celle qui nous fait danser sur un fil ou celle que l’on garde dans un coin de sa mémoire, comme un témoignage hors du temps. Deux expo photo à Paris qui reprennent ces thèmes, et encore davantage…
» « Kawa » de Masao Yamamoto
Ses photographies, sortes de « haïkus photographiques », prenaient la forme de petites images fragiles et patinées, comme marquées par le passage du temps. On les imaginait sauvées de l’anonymat, extraites d’une boite de souvenirs trouvée aux puces.
Démarche cohérente et touchante : Masao Yamamoto explorait la puissance poétique des images, leur capacité à restituer un sentiment de mémoire, le souvenir ténu reliant l’image au monde.
Masao Yamamoto aurait pu continuer indéfiniment à remplir sa « boite de vide » (« box of Ku »), mais la nécessité lui est apparue de concentrer son regard, d’aller plus lentement et de suivre un fil, celui de la métaphore de la rivière (Kawa), du flot immuable et à chaque instant renouvelé de l’existence.
Merveilleuse photographie épurée, esthétique, parfaitement calibrée, soignée à l’extrême… Délicatesse et pertinence pour des photographies qui rappellent l’art de la calligraphie japonaise.
Sublime et entrainant.
› Où ? Galerie Camera Obscura, 268 boulevard Raspail, Paris 14ème
› Quand ? Du 21 mai au 20 juin 2010
› Combien ? N/C
» « Palm Springs 1960″ de Robert Doisneau
Les Cignes Gonflables © Robert Doisneau
C’est pour réaliser un reportage pour le magazine Fortune que Robert Doisneau prendra pour la première fois l’avion pour les États Unis le 19 novembre 1960. Thème du reportage : la construction de golfs à Palm Springs, refuge des riches retraités américains dans le désert du Colorado. [...] Ce qu’il découvre là bas l’incite à dépasser largement le thème du reportage. Au delà de l’empiètement des greens sur un territoire aride, il dresse un portrait amusé d’une planète artificielle repeinte aux couleurs les plus suaves. Il utilise tour à tour un Rolleiflex, un Leica et un Hasselblad et, pour la première fois se sert de la pellicule couleur à des fins résolument esthétiques.
Pour voir Doisneau en un peu moins gnangnan que ce que l’on s’oblige à nous montrer et en légèrement plus croquant, direction la moquerie de l’Amérique, un thème largement abordé mais qui offre encore quelques bonnes décennies de fou-rires avant l’épuisement du gisement.
› Où ? Galerie Claude-Bernard, 7-9, rue des Beaux Arts, Paris 6ème
› Quand ? Du 1er avril au 1er juin 2010
› Combien ? N/C
Je suis certaine que ces photos vous donneront des idées, et vous feront regarder le monde autrement. Bonne découverte !







Merci pour l’info! J’ai hate de voir les sublimes photos de Masao Yamamoto.
Idem… J’espère que l’exposition sera à l’a hauteur de ce que j’ai vu !