Asphyxier la France et s’en réjouir

[...] Retenir la nuit. Un challenge de plus en plus compliqué pour les noctambules, car les arrêtés se multiplient pour que les établissements ferment plus tôt. Les épiceries, les bars, les discothèques et même les lieux publics sont concernés. Mais le monde de la nuit sait se réveiller quand il s’agit de refuser d’aller se coucher tôt. Tour d’horizon dans cinq grandes villes.

À Paris. Les acteurs de la nuit ont lancé une pétition il y a six mois. Ils dénoncent un regain de fermetures administratives des lieux de nuit. Ainsi, le Batofar (13e) a subi des fermetures pour tapage de plusieurs semaines en 2009, ce qui a mis en péril son économie. Dernièrement, Bertrand Delanoë a proposé de créer un lieu de vie nocturne à ciel ouvert dans un quartier avec peu de riverains.

À Lille. La municipalité publiera cette semaine un arrêté interdisant la vente d’alcool après 22h dans 25 épiceries de nuit. Un régime dérogatoire, de 0 h en semaine à 2h le samedi, sera établi pour les deux seuls magasins signataires de la charte de bonne conduite promue par la ville. [...]

À Toulouse. Les noctambules peuvent à nouveau sortir jusqu’au bout de la nuit. En février 2009, le préfet de la Haute-Garonne avait pris un arrêté fixant la fermeture des bars à 3h le samedi. Mais c’était compter sans le recours déposé par plusieurs établissements. Le 5 mai, le tribunal administratif leur a donné raison. La préfecture envisage de faire appel.

À Marseille. La régulation de la vie nocturne est un des objectifs pour 2013. Marseille sera alors la capitale européenne de la culture. Dernière restriction en date : la fermeture au public de la plage du Prophète à partir de 1h du matin. Aujourd’hui, la mairie devrait dire si cette décision a vocation à être étendue à d’autres plages.

À Nice. Le 16 mars, le maire, Christian Estrosi (UMP), avait pris un arrêté fixant la fermeture des établissements de vente à emporter et épiceries de nuit à 22h. Quatre jours plus tard, le préfet des Alpes-Maritimes lui emboîtait le pas, étendant le texte à d’autres communes. Devant la colère des commerçants, la municipalité niçoise est revenue sur le texte. Seule une vingtaine d’épiciers de nuit sont finalement contraints de fermer à 22h [...]

Séries noires pour les nuits blanches, sur 20minutes

Merci pour la jeunesse, merci pour la culture, merci d’enfermer les « soirées » dans un fourre-tout de délinquance et d’empêcheurs de laisser dormir les bonnes gens.
Étouffez-vous avec vos bonnets de nuit.
Et en passant, un grand coup de chapeau pour notre ministre de la Culture confit dans ses certitudes et son prozac.

Lousia

10 reponses a “Asphyxier la France et s’en réjouir”

  1. Lo dit :

    Oui enfin ici à Toulouse l’activité nocturne est quand même loin d’être asphyxiée, il faut dire que la ville est très étudiante, que le sud ouest c’est aussi les féria et les troisièmes mi temps.

  2. LZ dit :

    Pauvres de nous (et encore, on a eu la chance d’en profiter…), pauvres des générations qui nous suivent (et se voient privées de tout lieu d’amusement). Je pourrais parler de Rennes où la vie nocturne, ses détracteurs et ses rebelles sont tout un poème mais je n’en ai pas le courage…
    Continuons à festoyer où bon nous semble, malgré tout et contre tout !

  3. Lousia dit :

    @Lo :: Bien sûr qu’il reste des lieux ouverts et des solutions pour s’amuser sans être contraint de se resteindre. Mais ce qui est étonnant, dérangeant et dangereux, c’est le message livré par ces actions : La fête est un danger, la fête menace la tranquillité des gens, la fête, c’est le lieu propice à la délinquance et à l’embrigadement de nos enfants * trémolos dans la voix * vers l’alcoolisme, la drogue, et peut-être même le sexe. Ultime infamie !
    Je ne suis pas une grande fêtarde, mais ça m’agace terriblement.

    @LZ :: J’ai entendu l’autre jour, dans une émission sur Arte je crois, le présentateur dire : « On dit souvent qu’il y a 20 ans, c’était plus facile. Et généralement, on s’empresse de soupirer en démentant formellement. Mais c’est vrai, ne nous mentons pas, il y a 20 ans, c’était beaucoup plus facile. »
    Et je suis d’accord avec ça.
    Si les envies d’ailleurs titillent tant notre génération, c’est bien qu’il y a un problème ; C’est bien qu’elle pense que son propre pays n’est pas récupérable.
    (Ce qui est un tort, probablement, mais je comprends.)

  4. Lo dit :

    Lousia, il faut voir que quand on parle de fête a Toulouse ca prend des proportions assez différentes de ce que l’on peut connaitre en région parisienne. Pour t’en convaincre va faire un tour vers la rue de la soif un soir de finale de rugby (et donc les deux weeks du 22 et 29 mai).
    Autre élément a prendre en compte l’interdiction de fumer a déporter le bruit vers l’extérieur et on peut comprendre que du coup les nuisances sont beaucoup plus sensibles pour les riverains.

  5. Lousia dit :

    Lo, je comprends.
    Je connais les fêtes rennaises, ça vaut bien les fêtes toulousaines.
    Mais la restriction totale et peu intelligente n’a jamais donné une réponse satisfaisante à ce genre de problèmes.

  6. LaNe dit :

    Joli collectif… c’est vrai qu’en France on a un sérieux problème avec ça ! en Allemagne par exemple, il y a des bus toute la nuit, voire des trains intercités. Tu peux aller en boite dans la ville d’à côté (Dortmund – Dusseldorf, 100km) et rentrer à 3 ou 4h du mat…

    Pour Marseille c’est pire que la seule plage du Prophète, les métros s’arrêtent à 22h30 en semaine, minuit le WE. Les bus de « nuit » roulent de … 21h à minuit.
    No comment

  7. Lousia dit :

    @Lane :: Non mais Marseille c’est pas pareil, faut contrôler, parce que y’a des ARABES.
    Enfin blague à part les transports à Marseille c’est assez moche à la base, pas besoin d’en rajouter – Ou plutôt, d’en enlever.
    Ah, ces maires.

  8. YOOOOOOOOOOO dit :

    Et alors ? Ces jeunes qui font la fête, ça suffit ! Il y a suffisamment d’autres occupations, comme de regarder TF1.

    Elle est pas belle la vie ?

  9. GaChoue dit :

    J’ai l’impression que ce qui fait peur ce n’est pas la fête, mais plutôt la NUIT. Va savoir pourquoi…

  10. [...] France a perdu son brillant et son éclat, n’attirant plus que les touristes romantiques ; Plus de fêtes, des bars sommés de fermer, des bistrots en faillite, et plus personne de vivant dans la capitale [...]

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