Elle est là étalée de toutes ses roues, trempée sur un coin de table, le mécanisme à l’air et la vitre fendue ; Comme un baigneur emporté par le courant, qui se serait raccroché aux rochers et aux sables mouvants. Dans son ventre résonne encore le flux et le reflux des blanches et des croches, un vague souvenirs des secondes qui défilaient il y a quelques heures sans anicroche.
Je bats la mesure d’un ongle, ou de deux, sur le bord du bois qui se réchauffe. Le soleil est mur comme une orange blette, une vieille coquette, et darde quelques rayons moribonds sous ses paupières flétries. Elle a disparue, la rayonnante de midi ; Et sur le coin de table, les tripes à l’air, ralenti un monde à l’agonie.
Le souffle humide de ma truffe pleine de sable la caresse de volutes marines, comme un linceul désertique où tombe une rosée famélique. Je la veille et j’espère. J’ai tout démonté, comme j’ai vu faire mon père.
Watch 07 by AArchee
Je m’endors sur un coin de table, les yeux entrouverts sur la grande aiguille, veilleur de pacotille. Le temps s’étire comme les ombres tardives… Je me berce des battements du cœur des vieux rouages. Et c’est mon souffle qui se ralentit à mesure que la nuit avance.
Sur le bord de la table, elle reprend son rythme saccadé d’increvable rouée.


