L’esprit ouvert
#LousiaIl n’y a pas un instant où elle ne s’envisage pas dans les reflets de son micro-univers, pas un moment où elle ne cesse d’agiter de l’air – L’asphyxie de l’ennui la terrorise. Elle est le mouvement perpétuel à la portée de l’homme, de celui qui saura la cueillir, fruit toujours offert. Elle est le balancier d’une horloge détraquée.
Son univers est courbe, comme les parois fluctuantes de son manque de volonté. Je le lis sur son visage, dans ces yeux qui veulent dire Attention, chien méchant – Qui n’expriment qu’Attention, troubles adolescents. Attendrissante dans sa volonté d’être adulte, alors qu’à ses lèvres pendent déjà quelques années presque ridées. On la lit comme un livre ouvert, si tant est que vous souhaitiez lire – Le reste aussi est ouvert, si vous avez besoin de consolation.
Elle est une marionnette agitée, persuadée d’être la main qui anime d’autres petites poupées. Je lui souhaite parfois de ne jamais découvrir qu’il y a autour d’elle un monde de géants, indifférents à elle.
Je m’interroge. Me fait-elle de la peine, cette copie infidèle de ce qu’elle aurait toujours voulu être ? Perchée sur des principes qui s’écroulent, à battre des ailes sans soulever ses propres paradoxes, attachée à une terre qui s’est depuis longtemps muée en sables mouvants, survivra-t-elle à l’hiver ?
J’ai du pain dans la poche, quelques miettes pour une hirondelle. Mais non, pas elle.
Swallow by OllieSky
Je la regarde patauger dans le marasme de ses contradictions, se noyer dans un verre d’eau, et en faire toujours trop.
J’attends qu’il gèle, pour avoir envers son petit corps frêle un élan d’affection.
J’attends que se désagrègent avec les cercles de l’eau qu’elle trouble ses pépiements insupportables et infidèles.
Je voudrais la tenir dans mes bras, l’étouffer de mépris, l’étrangler pour qu’elle se taise – Qu’elle cesse soudain de bouger, de brasser de l’air, d’exister sur des mensonges. J’ai tant d’affection pour l’objet de ma haine…
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