Expo photo #5
Changeons un peu : Envisageons cette semaine la photographie non comme art, mais comme support documentaire. L’émotion viendra non de la prise de vue, mais du sujet, et ce ne sera pas mieux, ou moins bien, mais juste différent.
Trois expos, trois univers, différentes époques…
» L’impossible photographie, prisons parisiennes (1851-2010)
Que sait-on de l’univers carcéral ? La photographie peut-elle rendre compte des réalités pénitentiaires ?
Le musée Carnavalet présente une exposition de 350 photographies réalisées dans les prisons de la capitale, de 1851 à nos jours.Cette sélection est l’aboutissement d’un inventaire général de 3800 images, effectué par les commissaires de l’exposition auprès d’institutions (musées, bibliothèques, archives, agences de presse…) et de collectionneurs privés.
L’exposition dévoile au public la multiplicité et la diversité des images réalisées dans l’univers carcéral de la capitale, corpus à ce jour inédit, regroupé ici pour la première fois, éclairé par des textes littéraires ainsi que par des films d’archives. Il est complété par des créations contemporaines réalisées à l’initiative du musée.
On l’oublie parfois, mais la photographie est autant un art, en tant qu’œuvre se suffisant à elle-même, qu’un formidable outil de communication et de compréhension, accessible à tous, y compris pour les gens n’ayant pas une sensibilité particulièrement développée à ce format.
L’enjeu est ici important, et cette exposition soutenue par des documents aux formats très variés semble plutôt complète…
› Où ? Musée Carnavalet, Paris 3ème
› Quand ? du Mercredi 10 février au 4 juillet 2010
› Combien ? Plein tarif : 7€ Tarif réduit : 5€ Demi-tarif : 3,50 €
» « Une approche amoureuse » de Gotthard Schuh
Gotthard Schuh (1897–1969) compte parmi les plus grands photographes du XXe siècle. Ce pionnier du photojournalisme moderne a su développer un style personnel, proche de ce que l’on appelle le « réalisme poétique ». Le musée Nicéphore Niépce présente du 27 février au 30 mai 2010 une rétrospective de son travail organisée par la Fondation Suisse pour la Photographie.
Ombres, regards, reflets, faux semblants, définitivement en noir et blanc ; Une jolie photographie humaine, à découvrir ou à revoir.
› Où ? Musée Nicéphore Niépce, 28 quai des messageries à Chalon sur Saône
› Quand ? Du 27 février au 30 mai 2010
› Combien ? Entrée libre tous les jours, sauf le mardi et les jours fériés
» « Temporalités allemandes » de Stefan Koppelkamm
Au cours de l’année 1990 – après la chute du mur et avant la réunification allemande – le photographe Stefan Koppelkamm entreprend un voyage à travers l’Allemagne de l’Est. Il est poussé par le désir de conserver, grâce à la photographie, l’état de lieux dont il était convaincu qu’il ne resterait bientôt plus de trace. Il s’agit de maisons, de rues et de places où le temps s’est arrêté, reflétant une image de l’Allemagne d’avant-guerre. Quelques 10 à 12 ans plus tard, il retourne visiter ces lieux pour les photographier sous exactement le même angle. La comparaison des deux « états des lieux » rend compte des nombreux et profonds changements survenus entre-temps.
Une démarche documentaire intéressante pour un témoignage aux nombreux visages. Si l’on sait que les choses changent, la photographie, prise à intervalles réguliers, permet de s’en convaincre, et de poser une réalité sur une impression.
C’est peut-être un fruit de saison, mais ça se consomme avec plaisir.
› Où ? Pavillon Carré de Baudoin, 119-121, rue de Ménilmontant, Paris 20ème
› Quand ? du 12 février au 13 avril 2010
› Combien ? Entrée libre
Je vous laisse et repars me noyer dans mes mouchoirs ; Profitez bien les enfants !
(Et vivement samedi…)







