[**] Orphaned Land – The Neverending Way Of Orwarrior
Nombreux sont ceux qui se sont essayés au mélange des cultures en musique. Deux solutions pour y parvenir de façon honnête et intelligente : éviter systématiquement les clichés habituels de l’exotisme vu par un occidental, ou bien baigner dans les deux cultures. C’est la seconde solution qui a guidé la main d’Orphaned Land : une carrière et des goûts résolument tournés vers le metal et le rock progressif, et un arrière-plan culturel méditerranéen plus que présent.
Je sais, on ne dit que du bien de ce nouvel album. C’en est énervant. J’aurais aimé dénoter un peu dans le paysage. Mais voilà, The Neverending Way Of Orwarrior est encensé partout.
Probablement parce qu’il est d’une infinie complexité, et que chaque minute porte son lot de découvertes. Le genre de découvertes qui ne se manifestent qu’après une dizaine d’écoutes. Je vous mets au défi de réussir à créer une carte mentale de chaque piste en moins de deux mois (à raison d’une écoute par jour, minimum). Steven Wilson lui-même, qui s’est chargé des parties clavier et de la production de l’album, confesse n’avoir jamais produit d’album aussi complexe.
Parce que l’album est remarquablement bien construit également, de son introduction en forme de préface à sa conclusion aux allures d’explosion finale, précédée de l’immanquable calme avant la tempête. On se surprend à attendre chaque petit interlude – la douce voix de Shlomit Levi près du feu de camp au milieu du désert, un piano perdu au cœur de la Nouvelle Jérusalem - pour mieux rebondir ensuite.
Parce que Kobi Fahri est magistral, que sa voix n’est capable que du meilleur, tant dans ses growls rocailleux, longs et tranchants que dans ses élans clairs, doux et déchirants. J’aime la dualité – elle est ici marquée, mais jamais surexploitée.
Parce que les mélodies orientales jouées à la guitare côtoient les mélodies rock 70′s jouées au saz turc, par le bassiste lui-même, ou au violon par l’orchestre oriental de Nazareth. Et parce que si vous aimez la guitare, vous aimerez The Warrior et ses 4 minutes de solo.
Parce que les deux soeurs The Path respirent la magie, il vous suffira d’écouter une fois Treading Through Darkness pour vous en convaincre (oui, je sais, j’ai honteusement sombré dans la subjectivité la plus totale).
Parce que vous rencontrerez peu de groupes ayant pour vocation de faire scander « Allah U Akbar » à un public israëlien et de faire chanter de la poésie juive à un public arabe. Si le concept de l’album, sur le thème de la réconciliation, peut paraître naïf, la réalisation et la provocation constante (et assez jouissive) orchestrée par le groupe (vous n’avez qu’à jeter un oeil sur l’artwork pour vous en convaincre) devrait vous rassurer un peu.
Parce que le responsable du rayon métal (si c’est bien lui qui s’occupe de ça) de la crèmerie près de chez moi (Fnac pour ne pas la nommer) a jugé la musique et le concept suffisamment intéressants pour commander l’album à l’étranger avant même sa sortie officielle en France. Et ça, c’est rare (et c’était la bonne surprise de la semaine, moi qui l’attendais depuis plusieurs mois.)
Pour toutes ces raisons, cliquez, cliquez pour écouter ce que tout ça peut donner. De la beauté transcendante de Treading Through Darkness à la brutalité maîtrisée de Codeword : Uprising, en passant par les prières islamiques de Disciples Of The Sacred Oath II scandées avec une ferveur à faire pâlir tous les Muezzin, ou la douceur incrédule de M I ? …
Je risque fort de passer encore The Neverending Way Of Orwarrior dans ma platine d’ici quelques années. Pourquoi pas vous ?






le mélange de death et de musique traditionnelle orientale fait mouche. Belles envolées , commandé vite fait bien fait. Merci .