Rien de personnel
#LousiaTu es là à te saigner aux quatre veines pour essayer de sortir quelque chose d’à peu près lisible, d’un peu comestible, pas trop épicé pour que personne n’en soit malade. Tu y mets du tien, en tirant la langue comme un mioche appliqué devant les courbes impossibles à reproduire d’un modèle trop fluide pour être honnête. Tu fais attention, tu te relis, souvent tu corriges la couleur pour qu’elle soit plus agréable à voir sur des écrans lointains. Et parfois tu te lances dans des opérations ambitieuses, comme refaire la déco de chez toi pour que ce soit plus accueillant, mettre un plan incliné pour que tout le monde puisse venir, planter des panneaux et des ballons pour baliser le terrain.
Au final, ça ne sert absolument à rien. Tu es comme d’habitude, seul avec tes ballons multicolore, et de temps en temps une main passe par la fenêtre, comme un voleur, pour faucher un bonbon. Tu chantes joyeux anniversaire à tue-tête dans ton salon, pour combler le vide.
Solitude by Vvola
Tu as bien quelques idées pour faire venir du monde – Changer de fringues et faire le tour de la ville avec un mégaphone, attirer tes petits camarades en leur offrant des billes multicolores, construire une route en accès direct vers ta cabane ; De ton perchoir tu peux voir les jardins alentours où gambadent des gamins turbulents par centaines.
Alors tu enlèves ton chapeau de fête, les jambes dans le vide, un seau de cotillons rouge et or à tes côtés. Tu te demandes si ça brûle bien, par pure curiosité – Il faut bien s’occuper. Tu comptes les fourmis le long du tronc d’arbre où tu t’es bien planqué.
Tu sais, rien n’intéresse plus les enfants que ce qu’on peut leur apporter. Ils ne connaissent pas le désir de l’humain, ils n’ont pas besoin de la chaleur d’une présence. Ils veulent ingurgiter des litres d’informations au milieu des chocolats au lait qu’on leur offre, ils veulent se gaver de ce qu’ils peuvent apprendre et régurgiter plus tard, comme des petites bêtes savantes.
Ces enfants ce sont les visiteurs d’ici et d’ailleurs – Surtout d’ailleurs, à vrai dire. Ce sont des internautes turbulents et insaisissables, infidèles par nature, qui consomment le blog comme un site d’information ou comme ils peuvent parcourir en silence un forum pour trouver une réponse à une question qu’ils ne poseront jamais.
Tu l’entends, le silence ?
Solitude by Mistlel
C’est un cercle infernal, de ces petites choses appelées blogs créés jadis parce qu’elles compensaient le manque d’humain dans la presse… Ces journalistes qui enfin pouvaient écrire à visage découvert, et qu’on reconnaissent en tant que Monsieur Untel, ou Pseudo Bidule. Internet, enfin, un monde des possibles, un monde d’humains à visage découverts, diablement plus faibles, plus orgueilleux, plus insupportables, remplis de ces défauts qui nous sont si chers.
Et maintenant ? Tu as beau tirer la langue, on te préfèrera toujours celui qui repompe sur les site US les dernières news sur le gadget à la mode. Et tu n’y peux rien, même avec des myriades de sifflets et de serpentins.
Il serait peut-être temps d’arrêter cette mascarade et d’aller voir ailleurs s’il y a des hommes, tu sais ?










janvier 15th, 2010 à 14 h 30 min
Mais on peut parfois apprécier en silence, sans laisser de traces, histoire de ne pas perturber le paysage…
janvier 15th, 2010 à 14 h 40 min
au fil des ans sur les blogues j’ai lu des textes à t’arracher le cœur, des mots terribles et merveilleux à la fois, sans aucun commentaire. tu sais en lisant, tu le sais que l’auteur a vécu quelque chose en écrivant ça, qu’il était bouleversé ou transporté ou je ne sais quoi encore. et au travers ses mots on a pu vivre un peu de ses émotions. et ces derniers ont invoqué les nôtres et nous ont bouleversés à notre tour. mais tout ça se passe sans qu’un seul commentaire ne vienne le confirmer.
et puis t’arrives sur un autre blogue où la proprio t’explique combien elle déteste faire la vaisselle, et voilà que les commentaires s’empilent par dizaines.
il est beau ton texte, mais me rappelle que je l’ai déjà lu, sous une forme ou une autre, à plus d’une reprise.
je pourrais te dire que l’important c’est d’écrire, et d’écrire pour toi. mais je ne le te dirai pas. j’ai pas besoin, tu le sais déjà. reste plus qu’à foncer et laisser cette petite prison derrière.
janvier 15th, 2010 à 14 h 42 min
« on te préfèrera toujours celui qui repompe sur les site US les dernières news sur le gadget à la mode. » peut-être en trafic, sûrement pas en plaisir de lecture…
janvier 15th, 2010 à 14 h 45 min
Bel article. Bien écrit, avec de belles images … agréable à lire.
Pour te faire plaisir et parce que j’aime les belles choses, je vais ajouter ton blog à mon flux rss … certes il se retrouvera au milieu de ceux qui repompent sur les sites US les dernières news sur le gadget à la mode (qui d’ailleurs me remplissent trop vite mon google reader … un peu saoulant parfois) mais c’est mieux que rien.
Ceci dit, je vais aller lire quelques uns de tes articles précédents … ne t’attends pas forcément à des commentaires, j’en laisse rarement. Bonne journée.
janvier 15th, 2010 à 14 h 57 min
Vous n’allez tout de même pas remettre les pieds sur terre (^(o)^)~
janvier 15th, 2010 à 15 h 24 min
@LZ :: Rien ne perturbe le paysage.
Il serait dommage qu’il ne reste qu’une morne étendue sans aucune aspérité…
@Swan_pr :: Si ces mots, difficiles parfois à écrire, sont sortis, étalés peut-être avec indécence sur une page, peut-être était-ce aussi une façon de demander de l’aide, de ne pas se sentir seul ?
Passer, regarder, et se taire, c’est presque comme passer en voiture le long d’une cortège de réfugiés…
Ecrire pour soi seul, c’est quelque chose que je n’arriverai probablement jamais à concevoir. Même si c’est un besoin, s’il n’a rien pour se nourrir, il n’a aucune utilité.
@François :: Le plaisir ?
Mais que diable me chantes-tu là.
On vient s’informer, on s’en fout du plaisir…
Parait-il.
@WacsiM :: Merci !
Mais j’aime les sites US et les gadgets aussi. Mais ce n’est pas la même chose… Ça m’intéresse, mais ça ne me touche pas. Ça ne me révolte pas, ça ne me donne pas envie de partager quoi que ce soit, ça ne rend pas ma journée triste ou au contraire, palpitante… C’est juste différent.
Et il serait dommage qu’il ne reste plus que ça.
Bonne lecture, j’espère. : )
@Desirade :: Difficile. En tant qu’experte du croche-patte à moi-même, la tentative pourrait s’avérer suicidaire.
janvier 15th, 2010 à 17 h 02 min
Aïe
touché.
Rien de personnel mais il est possible de le prendre un peu pour soi quand même.
C’est triste de lire cela, mais tu as raison. Personnellement récemment je cause peu. Et je conçois que si je ne suis pas le seul cela puisse te froisser.Peut-être la période est-elle dure, en tous cas autour de moi beaucoup de gens le trouve. Mais cela n’est pas une excuse.
Continue à écrire, je continuerai à lire, et je m’efforcerai de ne pas garder mes commentaires pour moi. J’espère que tous tes autres lecteurs feront de même.
janvier 17th, 2010 à 22 h 18 min
Je me reconnais bien là ! J’ai déjà lu qqch de ce style ici. Et je l’ai pris pour moi. Ça m’a poussé à m’exprimer un peu plus, et je ne regrette pas. Car grace à toi, j’ai découvert « l’humain » et les palpitatantes sensations qu’il procure.
janvier 18th, 2010 à 11 h 44 min
@Etienne :: Bien vu. C’était l’objectif, je l’avoue.
Evidemment, c’est à chacun de voir ce qui lui plait, ce qu’il a envie de faire, tout le monde est libre.
Mais dans toute relation, chacun doit faire un pas pour que ça marche ; C’est la même chose sur un blog. Contrairement à ce que j’ai lu partout, on écrit pas pour soi. On peut, mais ce n’est pas le cas tout le temps, fort heureusement. S’il n’y a pas de partage, c’est un exercice stérile. Et à s’égosiller dans le vide, on fini vite par perdre la motivation.
Alors des espaces se ferment ; Et sur le dernier billet d’adieu, on voit des gens qui ne s’étaient jamais exprimé jusque là regretter cette disparation. C’est un peu bête, non ?
Je ne réclame pas des commentaires partout, tout le temps, mais je trouve qu’ici on ne discute plus. Et ça me chagrine.
@Gachoue :: C’est vrai, mais la dernière fois c’était plus pour vous réveiller ; Là, cet article existe surtout pour que je ne m’endorme pas. Parce que la tentation est là, parfois…
Je suis ravie si j’ai pu t’apporter quoi que ce soit, même en quantité infime. : )