Lâche-moi les regrets

L’as-tu entendu, le premier cri du printemps qui se lève ? Je me découvre engluée dans la toile, lassée de tous ces fils, alors que dehors éclate le mois d’Avril.

J’ai envie de mettre le nez dans les primevères, de me rouler dans le vert tendre qui partout dégouline, de dévaler les prairies encore trempées de flotte ; Et je jette aux quatre coins de la pièce mes armées de bottes, mes placards de manteaux lourds, des étagères d’écharpes, tout ce qui pourrait rappeler les ciels noirs et mes doigts gourds, et de loin, tes discours.

Il fait assez doux pour mettre le nez dehors sans les kilos de tissus que tu m’as collé sur le dos ; Il fait assez chaud dans d’autres bras pour me passer de toi. Alors je décroche un par un les fils qui diffusent goutte à goutte le goût douceâtre d’une petite mort inutile. Je fais craquer mes articulations de marionnette, des idées libertaires plein la tête.

Et je m’éloigne sous la flotte, le bruit de la pluie qui couvre le son de ta voix, et les pieds dans la boue j’oublie, j’oublie, j’oublie. Tout m’éloigne, comme un paysage qui s’étire à l’infini.

Lâche-moi.

Deceptively yours by Emeraldiris

On se reverra quand j’aurais fait le tour de la terre, quand j’aurais oublié les notes sucrées de ta voix douce, quand j’aurais oublié la couleur de tes yeux noirs, quand je ne ressentirais plus l’envie de me raccrocher aux fils de ta toile et de me pendre avec à ton cou.

Lâche-moi, garde-moi ton cœur, tais-toi, va-t-en ; Cache-toi au fond de ma poche que je te ressorte quand l’hiver viendra.

Lousia

Une reponse a “Lâche-moi les regrets”

  1. Elisa dit :

    J´adore ton blog et ta « manière de dire »
    Je reviendrai
    A plus
    Elisa, Argentine

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