La sécheresse
A l’ombre tranquille des brises anodines, elle s’endort.
Dans les branches de l’arbre qui la surplombe tintent des pièges à notes, des partitions débridées et des chants mal accordés qui bercent les illusions tardives.
Dans ses rêves où il n’y a personne, les paysages prennent leurs aises sur une toile sombre, veloutée, pommelée comme des nuages d’orage. Dans ses rêves, plusieurs soleils rougeoient la surface des herbes folles et caressent les vaguelettes brunes d’un ruisseau hivernal. Dans ses rêves, c’est toujours l’automne, un gouffre sans fin où elle tombe comme une feuille morte, dans un silence où ne bruisse que l’infinie solitude.
Sa tête penchée sur l’épaule, elle sert d’échelle pour les coccinelles qui grimpent à l’assaut des pousses tendres. Désarticulée comme une poupée ancienne, son teint de sauvageonne, cette peau de blonde cuite au soleil, illumine l’aspect rocailleux du chêne qui fait son lit. Elle éclaire de sa présence improbable un jardin où ne poussent que des mauvaises herbes.
Dans son monde en feu, les brumes sentent les épines des roses fanées et les aiguilles craquantes des sapins. La sécheresse fige les plantes comme le gel en hiver, dans leur coque de poussière. Et lorsqu’elle marche avec son châle immense, sa traine désagrège le paysage – Elle amène le désert.
A la voir respirer sans contrainte, son souffle léger berçant les papillons d’un printemps immuable, on pourrait croire qu’elle est la fraicheur dans sa robe claire, de ses pieds nus à ses paupières baissées, de sa main ouverte à son enfance si fragile. On pourrait penser qu’elle se repose, heureuse, dans la tiédeur d’un jour de vacances.
Avec elle avancent les flammes, cachées sous un lit de broussailles, au cœur d’un monde en dérive.







J’aime réagir à tes textes par des mots. Mais celui ci accompagné d’une de tes photos… Je ne sais pas… J’ai juste envie de pleurer. De me rouler en boule. Et de serrer un Doudou en lambeaux.