Je passe mon tour
#LousiaJe suis là, et pas là, dans cet amas de présences qui s’entassent et glissent les unes sur les autres. L’ailleurs me guette, du coin du regard – Je voudrais qu’il me tende la main et m’embarque mais je n’ai jamais été très douée pour qu’on m’enlève à son bord. Pudeur et lâcheté, joli mélange léger, sans sel et sans saveur.
Je voudrais être cette pluie ininterrompue qui plombe le ciel de Brest, qui fait glisser les marins ivres sur les ponts des navires en acier – Désagréable, insidieuse, mais impossible à oublier. Je voudrais faire partie du paysage, comme les poissons rouges qui tournent avec constance et le lait qui déborde toujours sans avertir. Une habitude, une présence rassurante.
La routine © – Brest, Décembre 2009
Je passe mon tour avec ma voix enrouée, ma roue voilée, à force de tourner en rond.








janvier 4th, 2010 à 20 h 58 min
Mais tu es un repère dans la brume, invisible mais utile, tel un banc de brouillard quand on souhaite s’assoir
merci
janvier 5th, 2010 à 2 h 24 min
J’espère bien qu’elle ne passe pas vraiment son tour…
janvier 6th, 2010 à 12 h 33 min
« Pudeur et lâcheté, joli mélange léger, sans sel et sans saveur. »
Ouf, ce texte est bien une œuvre de fiction !