[**] Emerging Organisms .3 [Tympanik]
#SeleniteJ’ai découvert mon attirance pour l’IDM (comprenez : Intelligent Dance Music – je ne vois pas ce qu’elle a de dansant, ni d’intelligent d’ailleurs, dans la mesure où il s’agit plus d’émotion que de réflexion) il y a quelques années, grâce à un prêt totalement intéressé (un autre adepte du prosélytisme musical – tremblez, nous sommes légions) de l’album drukqs d’Aphex Twin. Depuis, je n’y étais jamais vraiment retourné.
C’est le label Tympanik, et son lot d’artistes tous plus timbrés les uns que les autres, qui est venu frapper à ma porte. Autant de noms qui chez moi évoquent une musique cérébrale, ambiante et nerveuse à la fois, colorée, travaillée, de la première seconde à la toute dernière minute. Access to Araska et Aphorism, leurs rythmiques sèches et leurs mélodies aériennes, Keef Baker également, plus tribal mais tout aussi éthéré, sont présents sur Emerging Organisms, troisième du nom. Mon avis sur le second volet avait été positif, mais peut-être trop hétéroclite à mon goût.
Cet essai-là passe clairement la vitesse supérieure.
Emerging Organisms vol.3 est construit, comme pourrait l’être un album. Cohérent dans ses choix, et excitant dans les invités de marque qu’il comprend : le noir et étrangissime Empusae (l’une des deux moitiés de Tzolk’in), le mélancolique Detritus, l’évanescent Tapage, entre autres Candle Nine, Millipede ou Raoul Sinier, qui ne vous évoqueront probablement rien.
Qu’importe, c’est justement la raison d’être de cette compilation de titres.
Lancer Emerging Organisms vol.3, c’est ouvrir une porte qui, à première vue, ne donne que sur une étendue vide et vertigineuse. Libre à vous de la franchir ou non. Il y fait froid, c’est un fait. La lumière côtoie l’obscurité, si bien qu’on ne sait finalement plus trop où l’on se trouve.
Plusieurs kilomètres au dessus du sol, c’est certain.
Plusieurs kilomètres au dessus des têtes, en tout cas.
Qu’ai-je à y redire ? Peut-être une volonté, bien que discrète, de parfois vouloir imiter des sonorités organiques – violons, guitares, et même orchestres entiers – à l’aide de synthétiseurs. Cela saute aux oreilles. Et l’intérêt de la musique électronique devrait, à mon sens, résider dans l’exploration de nouvelles sonorités.
Oh, c’est bien peu de choses. Quelques minutes qui, finalement, ont leur place. Quelques surprises aussi, des influences qu’on ne s’attendait pas à trouver dans ce genre de musique. Des rythmes plus variés que sur le précédent opus, également.
Dernier point qui vous paraîtra peut-être futile mais qui contribue à cet aspect brillant, étrange et déstructuré de la compilation : les titres. Coal Cage et Hard Boiled Wonderland côtoient des dénominations aussi vagues que 071123, Rand VA, Sig/Int ou Untitled 10, entre deux phrases plus évocatrices, de Jelly Battleship à I Only Miss You When You Are Here (je vous laisse méditer à celui-ci), en passant par un sublime We Eat The Sun, dont les notes oscillent entre électronique industrielle et doom metal vibrant de bien belle facture, aussi inopiné qu’efficace.
Vous n’êtes pas coutumiers du genre ? Je vous suggère une écoute plus approfondie. Chaque minute a son lot de découvertes et de détails.
Et si vous n’y trouvez pas au moins une mélodie qui vous remue les tripes, je mange mes moufles.
Vous pouvez acheter Emerging Organisms vol.3 sur le site de Tympanik. Allez-y, ils sont sympa !
Ah, un dernier message pour les amoureux de science-fiction : jetez-vous dessus.
Tags: Chroniques, Musique








