Vagabond des autres
#Lousia« Ecoute ça. » Je suis assise là, par terre, à la hauteur de mes yeux qui baignent dans la poussière. J’ai les os qui grincent comme une grue miniature sous les foudres d’un Eole piqué au vif. « Ecoute ça » – J’ai mis mes écouteurs machinalement pour abreuver mes tympans.
Un mirage. Le rythme simpliste s’infiltre comme du sable et j’en bouffe à tous les étages – Particules minuscules qui soudain grippent la machine et m’empêcher d’aligner une idée, un mot, un, qu’est-ce que je voulais dire, déjà ?
On m’a refilé de la musique de supermarché, ou de discothèque provinciale bon marché. On m’a refilé de la came dégueulasse, coupée aux billes de verre, et je me vois très bien, avec des moon boots mi-blanches mi-boue à me trémousser dans la file de caddies, trop bien, avec des lunettes de soleil mouche et la bouche en cul de poule à poser pour un annuaire de soirées chaudes lycéennes.

Ree cosplay by ~tsukkomimi-mode
C’est mauvais. Ça a le goût du vernis immonde que l’on met sur ses ongles pour ne pas les manger, parce qu’on manque de volonté et que la vie est difficile quand on a le caractère de son menton fuyant. Ça tonne sous un mauvais rythme avec avalanche de basses mal réglées qui coupent le son et irradient jusqu’à anéantir toute conscience de soi. En l’espace de 2 minutes, je me suis retrouvé devant le rayon Gemey Marcelline d’un hyper de la Creuse. J’ai mal à l’égo, bon dieu ! J’ai mal.
Alors je retourne à mes valeurs sûres comme une banquière trouillarde et je voudrais bien qu’on me recommande d’acheter dans la pierre, là, tout de suite… A moins que je ne veuille plus du tout de conseil – Ah oui, c’est mieux ça, laissez-moi crever les yeux dans le vide, et dans le silence, le silence – L’absence de bruit, l’absence de cette nécessité de combler le vide qui vous rend hystériques et vous fait lever les bras en l’air à toute vanne stupide ressortie pour l’occasion en hennissant comme des dindons transgéniques dopés à l’absence de dignité humaine.
Et baissez les bras d’ailleurs, ça sent mauvais. Ça sent la javel des sédentaires karcherisés vautrés dans la consensualité d’un éléphant bleu de banlieue tranquille.

Misa and Light: DN cosplay by ~dontcallmenymphadora
Passe moi le sel, je te prie. Tu en rachètera, dis ? Ce qu’il y a comme limaces dans le jardin cette année, c’est fou. Oh regarde, c’est drôle, c’est la première fois qu’elle se met en position debout la petite limace… Tiens, elle n’est plus rougeâtre mais noirâtre. Tu es sûr qu’il ne reste plus de sel ? Il y a sa petite sœur à côté, je ne voudrais pas séparer les familles.
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