nov 06

[**] Katatonia – Night Is The New Day

#Selenite

Katatonia - Night is the New DayCatatonie, n.f : syndrome schizophrénique se manifestant par la catalepsie et un repli complet de l’individu. Les signes suivants y sont généralement associés : négativisme, passivité, perte de l’initiative motrice.

Pour ce qui est de la perte d’initiative motrice et la passivité, on repassera. Parce que si les sentiments véhiculés par Jonas Renske et sa bande sont loin d’être positifs, la musique, elle, est en perpétuel mouvement.

Mais je brûle les étapes.

C’est le premier album de Katatonia auquel j’accroche. Le premier que j’ai réellement pris la peine d’écouter. En voilà une bien belle transition pour vous inciter à toujours revenir sur vos premières impressions. Je m’égare encore.

Night Is the New Day démarre sur un hurlement. Au sens figuré, j’entends – le genre de hurlement intérieur qui fait vibrer la moindre cellule, la moindre métatarse, la moindre veine. Montez le son. Suffisamment pour entendre tout le travail réalisé sur la production et le jeu de batterie (mais voilà que je me repasse les vingt premières secondes en boucle). De contrepieds en textures sourdes et épaisses, nous voilà en moins d’une minute plongés dans ce tourbillon d’émotions refoulées et contradictoires qu’est l’univers de Katatonia.

Il est vrai : je ne conçois pas la musique sans intensité. Sonore d’une part, émotionnelle de l’autre ; il est d’autant plus difficile d’exprimer de la subtilité dans ce genre musical. Pari gagné pour Katatonia, qui n’est pas étranger à cet exercice. Même dans des élans de quasi-brutalité, ils parviennent à insuffler une urgence permanente à leur musique. Difficile de reprendre son souffle – qu’importe, continuons.

Difficile de mettre à jour une baisse de régime dans cet équilibre précaire. Ou plutôt, si, j’en trouve. Des tas. Mais à chaque fois que je pense savoir quelle chanson j’aime le moins, elle me présente un profil que je n’avais pas perçu jusque là. J’aime les facettes. Même la lente et sombre Inheritance, que j’avais relégué au rang de quasi-interlude, m’a montré un visage des plus étonnants au fil des écoutes.

Et je vous met au défi, vous qui aimez déjà, de ne pas avoir envie de revenir au début de l’album après avoir pris de plein fouet la sublime Departer qui joue à merveille son rôle de conclusion. Ne serait-ce que pour sentir à nouveau la nuit glaciale de Nephilim couler entre vos deux oreilles.

A mettre entre toutes les mains, des métal-sceptiques aux amateurs de sensations. Car si beaucoup posent la guitare saturée comme moyen d’en mettre plein les esgourdes, Katatonia, à l’instar de beaucoup de ses collègues – mais j’y reviendrai dans une chronique ultérieure – utilise le genre pour donner corps aux émotions. Et ça, c’est beau.

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Parlez donc !

  1. Lousia dit :

    Quand une chanson me fait soudain dresser l’oreille, c’est que ça en vaut la peine – En fait, c’est plutôt rare.
    Katatonia est un groupe qui s’écoute, et qui ne fait pas que « s’entendre » – Rien que ça vaut le détour. Je n’ai pas encore écouté tout l’album mais pour une fois, ça me fait envie.
    (Et puis maintenant que j’ai Deezer Premium, hein…)

    Et puis il y a du violon.

    Ah je me souviens du moment où j’ai dressé l’oreille : C’est parce que j’ai eu un frisson.
    Et ça, ça ne m’était pas arrivé en musique depuis, pfiou, des siècles.

  2. la Fille du rock dit :

    Un bon Katatonia donc (on reconnait bien leur son quand même)

  3. feufol dit :

    Je découvre l’album en ce moment même.
    L’album est « évident » en première écoute ce qui prouve que c’est le bon moment.
    Je crois que j’ai trouvé la bande-son parfaite pour rédiger un bordereau d’inscription d’hypothèque :) (oui j’ai des perversions notoires).

  4. Gëist dit :

    @Lousia \o/

    @la Fille du rock > La première fois que j’ai entendu Katatonia, je trouvais qu’ils n’avaient pas de « son bien à eux », que ça restait metal, assez convenu. Il faut croire qu’une seconde écoute était nécessaire.

    @Feufol > C’est drôle, je ne le trouve pas si « évident ». Mais peut-être que j’étais allé chercher trop loin dans l’étrange ces temps-ci. (Ram-Zet, par exemple)
    (Tes petites déviances m’inquiètent.)

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