MyMajorCompany se lancerait dans l’édition ?

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Oui parce que vous le saviez ? Il en va de la littérature comme de la musique : il y a ceux qui sont en tête de gondole, et il y a les autres. Vous savez, ceux qui n’ont pas la mention « coup de cœur Fnac », et qui disparaissent dans les rayonnages au milieu de dizaines d’autres pavés dont vous n’avez, de toutes façons, pas le courage de lire le résumé en quatrième de couverture.

MyMajorCompany l’avait bien compris : c’est le public qui fait la réussite. On propose donc au public mou ce qu’il a envie d’entendre. Alors comme la carte de visite « Grégoire » n’a pas suffi à lancer la machine, on se dit qu’on va faire pareil avec les livres.

« La société va lancer My Major Company Books avec l’éditeur Bernard Fixot (XO Editions). » peut on lire dans la newsletter du magazine challenge.

Le principe MMC, tel que je l’imagine appliqué à la littérature ? On propose aux internautes des extraits de livres, romans ou nouvelles. Combien de lignes ? Un chapitre ? Qui lit un chapitre sur Internet ? Mais admettons. L’internaute aime, il mise une somme de son choix sur l’auteur. Quand l’auteur a atteint une somme jugée suffisante, fixée par MyMajorCompany, on mobilise le réseau pour le faire publier, et l’internaute touche un pourcentage (déterminé selon sa mise) des ventes. Efficace (puisque c’est le public qui l’a plébiscité, on a peu de chances de se tromper), peu coûteux (non seulement on met en jeu l’argent des internautes, mais en plus on gratte une petite marge au passage).

Qui est plébiscité par le public ? Tout auteur dont on peut dire qu’il divertit le neurone sans trop le solliciter. Je ne citerai personne, allez-donc dans n’importe quel supermarché, vous verrez ce que les distributeurs et libraires sont obligés de vendre pour être « dans le coup ».

Facilité, toujours plus de facilité. Et des rayons envahis de vampires qui brillent au soleil, d’histoires à l’eau de rose prévisibles et de soi-disant réflexions existentielles dignes d’un gamin de 15 ans. (Trois auteurs bien connus se sont cachés derrière ces accusations, saurez-vous les retrouver ?)

Laisser le public décider du prochain succès, qu’il soit musical ou littéraire, c’est ouvrir la porte à la médiocrité fédératrice la plus crasse. Qu’on se le dise. Sus aux concepts marketing douteux, qui laissent croire au commun des mortels qu’on mesure la qualité d’un bien culturel à son succès.

Source, et plus d’infos : neteco.com

Moeity

43 reponses a “MyMajorCompany se lancerait dans l’édition ?”

  1. Silphi dit :

    Meyer, Mussot, Cuelho ? o/

    Et sinon, je crois que se battre contre le nivellement par le bas, c’est se battre contre des moulins.

  2. Joelle dit :

    ouvrir une porte ne préjuge pas toujours de qui on va laisser entrer.
    Et le public que tu méprises tant n’aime pas QUE des choses mauvaises.

  3. Moom dit :

    Meyer, Lévy, Gavalda ?

    On pourra bien m’accuser d’élitisme (ce dont je me défends en temps normal) ; mais le public a vraiment des goûts de merde.

  4. Gëist dit :

    @Joelle > Je ne parle pas du détail, je parle de la masse. La masse qui lit en vacances, sur la plage, pour passer un bon moment mais surtout pas pour se prendre la tête. Evidemment que certains aiment lire, pour de vrai, et heureusement. Et pour autant que je sache, Grégoire n’était pas ce qu’on peut appeler un artiste novateur. Tout au plus un artiste tout court. Je ne présage pas, je ne fais que craindre.

    « Nivellement par le bas », c’est bien ça.

  5. Lousia dit :

    Avant, j’aurais hurlé.
    Aujourd’hui j’ai mal au crâne, ça ne doit pas aider.
    Mais j’ai juste envie de laisser dans leur crasse, si c’est ce qu’ils veulent.
    On ne sauve pas les gens qui veulent se jeter réellement sous un train, alors pourquoi vouloir aider les gens à être curieux d’autre chose, hein.
    Pourquoi.
    C’est vrai ça.
    Qu’ils crèvent.

  6. Silphi dit :

    A mon avis, ce qui ressort ici est plus lié au paradigme auquel on adhère.

    A mon avis, notre ami lunaire, tend juste à dire qu’il n’a aucune confiance en la masse et je suis tenté de pencher dans son sens. Quant à toi Joëlle, ta foi en l’humain m’a toujours époustouflé ^^

  7. sharky dit :

    Je suis d’accord. Et je suis d’accord.
    Le public n’aime pas QUE de mauvaises choses. Heureusement. C’est bien pour ça qu’on voit des artistes, quel que soit leur domaine, qui combinent reconnaissance critique et populaire, si ce terme n’est pas trop galvaudé.
    Mais il y a AUSSI un vrai nivellement par le bas quand on demande à la « majorité » de s’exprimer.
    Il ne faut pas rêver, ni dans un sens ni dans l’autre. Nos goûts respectifs, quels qu’ils soient, ne seront jamais partagés par tout le monde (et sans doute pas très peu de monde pour peu qu’on ait un minimum d’ambition intellectuelle, et les moyens (financiers, éducation…) de l’assumer). Et dans l’autre sens, attendre du « public » en général qu’il mette en avant des choses intéressantes est un pari quelque peu idéaliste pour 99% des cas je pense. Pas forcément par la faute du public d’ailleurs, mais par celle de son abrutissement permanent par le marketing. Parce que oui, les gens se font abrutir, et oui, il n’y a qu’une minorité qui a suffisamment de moyens de prendre du recul pour s’en rendre compte. Et aussi parce que c’est humain de céder à la facilité du roman de plage à la Marc Levy plutôt que d’aller feuilleter le dernier Emmanuel Carrère (qui pourtant est loin d’être aussi difficile à aborder qu’il est intéressant, mais là c’était juste pr dire que j’ai adoré « D’autres vies que les miennes » en fait^^)

  8. Lousia dit :

    Hey mais les cocos.
    Vous êtes gentils.
    Mais on ne parle pas des gens qui aiment les trucs faciles (trop ?) ou les trucs un peu plus pointu.
    On parle de MY MAJOR COMPAGNY.
    Un système d’investissement dans la culture pour particuliers.
    Et le particulier, qu’est-ce qu’il fait pour gagner de l’argent ?
    Il investi dans du bankable.
    Dans de la soupe.
    Dans de la musique pour supermarché qui sera géniale pour Madame Michu parce que ça lui donne la pêche quand elle fait le ménage.
    Ouvrez les yeux bon dieu.
    La masse, c’est bien, il en est sorti de bonnes choses – parfois – mais ce n’est pas le problème…
    Le problème c’est la rentabilité.
    C’est tout.
    C’est con.
    C’est tellement simple.

  9. Lo dit :

    Je sais pas si pour les livres le bankable est ce qui a fait le plus de succès, mais bon, ca reste une alternative a voir ce qui en sortira, et puis on sera toujours libre de ne pas acheter, et contrairement à la musique qui peut s’imposer on sera jamais forcés a lire !

  10. Joelle dit :

    Lousia: je ne sais pas si tu es au courant mais Dumas (pour citer un exemple que je connais bien) et beaucoup d’écrivains de son époque fonctionnaient quasi exactement selon le même systèm.
    Ils étaient édités par leurs potes et/ou grace à des souscriptions et publiaient avant tout ce qui se vendait.
    C’est pas pour autant que c’était de la merde hein.

    Le concept de rentabilité de l’art d’une façon générale c’est presque aussi vieux que le monde.
    C’est depuis la nuit des temps que les milieux artistiques et littéraires quels qu’ils soient produisent 99% de merde pour 1% de trucs intéressants.
    Suffit de parcourir les rayonnage de n’importe quel bouquiniste pour s’en convaincre.
    Ce n’est pas un « nivellement par le bas » ça a toujours existé (enfin à mon avis)

  11. sharky dit :

    On se calme, jeune demoiselle.
    TOUT est drivé par la rentabilité aujourd’hui. C’est pas une surprise je veux dire. Bien sûr que tu peux te dire que MyMajorCompany c’est horrible. Ca ne changera rien au fait que ça existe et que c’est effectivement sûrement quelque chose que le marché attend. Et le marché est tout puissant. Et donc SI, justement, le problème c’est les gens qui aiment les trucs faciles. Parce que le seul moyen d’en « sauver » une partie est justement de leur expliquer pourquoi c’est « facile » et pourquoi aller vers autre chose serait mieux.
    Tu ne peux PAS lutter contre des initiatives du type MMC. En revanche tu peux essayer de prêcher la bonne parole.
    Après, sur ça aussi, tu peux exprimer des doutes et dire que ça sert à rien (coucou Silphi ^^), c’est un choix que tu fais. Mais pester contre l’initiative en elle-même est simplement… inutile.

  12. Lousia dit :

    Je ne vais pas jouer à qui a le meilleur argument avec toi ; Je comprends ton point de vue, Joëlle.
    Mais je ne le partage pas.
    Parce qu’on reste dans la théorie et dans l’exception, et que la globalité de la chose ne m’inspire pas confiance.
    Autre chose. Je refuse le fait que les professionnels d’un secteur puissent être considérés tellement inutiles qu’on puisse s’en passer…
    En même temps j’ai toujours été plus dictateur que démocratie, ce n’est pas un secret.

    Matthieu, on en a déjà discuté sur d’autres sujets, et là non plus, je ne suis pas convaincue.
    Quant à l’utilité, ou pas, de mon point de vue, heureusement, je suis encore la seule à pouvoir en décider…

    Après, nous verrons dans quoi, 15-20 ans, quand j’aurais votre âge.

  13. sharky dit :

    Qui est ce matthieu dont tu parles? ^^

    Je ne remettais pas en cause ton droit à te mobiliser contre qqch. Je donnais simplement un avis.

  14. Gëist dit :

    @Joelle > Le monde n’est juste pas le même aujourd’hui. Le marketing est apparu dans les années 50 avec la libération, en France, vingt ans plus tôt aux USA, on ne peut pas dire que ce soit vieux. Dès lors, on a ajouté la dimension « faire en sorte que le public apprécie en lui donnant ce qu’il veut » à l’Art. C’est pousser la course à la rentabilité bien plus loin, et ça fausse totalement la démarche créative.

    Pour en revenir au sujet, je peux avoir confiance en une maison d’édition un minimum intègre pour publier des romans pas forcément faciles, mais qui, de par leurs critiques, auront tout de même un impact sur le public – suffisamment pour rentabiliser la sortie.
    Mais on oublie une chose : c’est que ces maisons d’éditions ont l’embarras du choix tant elles reçoivent de manuscrits. L’internaute, via MyMajorCompany, n’aura le choix qu’entre une dizaine d’artistes déjà choisis par Goldman et sa clique. C’est là que le processus est totalement biaisé. Eux ne vont pas s’embarrasser de créations originales, ils choisiront un écrit de chaque style, histoire de toucher au moins un internaute dans le tas. Ceux qui auront des goûts plus pointus passeront leur chemin. Les autres miseront.

  15. michel v dit :

    Les professionnels du secteur sont les seuls à blâmer.

    Eux, et la Société Secrète des Gens de Bon Goût, qui est incapable de se sortir les doigts du cul pour financer ces auteurs inconnus aux écrits extraordinaires, tellement ses membres sont occupés à critiquer le bon goût de chacun.

    (Quant aux goûts plus pointus, ce serait se leurrer que de penser qu’ils ne rentrent pas eux mêmes dans une case marketing définie.)

  16. Gëist dit :

    « Quant aux goûts plus pointus, ce serait se leurrer que de penser qu’ils ne rentrent pas eux mêmes dans une case marketing définie. » Et sinon, ça ne te fait pas gerber que le monde trouve normal de raisonner « marketing » ?

    Ah, et aussi, la Société Secrète des Gens de Bon Goût s’active à montrer des choses, le reste du temps, des choses dont le commun des mortels n’a rien à branler. On se demande pourquoi elle persiste, d’ailleurs.

  17. Joelle dit :

    ça me fatigue cet élitisme bien pensant.

  18. Gëist dit :

    @Joelle > Chacun son seuil de tolérance. Le mien est très largement atteint quand je bouffe du Guetta dans les supermarchés ou quand je vois qu’un auteur comme Werber est mille fois plus connu qu’un mec comme Laurent Genefort ou Alain Damasio.

  19. michel v dit :

    Forcément, si tu vas dans des supérettes de beaufs, t’as de la musique de beaufs.

    Chez nous à Clichy, la supérette du coin passe du Brigitte Fontaine, c’est très bath !

  20. Gachoue dit :

    Argh, j’ai peur… Pas que je trouve le système nul, au contraire, quand j’ai entendu parlé de MMC la première fois j’ai trouvé le concept original, prometteur même. Et puis j’ai eu une grosse déception quand est sortit le titre de Gregoire. J’ai pensé « bouh… C’est quoi ce caca?! ». Et je me suis résignée à penser que le bon goût n’est jamais tendance. Why not… Mais après pour les livres, vu comme y’a tellement de merde (pardon) – sous des prétextes commerciaux douteux – qui sont éditées alors que de vrais écrivains rament, ça sucks. Et ça fait peur. J’essaye de visualiser. Grégoire version livre…. Hum…. Non decidement ça me fait trop mal au crâne.

  21. michel v dit :

    Gachoue : ce qu’on ne remarque pas, ou qu’on veut ignorer en rêvant d’un hypothétique monde de l’édition où les « vrais » écrivains sont trop bons pour être édités, c’est qu’il y a aussi énormément de bouquins de mauvais écrivains qui ne sont pas publiés, tous les jours.
    Pour 1 écrivain potable qui n’est pas édité par Galliflammeuil, il y en a 1000 imbuvables qui sont renvoyés à leur ouvrage.

    Après, on peut affecter la posture de l’intelligent au milieu de la foule ignarde, c’est confortable !, et on trouvera toujours de la compagnie pour geindre ; mais c’est d’un absolutisme tout aussi ignorant (et légèrement puant, à mon avis), et c’est s’exposer aux revirements des normes du bon goût.

    Un écrivain que vous aimez un jour, le détesterez-vous le lendemain parce que l’intelligentsia a décidé que ses écrits étaient nuls ? Mishima par exemple a été adulé par le passé, aujourd’hui on critique le fascisme que son œuvre revendique. L’auriez-vous adulé, puis détesté aussi, pour vous conformer aux normes du bon goût ?

    Alors oui, on peut se plaindre que tels écrivains obscurs ne soient pas plus reconnus, que tels groupes ne passent pas plus souvent à la radio. Mais le faire en prônant sa propre supériorité sur la foule ignorante, ce n’est vraiment pas la bonne attitude pour donner envie de lire et écouter ces artistes maudits.

  22. Gëist dit :

    @Michel > Il n’y a pas de « normes du bon goûts », tout au plus des modes, une façon d’écrire / de jouer / de produire qui est le reflet de son temps. En écoutant du classique, on remarque tous les gimmicks et modèles utilisés par quasiment tous les musiciens de l’époque. C’est pareil aujourd’hui.

    L’intelligentsia n’existe pas non plus. Personne ne s’est donné le mot pour apprécier ou non tel artiste / auteur. Quand j’ai commencé à fouiller plus avant dans la musique, j’avais mes propres critères. Je ne lisais pas de chroniques, je n’ai fait qu’écouter, ce qu’on m’a envoyé, ce qu’on m’a conseillé, et parmi tout ça il y a ce que j’ai aimé et ce que j’ai mis de côté.

    Résultat ? Il se trouve qu’effectivement, j’ai 75% de goûts communs avec la plupart des chroniqueurs musicaux. Non pas parce qu’ils m’ont dit que « ça c’est bien, aime le », mais parce qu’il y a un critère objectif universel : l’originalité, l’envie de bien faire, et le travail.

    Or l’originalité a son revers de la médaille : elle met du temps à être acceptée par le public. Il lui faut des éléments familiers pour intégrer l’ensemble. Le vice ultime dans tout ça, c’est de se contenter de gimmicks familiers, et d’être ainsi sûr de réussir son coup et de faire mouche. Qu’importe si le public se lasse, tant qu’il achète le livre ? On lancera un autre auteur dans trois mois. Toujours avec les mêmes grosses ficelles. Et le bénéfice du doute fera le reste – parce qu’on ne prend pas en compte la maison d’édition quand on est lecteur « casual ». On prend en compte l’auteur.

  23. Joelle dit :

    oui sauf que ce sont les grosses ficelles qui financent les plus petites, que le monde de l’édition auquel tu sembles « faire confiance » pour découvrir des pépites et de nouveaux auteurs de qualité est encore plus vérolé que celui du disque.

    Quant à l’intelligentia du bon goût, bien sûr qu’elle existe. Et comme toute caste elle a ses modes.
    Prenons un exemple que tu as cité : celui de Bernard Werber.
    Quand il a sorti ses premiers bouquins tout le monde trouvait ça original, novateur et très très bien.

    Il fallait avoir lu son werber pour pouvoir en parler en société et briller dans les soirées mondaines.

    Aujourd’hui qu’on s’est rendu compte qu’il écrit tout ses bouquins selon le même schéma (ce qu’il reconnait lui même puisque je l’ai entendu le dire lors d’une rencontre avec des lecteurs organisée par brm) tout le monde trouve ça à chier.

    Pareil pour Gavalda.

    Ce que tu conspues aujourd’hui ne l’a pas toujours été.
    Preuve aussi que l’originalité n’est pas critère de qualité si elle ne tient pas dans la durée.
    Ce n’est d’ailleurs de mon point de vue pas un critère essentiel de la qualité d’une oeuvre.
    Il n’est pas besoin de faire quelque chose d’original pour faire quelque chose de bien ou qui mérite la reconnaissance.
    Sinon tous les artistes pourraient de suite ranger leur art au placard vu que comme tu me l’as toi même fait remarquer au sujet de la photo « tout a déjà été fait ».
    C’est plus question de ressenti de chacun face à l’oeuvre.
    Et je suis aussi de ces gens qui pensent que plaire au plus grand nombre est aussi un art difficile.
    Si c’était si fastoche on serait tous des vedettes et on n’aurait pas besoin de MMC pour le devenir.

  24. Gëist dit :

    Joelle, être original, c’est l’être aussi par rapport à soi, et savoir se réinventer, sans tourner en rond.

    Quand je parlais de la photo en disant que tout avait été fait, tu parlais de « se photographier seul au milieu d’une grande étendue vide » ; oui, dit comme ça, sur le papier, ça a été fait. C’est ça que je soulignais, et pas le fait qu’il est désormais impossible d’innover d’une manière ou d’une autre.

    Il y a des ressentis « faciles ». Evoquer la tristesse ou la joie, rien de plus simple. Ce sont des sentiments que tout le monde connaît. En revanche, dès qu’il s’agit de rentrer dans le détail des émotions et de susciter des nuances, là ça devient beaucoup plus compliqué.

    Quant au fait de plaire au plus grand nombre… quand on commence à créer, on copie inévitablement les autres. Puis on fait émerger sa propre personnalité dans l’œuvre. Ceux qui plaisent au grand nombre, pour moi, sont ceux qui se sont arrêtés à la première étape.

  25. michel v dit :

    Ils se sont arrêtés à ce qui « marche » et remplit leur assiette. Ce faisant, ils laissent la voie à d’autres approches originales, que les lecteurs pourront leur préférer quand ils s’en lasseront.
    Et comme dit Joëlle, c’est parce que Werber vend du bouquin à la tonne que nombre d’auteurs inconnus sont édités.
    Je ne vois pas le problème.

    En fait tout ça me rappelle l’adolescence et ces groupes qu’on aime, puis qu’on aime détester parce que soudain on n’est plus les seuls à les aimer.

  26. Gëist dit :

    @Michel, un point, il faut bien commencer quelque part. Cela dit, le genre « j’aime pas c’est devenu commercial » ça n’a jamais été mon truc. Mais on évolue, on devient plus mature, et on apprend à aimer aussi des choses plus recherchées. Sauf si on ne s’intéresse pas du tout à la culture, ce qui est le cas de beaucoup de monde.

  27. Audrey A dit :

    J’aime bien tous ces coups de pieds dans la fourmillière même si on se sera jamais tous d’accord… Concernant le topic de départ, effectivement, j’aurais tendance à penser que laisser au Public (donc une masse grouillante qui, on le sait, ne fonctionne pas vraiment sur le principe de multiplication des intelligences mais plutot par sa division, principe du groupe vs l’individu) la main sur le choix des écrivains édités produira des sorties de livres « populaires » à la Musso, Levy et Gavalda.
    Je ne remet pas en cause ces auteurs, s’ils vendent autant de livres c’est qu’il y a un public pour eux et je préfèrerai toujours qqn qui lit, même ces auteurs, à qqn qui ne lit pas.
    Mais il faut se rendre à l’évidence, et ca n’est pas une question d’élitisme, il y a plusieurs niveaux de lectures, de lecteurs et donc d’écrivains. Ce qui fonctionne chez ces auteurs populaires, à savoir des structures hyper carrées, toujours identiques, des histoires simples, le tout servi par un style facile à lire ne peut pas contenter tout le monde.
    Je suis désolée de le dire mais les gens qui apprécient vraiment la littérature ne peuvent pas s’en contenter, ils vont avoir besoin de matière plus complexe, plus abrupte. C’est mon cas, je le revendique et ca n’est pas pour ça que je conchie les lecteurs de Guillaume, Marc et Anna.
    Ces personnes sont peut-être à la marge certes.
    Mais si les vaches à lait des maisons d’éditions permettent aux auteurs et aux littératures plus confidentielles d’être édités, il faut aussi reconnaitre qu’une littérature sans ces mêmes auteurs serait hyper pauvre.
    C’est une question d’équilibre, il en faut pour tous et je pense que le rôle de ces auteurs/lecteurs plus « exigeants » participent à une (tentative en tout cas) de nivellement par le haut.
    On a pas tous l’envie ni les capacités d’aborder direct un Boulgakov. Mais c’est pas pour ca qu’on ne peut pas essayer d’aller plus loin qu’un Musso, si tant est que la littérature nous intéresse.

  28. Joelle dit :

    Audrey merci :)

    @ Geist: Ce que visiblement personne n’a pigé dans mon point de vue c’est que je n’ai rien contre l’élitisme ou la passion dans un domaine, ou même la connaissance ou le fait d’être initié.
    Ce n’est pas une mauvaise chose tant que ça ne sert pas de prétexte à conchier tous les autres, ou même leurs gouts ou pour se placer au dessus.

    Les termes que tu emploies sont extrêmement violents et dévalorisants pour tous ceux qui ne partagent pas tes affinités élitistes.

    Moi j’aime la gastronomie mais je me vautre parfois avec délice dans le mac do. C’est EVIDEMMENT pas pareil et les deux ont leur utilité et leur raison d’être. Et je ne voudrais pas qu’aucun disparaisse pour des raisons évidemment différentes. Et si y a des gens qui n’aiment que la graille c’est EUX que ça regarde c’est aussi une question de choix.
    A partir du moment où justement il y a le choix qui sommes nous pour dire ce qui est « mieux »?
    Et justement ces auteurs à succès sont (en tout cas c’est mon avis) ce qui permet l’existence et l’étendue de ce choix aujourd’hui.
    Quand on voit le prix que coûte la culture, je pense que sa démocratisation (quel que soit le chemin qu’elle prend depuis la prolifération des auteurs de romans de l’été jusqu’aux corners librairie dans les supermarchés) sa démocratisation ne peut qu’être globalement une bonne chose qui la tire dans son ensemble vers le haut.
    Car plus les gens lisent et plus il y a de chances qu’ils lisent mieux et d’avantage.
    Et sur ce point je rejoins Audrey, je préfère quelqu’un qui lit, même de la merde à quelqu’un qui ne lit pas.

    Et je ne pense pas que les artistes qui plaisent au plus grand nombre soient tous des gens sans personnalité ou qui produisent une oeuvre qui n’a pas de cachet ou de personnalité.

  29. Gëist dit :

    @Audrey, je pense la même chose, et je le rapporte à la radio : il faut commencer quelque part. Mais ça ne suffit pas.

    @Joelle, il y a effectivement une chose que je commence à entrevoir, même en musique, c’est « ces auteurs à succès sont (en tout cas c’est mon avis) ce qui permet l’existence et l’étendue de ce choix aujourd’hui. » du fait de l’investissement des grandes maisons d’édition/de disque dans leurs succursales plus spécialisées.

    Pour ma défense, je côtoie assez régulièrement l’archétype même de la personne qui ne cherche pas à aller plus loin, et qui considère que c’est TOI le type bizarre qui s’intéresse à des trucs bizarres. Je suppose que je réagis à ma manière.

    En revanche il y a une chose que je ne comprend pas, c’est le « qui sommes nous pour dire ce qui est « mieux »? »… je suis quelqu’un qui en a vu, entendu, lu suffisamment pour savoir que sur certains critères déterminants, tel artiste se débrouille mieux, et tel autre se vautre. Je ne me lance pas dans la critique d’artistes, je connais mes limites culturelles. Mais dans les domaines que je connais, je sais dire qui mériterai plus de succès, et qui a été mis en avant parce qu’il est « bankable ».

    Et pour finir, je vais sûrement passer pour un connard fini, mais je n’ai aucune estime pour les gens qui ne montrent aucune curiosité (et pour la démocratisation, on repassera, un best-seller coûte entre 15 et 25€, alors que le reste dépasse rarement 10€).

    Donc oui, je peux me montrer blessant.

  30. Gëist dit :

    C’est qu’on arriverait presque à se mettre tous d’accord.

  31. Audrey A dit :

    @Geist: ah mais je n’ai jamais dit que ca suffisait. Justement je pense que les lecteurs « exigeants » (sitant est qu’il faille parler de typologies de lecteurs) ont un devoir de pousser les « autres » lecteurs, qui ne se seraient peut etre jamais posé la question sinon, en leur parlant et faisant connaître d’autres auteurs/livres.
    Après ça ne peut pas « marcher « avec tout le monde mais ca reste important, justement pour la démocratisation de la culture, que ça passe par ceux qui savent le mieux en parler…

  32. michel v dit :

    Audrey A : est-ce que quiconque ici a supposé qu’il fallait se limiter à Musso ?

    Simplement, qui ici n’a jamais lu un auteur moyen juste pour le plaisir de lire sans se fouler les neurones, à la plage ou dans le train ? Vais-je être lapidé à coup de premières pierres ?

    À vous lire on dirait que vous vous êtes défaits, péniblement, d’une carapace de médiocrité et que vous êtes de parfaits papillons maintenant, si loin de la terre et des mortels lambdas, d’ailleurs vous ne faites peut être plus caca, la digestion c’est si commun.
    C’est vraiment caricatural comme attitude.

  33. Audrey A dit :

    @Michel: Mollo sur le destroy mon jeune ami. Je n’ai rien contre les lecteurs de Musso, je dis juste que c’est dommage de ne pas avoir la curiosité d’explorer ce que la littérature offre d’autre.
    On est peut etre des élitistes a la con mais tu n’es pas vraiment dans la demi mesure a l’autre extreme, si je puis me permettre.
    (et mon transit intestinal n’a pas changé, merci de t’en inquiéter :) )

  34. Gëist dit :

    « les lecteurs « exigeants » (si tant est qu’il faille parler de typologies de lecteurs) ont un devoir de pousser les « autres » lecteurs, qui ne se seraient peut etre jamais posé la question sinon, en leur parlant et faisant connaître d’autres auteurs/livres. » –> D’où l’intérêt des blogs, et la raison d’être de celui-ci ^^

    @Michel, non, j’ai toujours dit qu’il valait mieux « instruire » ceux qui ne connaissent pas plutôt que les rejeter ; faire découvrir, ouvrir, inciter à persévérer… mais au bout d’un moment, quand on se prend mur sur mur à essayer de rendre les gens un minimum curieux sur ces choses qui nous passionnent, on en devient un poil aigri, je te le concède.

  35. sharky dit :

    Moi je lis en faisant caca sinon…

  36. Joelle dit :

    Ben c’est sur que si tu abordes les gens comme tu parles de MMC, tu m’étonnes qu’ils soient pas accueillants.

    Enfin je ne sais pas comment dire ça mais à te lire j’ai VRAIMENT l’impression que si on ne rejette pas en bloc tout ce que tu n’aimes pas c’est qu’on est vraiment des dégénérés au dernier degré, des gens sans goût et que si on n’a pas compris que tout ça DOIT être rejeté c’est qu’on ne fait pas d’effort ou qu’on n’est pas assez intelligent pour le comprendre. Qu’on fait partie d’une espèce de masse de gens limités et un peu cons.

    Du coup je pense que le partage ou la rencontre entre nos deux mondes n’est pas possible, je ne peux pas écouter quelqu’un qui ne me considère pas comme son égal.

    Enfin moi à te lire, je ne voudrais pas de toi comme conseiller de lectures ni d’écoutes musicales.
    C’est paradoxal mais tu ne donnes pas vraiment envie de découvrir ton monde ou tes centres d’intérets.
    En tout cas pour ce qui me concerne.
    J’aurais peur que ça me rende aigrie aussi je crois bien.

  37. michel v dit :

    Ah apparemment je viens de recevoir une première pierre. Aïeuh.

    Audrey A : je ne suis d’aucun extrême, je suis moi-même un lecteur « exigeant ».
    Mais je milite juste pour la liberté de lire ce qu’on veut, quand on veut, selon nos goûts, fussent-ils jugés mauvais par un groupe de personnes donné.

    Gëist : quand j’étais plus jeune, mettre 20 euros dans de la lecture que je finissais en une semaine, ça grévait mon budget ; quant aux bibliothèques publiques, elles étaient loin et disposaient soit de bouquins classiques (et qui me rappelaient trop l’académie) soit de bouquins spécialisés du genre la poterie maya au 8ème siècle. Vis ma vie en province, les bouquins « exigeants » sont rarement disponibles en librairie, on n’a pas tous accès à une Fnac, et je fais partie de ceux qui hésitent à acheter un livre d’un auteur inconnu s’ils ne peuvent feuilleter un brin, du coup commander n’est pas une solution.
    Voilà pour la démocratisation de la culture, mais si tu veux je t’invite à te documenter sur la pénétration de la culture selon les catégories socioprofessionnelles. Tu verrais à quel point ton manque d’estime pour les gens qui « ne sont pas curieux » est déplacé.

    Et si t’es heurté à des murs, je pense que c’est parce que tu t’y es mal pris.
    As-tu remarqué toi-même les murs que tu as pu ériger dans la gueule de ton prochain, d’ailleurs ? Sais-tu que quand tu dis à quelqu’un que le foot c’est nul, par exemple, ou que la carrosserie très peu pour toi, tu montres toi même un manque de curiosité pour cette chose qui le passionne ?

    Sur ce je vous laisse, je vais chanter l’Internationale, réviser pour essayer d’avoir plus de 50 à mon test de QI lol mdr, et vous laisser organiser un apéro élitistes où vous pourrez vous entre-critiquer parce que untel aime un groupe moins obscur que l’autre.

  38. Paul B. dit :

    Je suis assez d’accord avec michel v. Je ne lis pas énormément de bouquins, mais je reste assez exigeant avec ce que je lis. Mais j’évite en générale de l’être trop envers les autres.

    Je ne veux pas être méchant, mais je ne sais pas dans quel monde tu vis. J’ai pu rencontrer des personnes très intéressantes qui devaient pas dépasser la lecture d’un bouquin par an, qui plus est sûrement mauvais. J’ai même pour ainsi dire grandi dans ce milieu. Alors je fais quoi ? Je leur dis qu’ils sont des sous-merdes ? Ma mère ne va plus loin que du Marc Levy et en est même satisfaite, et alors ?

    Personnellement, ce sont les Mathématiques qui m’amusent. Si je devais ne pas estimer toutes les personnes qui ne perçoivent pas la beauté inhérente à certaines démonstrations, mon cercle de relations serait assez restreint !

  39. Lousia dit :

    Cher Joelle, cher Michel,
    De la part de gens comme vous deux – certes Joelle un peu moins, encore heureux – si prompts à vous faire une opinion toute faite sur les gens et dont le principal passe-temps est de vous poser en grands sages moralisateurs, l’argument selon lequel Gëist n’est selon vous qu’un sale extrêmiste a du mal à tenir…
    La discussion est souvent enrichissante avec des gens qui prennent le temps d’excuser notre caractère probablement vindicatif et de nous expliquer pourquoi ils pensent que nous avons tort – Et qui acceptent la possibilité que nous n’ayons pas, à la fin de la conversation, été convaincus…
    Et très honnêtement, je préfère tenter de leur ressembler, un jour, plutôt que de m’approcher de l’image que vous donnez.
    En toute subjectivité, bien sûr.

    Gëist rajoute que cette conversation animée lui a permis d’y piocher quelques arguments qui ont fait mouche, et vous remercie d’y avoir participé.
    Sans ironie aucune. (lui)

    Bon weekend o//

  40. Gachoue dit :

    Tiens ça me rappelle la première rencontre Internet avec le Lion. Une notes de blog
    sur le raccourcissement des flux rss et un « petit » désaccord de point de vue (ou d’interêt). Une franche courtoisie qui peut être mal interprétée, mais c’est le charme (je trouve). Belle
    conclusion que la tienne Lou (que je gâche lamentablement avec ce coms nostalgique inutile :D ).

    PS (oui qd même je vais faire la râleuse) : j’ai reçu aucune notification de coms :-( ça vous a epargné mes arguments douteux. Ma préfèrence va vers l’opinion résumée en un coms d’une phrase de Shark_y. Dans le ton. Au poil.

  41. michel v dit :

    C’est parce que j’ai évoqué le foot que tu te mets dans des états pareil ?
    Allez si tu veux je peux évoquer un passe temps plus noble. La pétanque par exemple.

    Tu te trompes quand tu dis que nous n’acceptons pas votre désaccord. Je dis pour ma part qu’il peut être exprimé en termes moins insultants envers les pauvres hères qui ont l’outrecuidance de ne pas ouïr correctement vos recommandations culturelles.
    Alors je suis moralisateur peut être, mais personnellement je préfère commencer par estimer les gens avant, plutôt que penser qu’ils doivent mériter mon estime ; et mon estime ne se perd pas pour la simple raison qu’on choisit de lire du Marc Levy à la plage, je peux continuer de penser que quelqu’un est un mec bien même s’il s’avère passer ses samedis soirs au stade et écouter du David Guetta dans sa caisse tunée. C’est difficile, certes, mais dire qu’on n’a aucune estime pour ces gens là c’est prendre la voie de la facilité.

    Et entendons-nous bien : je ne juge jamais les personnes, seulement les actes, les paroles et les écrits.

  42. Gëist dit :

    Je voudrais clore (ou rediriger) le débat là dessus : l’étude des goûts artistiques ou l’accès à la culture en fonction de la catégorie socio-professionnelle est un vaste, très vaste débat, fort intéressant au demeurant, mais assez éloigné du sujet de l’article : MyMajorCompany.

    J’exprime, avec ma colère latente il est vrai, un dégoût marqué pour les initiatives qui ne prennent en compte que le côté marketable de la création artistique, qu’elle soit musicale, ou en l’occurence, littéraire.

    IL EST VRAI qu’on n’habitue pas les gens à creuser plus avant après avoir acheté la bibliographie de Guillaume Musso. IL EST VRAI que ce n’est pas non plus leur faute, et je veux bien admettre que le milieu ou la situation financière/familiale n’incite pas à se tourner vers l’Art plutôt que vers l’alcool (je schématise).

    Mais ce modèle-là n’aidera jamais qui que ce soit, car il ne s’agit ni plus ni moins que d’une machine à succès commerciaux. Succès commerciaux qui – si j’en crois les commentaires – peuvent profiter à d’autres artistes moins connus ayant signé dans la même maison. En l’occurrence, ce schéma-là ne s’applique pas, à mon sens. J’espère que l’avenir de ce site me donnera tort, et qu’on verra poindre autre chose qu’un Grégoire sur nos ondes.

    Merci à tous pour vos remarques et argumentaires, je vais vaquer à mes activités quotidiennes de prosélytisme agressif en faveur des genres moins populaires.

  43. enfantgatee dit :

    Nan mais Marc lévy, ça se lit dans le lit (haha), pas à la plage!!
    Franchement, vous savez pas ce qui est bon… \o/

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