Expo Planète Parr : Y'a comme un astéroïde dans le pâté.
J’ai hésité à faire cet article mais en lisant ce matin l’article de Phototrend sur le sujet, je me suis dit qu’un bon débat des familles m’y ferait peut-être voir plus clair. Alors soit, chaussez vos lunettes de ski et n’oubliez pas de vous protéger les nerfs du soleil, c’est parti.
Il y a une dizaine de jours, Sharky nous a donc trainés voir l’exposition « Planète Parr » au Jeu de Paume, expo qui est d’ailleurs encore visible jusqu’au 27 septembre prochain.
© Martin Parr, Magnum Photos / Kamel Mennour
Par chance, c’était le dernier mardi du mois, et les moins de 26 ans comme moi étaient donc conviés gratuitement à cette grande sauterie photographique parisienne. Tant mieux, je préfère débourser pour des choses éminemment plus culturelles. Et esthétiques. Enfin, artistiques quoi.
Avant tout chose, replaçons-nous dans le contexte. Qui est Martin Parr, au fait ?
Caractérisée par la dérision et l’ironie, l’œuvre de Martin Parr rejoint le domaine de la photographie documentaire. Son travail apparaît comme l’un des témoins privilégiés de la société britannique ayant connu le gouvernement de Margareth Thatcher en Grande-Bretagne.
Il a travaillé sur de nombreux projets photographiques et a développé une renommée internationale grâce à son imagination innovante et son approche originale du documentaire.
Il a étudié la photographie à l’école Manchester Polytechnic, de 1970 à 1973.
Série de photographie sur la ville de Boring (États-Unis)
Série de photographie sur le tourisme. Il a montré le contraste entre l’attente et la réalité.
Série de photographie de lui-même, prises sur plusieurs années. Il montre la même attitude. Il veut montrer les différentes techniques utilisées par les petites boutiques de photographie pour se faire tirer le portrait.A partir de 1995, suite au changement d’appareil photo, ses clichés représentent des sujets en gros plan (série Common sense).
Série de photographie Think of England. Martin Parr montre l’ambiguïté de son rapport pour son pays, entre admiration et détestation.En 2004, il est commissaire des Rencontres internationales de la photographie d’Arles.
(Source : Wikipedia)
Il semblerait donc que le seul fait de mentionner « Agence Magnum » exerce sur les foules en mal de culture hype un puissant attrait – Un peu comme l’amour inconditionnel que portent les mouches au fameux ruban collant.
Très pratique, le ruban collant. Pas très joli, par contre.
L’exposition au Jeu de Paume présente donc, non pas le travail de Martin Parr, mais plutôt ses collections de photographies, livres et objets fétiches ; Une façon peut-être de montrer ses influences et son univers.
Intéressante collection photographique, tout d’abord. Il faut aimer, absolument, la photographie documentaire en noir et blanc – On retrouve ici beaucoup de paysages industriels, de portraits typiquement photo-journalistiques, une ambiance d’Angleterre dépressive des années 70 et 80 qui m’a soudainement rappelé mes vacances d’été dans le Yorkshire. Ambiance ambiance.
Mais aussi quelques petites merveilles, comme la série très inspirée de Asako Narahashi, baptisée « Half Asleep Half Awake in the Water » (Rien que le nom…) :
Mais les clichés encadrés se reflètent les uns les autres et se répondent très mal d’un bout à l’autre des pièces du rez-de-chaussée qui leur sont consacrées ; Trop de photos exposées se parasitent et s’oublient trop vite. Les noms s’envolent et il ne reste qu’une impression de fouillis, de friche, de quelque chose de mal défini – Comme un rendez-vous amoureux manqué. L’expo nous pose un lapin dès le début, et l’on finit par fuir, assailli d’images, ce lieu qui devient étouffant et rappelle Le Havre sous la pluie et les bals-musettes du 3ème âge.
Betty at the Port Glasgow Town Hall Xmas Party © Mark Neville
Publié dans « The Port of Glasgow Book Project », 2005.
L’escalier qui mène à l’étage sent malheureusement aussi le vieux, avec ses assiettes kitsch qui pendouillent au mur et qui complètent à merveille l’impression d’avoir à vider la maison d’un aïeul terrifiant et mal connu qui viendrait de passer l’arme à gauche.
Et c’est ensuite un festival d’objets totalement délirants qui rappelle les nombreuses après-midi à arpenter les chemins de terre des brocantes de province et à dénicher jouets cassés, bouts de plastiques avariées et autres représentation de Chucky. La touche Amérique victorieuse et Ben Laden en plus.
A ce stade la question que je me pose est : Martin Parr lave-t-il plus que blanc ?
Réponse : Non. Tout d’abord parce que les photos de Parr sont très saturées en couleurs, et ensuite, parce que le crade, il aime ça.
Deux salles sont consacrées ensuite aux tirages grand format du photographe ; Habile disposition qui fait que le spectateur, harassé de s’être farci tout les malheurs de la Grande-Bretagne de Thatcher et un remake grand guignol du 11 septembre, assiste médusé, et sans réaction, à un défilé de gens riches qui portent des bagouzes grosses comme des boules de pétanques et mangent comme des porcs, déguisés en petites allemandes traditionnelles biturées à la verveine-menthe.
© Martin Parr
Est-ce horrible ? Non. Est-ce drôle ? Non plus. Est-ce pertinent ? Si on est un syndicaliste dopé à Paris-Match, peut-être.
Le concept est pourtant intéressant : On sent l’envie de montrer les aberrations de notre monde totalement loufoque, voire franchement déchéant.Un documentaire du burlesque et du ridicule à travers un objectif qui s’échine à suivre les consuméristes forcenés que nous sommes. C’est satirique, dit-on.
Oui moi voilà : C’est terriblement facile. Si le travail de Martin Parr est évidemment à replacer dans son contexte, c’est-à-dire une quête de plus de 30 ans, il n’empêche qu’il tape avec bonheur sur les mêmes clichés-type de la société occidentale, un thème usé jusqu’à la corde. Le malheur est qu’il le fait avec un détachement intéressant, mais sans point de vue éthique ou esthétique qui pourrait transcender le spectateur – Ou, en tout cas, apporter une cohérence à l’ensemble qui ne soit pas lassante au bout de 10 clichés. Cadrages étranges, couleurs très vives, choix des angles parfois perturbants, il faut parfois avoir le pied marin pour survivre aux clichés de Parr…
Au final, harcelé de clichés où le fond de teint bave et où le champagne coule à flot, c’est avec bonheur qu’on se réfugie dans le sac de jute spécial terroriste exposé dans la salle d’à côté.
Pourtant. La dernière salle consacrée à ses reportages sur les petites villes d’Angleterre, commandés en partie par le Times, restituent à merveille l’atmosphère, l’ambiance et la réalité de ces années moroses en Grande-Bretagne. Martin Parr ne manque assurément pas de talent dans le photo-journalisme ; Le genre est cependant à renouveler…
Au final, l’exposition plaira assurément aux bobos ébaudis comme des baudets devant l’univers d’un des photographes de l’agence Magnum – Comme les photos de Cartier Bresson font toujours recette alors qu’elles me paraissent, personnellement, terriblement creuses et sans émotion, à la différence d’un Scianna qui est un des photographes qui m’a le plus touché dans ce style.
Il faut replacer dans le contexte, disais-je ; Il serait néanmoins dommage que les « (a)mateurs de photo » s’en tiennent aux grands noms du genre. Comme disait un enquiquineur de première de ma connaissance, l’avantage d’Internet c’est qu’il permet de trouver des milliers de talents là où les milieux artistiques fermés ne permettaient de faire émerger que quelques dizaines de figures connues par décennie. Le poil à gratter des conservateurs conservatistes, en somme.
Bref. L’exposition « Planète Parr » est à voir, par curiosité, si vous aimez ce genre, si vous n’aimez pas les riches, si vous avez envie de balancer des tomates pourries sur Thatcher, si vous êtes dépressif et que vous voulez voir des gens encore plus malheureux que vous. Il est simplement dommage qu’elle ne mette pas en scène les photos les plus étonnantes ou réussies du photographe…
Par contre, n’oubliez pas vos lunettes de soleil, vos rétines pourraient souffrir.
› La page du Jeu de Paume consacrée à l’exposition « Planète Parr »
› Le site de Martin Parr
Attention, ne venez pas me dire que je n’ai aucun talent ou formation photographique (Ce qui est tout à fait vrai) et que donc je n’ai qu’à fermer ma grande bouche d’inculte (Courez toujours…) : Je rappelle que même les moches ont le droit de critiquer la plastique d’un mannequin, acteur ou bonnasse du quartier si ça lui chante.
Oui je sais, c’est totalement injuste.
Cela dit, si vous avez aimé, aidez-moi à réviser mon jugement.












Alors d’abord, je m’insurge. Je ne vous y ai pas trainé, je vous y ai trainéS.
Ensuite, ben je n’ai pas grand-chose à ajouter, on a bien évoqué le sujet en sortant de l’expo, et je ne vois pas ce que je pourrais apporter de pertinent en sus de ce que tu as écrit.
PS: Courez toujours, pas courrez, non?
Et en plus, tu vas te faire plein d’ennemis dans la blogophotosphère parce que tu lis phototrend.fr, tu sais?
Argh. Corrigé.
Euh, pourquoi, c’est quoi le souci avec Phototrend ?
Je n’ose imaginer si tu avais vu le diaporama présenté à Arles avec une création sonore de Caroline Cartier.
J’attends de voir le versant parisien pour en dire plus.
Pierre, raconte-moi ça, ça a l’air très appétissant… ^^
Ben je n’ai pas moins de 26 ans..mais j’ai pu profiter moi-aussi d’une entrée gratuite et j’y suis donc allé. d’ailleurs, ca devait être le même jour. Menfin passons ces détails.
Moi, j’ai bien aimé. Je me fous pas mal de savoir qui est qui et je ne suis pas technicien photo.
J’ai bien aimé le PQ Ben Laden ou les montres « Saddam » ou « Bush ». C’est sûr, ca peut paraitre superflu à des gens suffisamment intelligents ou raisonnés pour réfléchir à toute la bêtise qui nous entoure, et dans laquelle nous baignons et dont nous ne sommes qu’une composante à tout réflechir, mais ces amas de cochonneries et conneries en tout genre interpellent quand même.
J’ai particulièrement apprécié deux clichés : un d’une fête à Dubai je crois (peu importe) sur lequel trois types en turban buvaient un verre, l’un des trois étant visiblement en train de danser ou de gesticuler « genre : on est les champions, on est les chamions on est on est on est etc… » et surtout celle d’un jeune pris dans la banlieue de londres en 76. Avec des sortes de Doc, un vieux Loden et les cheveux courts…quand l’année suivante avait lieu la grande déferlante (de laquelle perso je ne me suis jamais vraiment remis).
Quand j’ai vu le titre de ce billet j’ai failli Parr-tir en courant… surtout après avoir passé 2 longs mois de cours de photos sur ce… photographe.
Mais à lire ta description de l’expo, çà colle tout à fait à l’univers de Parr
) C’est sur-saturé, kitch à souhait, mais à çà a un style. Mais tu aurais pu mettre des photos plus représentative de son boulot comme ses portraits fait au flash circulaire ou les photos très épiques d’anglais venant faire leurs courses en france ^^
Au fait, tu sous-entends que ceci n’est pas « artistique » au début de lard-ticle. Mais pourquoi dire ça alors que lorsqu’on entend la démarche de Martin Parr, justement, il devrait être considéré plus comme un artiste qu’un photographe !? Il ne faut pas oublier que tout l’égout sont dans la nature et éviter de donner un jugement trop attif sans avoir creuser plus profondément son sujet parfois…
@MisteraiR > Ouh là je vais être obligé de réagir juste sur un petit point : « il devrait être considéré plus comme un artiste qu’un photographe »… ça veut dire que tu ne considères pas la photo comme un art ?
Quant à la démarche artistique, si elle peut sublimer une réalisation, jamais elle ne s’y substituera sans que l’œuvre ne devienne à mes yeux un pur exercice de branlette bobo pseudo-novatrice.
Or pour l’instant, je ne vois aucune sensibilité chez Parr, uniquement ce positionnement idéologique qui en fait un journaliste engagé, tout au plus. (Parce que l’idéologie et l’art ne devrait – à mon sens encore une fois – rien avoir à faire ensemble.)
@Geist> La photographie est avant tout une manière de produire de l’image. Elle devient art du moment qu’il y a une volonté du photographe de vouloir répondre à une volonté de faire passer un message, un idéal, un partit pris assumé, bref ce que l’on appelle une démarche. Sans démarche, la photo n’est qu’une technique au même niveau que les sciences.
Sans démarche une oeuvre n’existe pas. Lorqu’un céramiste réalise un bol, il réalise un objet utilitaire. Si il réalise un bol mais en lui donnant un contexte pour le rendre unique, là il réalise une oeuvre.
Parr se place dans cette optique; il réalise des photos hors conventions, un peu comme n’importe quel novice arriverait à faire avec un peu de chance, mais en ayant une intention derrière. Une oeuvre n’est pas forcément faite pour faire réagir le spectateur par son aspect, mais par son contexte.
Et peut-être vous manquait-il le contexte précis dans cette expo pour aller au delà des simple images affichées sur des murs…
Sur la démarche, je suis on ne peut plus d’accord, relis mieux ce que j’ai écrit ; pour moi chez Parr il n’y a QUE de la démarche. Et c’est précisément ça qui me gène, on ne peut pas défendre n’importe quelle création sous prétexte qu’il y a une démarche derrière.
Sinon, on défend aussi le mec qui a réalisé une coulée de merde sur escalier Lapeyre avec du gros scotch marron (véridique).
->Geist: pourquoi forcément séparer l’idéologie et l’art? Un artiste peut parfaitement être « engagé » et vouloir défendre ou promouvoir certaines idées à travers ses oeuvres, non?
@sharky > Parce que si je n’adhère pas à l’idée, je vais délaisser l’œuvre alors que je la trouve peut-être superbe. Pour moi, c’est juste du gâchis.
->Geist: beeen… je comprends ce que tu veux dire, mais bon, c’est aussi un peu le principe d’une oeuvre que d’exprimer quelque chose et de faire ressentir quelque chose, quoi que ce soit. Et il me semble difficile de séparer complètement l’oeuvre de son concepteur et de ses idées de manière générale. Sauf à obtenir une oeuvre totalement désincarnée. Et donc inintéressante, pour moi du moins.
Je dissocie très nettement le sentiment et l’émotion de l’idéologie, tu sembles les mettre dans le même panier… Si le contexte politique/autres peut apporter beaucoup à l’oeuvre, je n’ai pas pour autant envie de l’y voir transparaitre au premier degré. Typiquement, un groupe comme Noir Désir, je peux pas, ça respire le socialisme bien-pensant bon marché.
Mais je m’éloigne du débat. En l’occurence, photographier quelque chose par conviction politique ou idéologique, et – attention – ne faire QUE ça, sans souci de la réalisation, ça me dérange vraiment.
D’un point de vue plus personnel, si j’aime l’Art c’est au contraire pour m’éloigner le plus possible de la réalité, pas pour me la prendre de front.
@Geist> justement, Parr à un certain soucis de la réalisation!! Il ne se contente pas d’un photo-reportage, il essaye de se mettre le plus près des gens pour capturer une infime partie de leur vie. Son style kitch à souhait fait partie de son personnage et s’il le regnait se ne serait plus du Parr!
D’ailleurs tu parle de suite de prise de position, mais il n’en prend pas vraiment, il montre juste cruement les choses. Au spectateur de se faire sa propre opinion et de réinterpréter à sa mannière l’humour so british de Martin Parr. Mais il ne faut pas oublier que les oeuvres ne sont pas faites que pour être aimer mais aussi pour être détester ! C’est l’absence de réaction qui est le pire…
Quand à l’Art en général, il est là pour exprimer un certain idéalisme fondé d’après un vécu… mais sans contexte, comme je le disais précédemment, chaque oeuvre n’est qu’une image sans âme. La trouver belle ou repoussante c’est déjà l’entourer d’un contexte certes personnel, même si cette démarche est inconsciente.
Et le dans l’Art, chaque réalisation est comme un coffre fort auquel il y aurait un petit trou pour voir le contenant, et ce trou ne serait assez grand que pour certains regards.
« il ne faut pas oublier que les oeuvres ne sont pas faites que pour être aimer mais aussi pour être détestées ! »… no comment là dessus, c’est comme le « l’Art n’est pas censé être beau » ; dissocier l’Art du plaisir, c’est juste ridicule.
Et je n’ai pas dû voir les bonnes photos de Parr, parce que je ne vois rien de drôle :/ Et pourtant l’humour british, j’adhère totalement.
(Je vais faire mon vieux con, je force le trait volontairement, mais je n’ai rien vu – non plus – en termes de réalisation qui ne puisse pas être fait par le moindre quidam qui se ramène la fleur au bec avec son compact, tout flash sorti…)
« Dit papy, c’est quand que tu sort de ta cavernes !?? » xD
Sérieusement, pour avoir vu une vidéo de Parr expliquant certaines de ces photos, je peux te dire que le type ne se prend jamais au sérieux et son but premier est de s’amuser en prenant en photo les gens tout en accentuant les traits de caractères. Je n’aime pas ce photos, mais je trouve le personnage intéresant.
D’ailleurs la meilleure question à se poser c’est « pourquoi je n’aime pas çà ? ». Et là les choses avances, au lieu de radoter dans son coin un gros « j’aime pas » en boucle… (d’ailleurs c’est valable pour les « j’aime »)
Dissocier l’Art de plaisir, j’ai envie de te répondre que l’artiste se fait plaisir en réalisant, mais ce serait faux. Car l’Art est une forme d’exutoire…
Je sais très bien pourquoi je n’aime pas =) il montre des choses banales, et des choses banales j’en ai sous les yeux tous les jours. En fait, c’est précisément pour ça que je suis allé voir l’exposition : je n’aimais pas ce que j’avais vu de Parr jusque là, je voulais en voir plus pour me faire une meilleure idée. Mauvais exemple, l’exposition ne comporte qu’une seule série, et clairement pas la meilleure.
La toute première photo de l’article avec le BOY sur la casquette, je saisis. Enfin, je vois le décalage, je vois ce qui peut plaire. Ce ne sont clairement pas, de toutes façons, mes thèmes de prédilection
Mais alors le reste… j’ai l’impression d’avoir les mêmes soit dans Paris Match, soit dans mes dossiers d’adolescence, les soirées dans les garages toussa (et encore, moi du coup je les trouve drôles.)
(Le troll restera dans sa caverne si ça lui chante)
On va faire simple. Parce que tous ses débats sur l’Art, franchement, moi ça m’épuise.
Re-situons dans le contexte : Je parle ici d’une exposition, autour d’un univers.
Cette exposition est à mon sens mal conduite, le visiteur est peu guidé, saturé d’informations rarement essentielles, et fini submergé sans avoir rien compris à l’univers du photographe.
Ce qui est fort dommage, et cette expo est donc, pour moi, personnellement, selon mon ressenti, loupée.
Ensuite, le travail de Parr.
Concrètement, c’est un bon photo-journaliste quand il fait ses photos d’Angleterre par exemple ; C’est d’une gentille ironie qui fait un peu penser aux petits-enfants quand ils se moquent de leurs grands-parents gâteux, affectueusement. Là, il y a un intérêt, et il est disons, documentaire.
Les autres séries présentées, comme « Luxury », m’ont elles parues ennuyeuses à mourir. Oui, c’est censé être satirique, oui, c’est censé représenter les errements générationnels, les travers des micro-sociétés, quelque chose d’aberrant, etc.
En ce sens c’est « réussi » : On voit immédiatement l’idée.
Ce qui n’empêche pas que ce travail je ne l’aime pas, pour deux raisons :
- L’idée ne me parait pas exceptionnellement mise en scène. J’ai bien compris que l’idée était de mettre en avant la banalité et le côté quotidien de ces aberrations, c’est évident, mais comme je le disais, ça me fait penser à une série B française, ou limite, à un Derrick : C’est chiant.
- Techniquement parlant, je déteste : Je n’aime pas les couleurs, je n’aime pas les angles choisis, je n’aime pas les cadrages, tout ça m’empêche de voir la photo et de rentrer dans son univers en réalité, c’est comme un barrage (Tout comme les cadrages d’HCB m’ont perturbé, etc.).
Bref, Parr présenté ici ne me plait ni sur la forme, ni sur le fond.
C’est tout !
Après le débat sur l’Art, je m’en tamponne les côtes volantes avec un service à thé en porcelaine, et je comprends d’autant plus que les « artistes » puissent détester cette appellation. Non contrôlée, l’appellation.
Pour le reste, je peux comprendre qu’on aime, et je le rappelle, c’est pour ça que j’ai écrit cet article…
Ce n’est pas la peine de venir étaler ici la science de ses professeurs comme un gentil petit élève studieux, ce que je veux, c’est du personnel, du ressenti, pas de la branlette pseudo-artistique.
Et le prochain qui me fait le coup du « Tu ne peux pas comprendre », je le bannis à vie de ce blog.
A bon entendeur… !
Le prochain qui pense que je ne me suis pas documenté sur le sujet avant d’écrire mon article, aussi, ira troller chez Mry ou autre Chauffeur de buzz si c’est ça qui le passionne.
Voilà, je suis énervée. Merde.
Tout à fait d’accord avec toi, je voulais écrire un article dessus également. J’ai trouvé la dernière salle sur les villes d’Angleterre bien plus intéressante que Luxury… J’ai pas accroché…
Bon, ceci dit, maintenant, on voit un peu mieux ce qui plaît chez Parr.
Lousia pourquoi chez moi ?
Garde les tes trolls
@Otto :: Je le savais, j’étais sûre que tu avais un outil de surveillance. Espion.
(Non mais c’est juste pour l’asticoter un peu le petit hein.)
@Gëist :: Ah ?
@L-tz :: Tu me rassures un peu, en fait !
@Lousia > Le point de vue et la démarche. Pour être tout à fait honnête, il y a bien trois ou quatre photos chez Parr dont je veux bien admettre qu’elles sont réussies, même techniquement.
_Geist: ok, j’ai compris maintenant, c’est plus clair ^^
J’adore faire le tour des blogs après avoir vu une expo, histoire de brasser les réactions et les perceptions les plus diverses. Je dois dire que c’est ici que c’est le plus décapant – l’article m’a bien fait rire avec ses détails qui font mouche (les plateaux de l’aïeul, le fonds de teint qui coule autant que le champagne, la désorganisation comme un rendez-vous manqué…).
Ca fait du bien d’entendre autre chose qu’une approbation aveugle (ou muette plutôt, parce qu’ils répètent le programme) sur le caractère satirique des photos de Parr ; il y a indéniablement une certaine facilité à prendre des personnes qui tiennent déjà la pose et l’on pourrait finir par se demander si ses photos ne finissent pas par devenir aussi lisses que la société dont il tire le portrait, s’ôtant par là le moyen de critiquer ladite société.
Cependant, j’ai la manie (ou le défaut, c’est selon) de toujours chercher ce qu’on a voulu nous faire voir dans une exposition, ou ce qu’on peut y voir qu’on ne nous avait pas pré-mâché à regarder, et, si j’arrive à trouver quelques hypothèses, je finis par quelque chose qui dans sa conclusion pourrait se rapprocher de l’attitude extérieure du « j’aime », alors même que je n’ai pas forcément trouvé ça plaisant sur le moment – c’est peut-être ce que vous appelez de la « branlette pseudo-artistique », je ne sais pas et m’en colle comme de l’an 40 (je n’ai pas le chic de renouveler l’expression en me tamponnant les côtes volantes avec un service à thé en porcelaine^^). Toujours est-il qu’on pourrait omettre de voir le côté artiste de Martin Parr, au profit du « photographe documentaire » qu’il se réclame d’être. Ce qui ferait le poids de ce futur « témoignage » d’une micro-société pour quand elle aura disparu, ce serait justement que c’est une série, un ensemble de documents pour un avenir curieux des loufoqueries du passé. Pourtant, les exposer maintenant, dans leur présent, c’est forcément leur chercher ou vouloir leur conférer une valeur esthétique. C’est bizarre, vraiment Parrticulier comme expo. Pas très défini dans son propos (c’est un peu facile de prévenir en début que s’ils sont chiches sur le blabla c’est pour permettre au spectateur de se faire son idée et d’opérer ses propres rapprochements – bientôt on pourra venir faire l’accrochage et chacun pourra moduler l’exposition à sa guise).
(Je prends courage, comme on m’y invite, je clique – malgré le 19ème mail tempêtant – normal, c’est aussi le siècle des Romantiques – bon, assez bavassé sur votre territoire, je sors)