[**] Muse – The Resistance

Muse - The ResistanceJ’en ai entendu, des remarques sur les deux chansons Uprising et United States of Eurasia. Ratage monumental pour la première, pompeux plagiat de Bohemian Rhapsody pour la seconde. Bon, pour la seconde, il est évident que l’influence mercuryenne n’est pas loin. Et pour ce qui est du reste de l’album… eh bien voyons ça.

J’ai eu peur, je l’avoue. Parce que si Resistance introduit superbement le style Muse, Undisclosed Desires laisse perplexe, tant dans sa composition que son impact général. A peu près autant que Supermassive Black Hole à la sortie du précédent album, en fait. Un vrai ton pop grand public qui me déstabilise un tantinet, mais sans le côté flagorneur qui faisait la force du précédent. Bref, pas le Muse que j’ai aimé dans ses grandes œuvres, Ruled by Secrecy et Micro Cuts en tête.

Et pourtant, à l’écoute de l’album, on les retrouve… le piano est plus que présent – la trilogie Exogenesis lui est dédié dans sa quasi-intégralité. L’esprit de Chopin plane d’ailleurs sur la seconde partie de United States of Eurasia. Matthew pousse à nouveau sa voix, ça nous manquait (vraiment), et ça fait plaisir. Au fil de l’écoute, on se surprend à retrouver un peu de chaque album précédent. On pourrait se dire que c’est positif, étant donné la réaction du public après Black Holes & Revelations ? Oui, ça l’est. Du moins, ça l’aurait été si cela n’avait été qu’un clin d’oeil – or ici, on a plus l’impression que le groupe fait du surplace. Quand on voit le chemin parcouru entre chaque album, on se dit que c’est dommage.

Muse

Outre la stagnation apparente du groupe, il y a autre chose que je reproche à The Resistance : son manque d’homogénéité. Je n’ai rien contre les instrumentations électroniques, ni les samples, ni les basses grasses et vrombissantes… mais il y a un réel décalage entre le côté direct et calculé de la première partie de l’album, et l’atmosphère organique et lyrique de la seconde partie. Comme si Muse n’arrivait pas à choisir entre ses récents penchants grand-public, ses origines classiques et ses délires rock. Je suppose qu’il faudra encore un album pour mieux digérer tout ça et proposer un Tout… ou conceptualiser les albums peut-être ?

Malgré tout, je trouve ce nouvel album réussi. Les mélodies résonnent, les arrangements mettent la musique en avant, tout ça est très travaillé, parfois direct, d’autres fois plus complexe… et surtout impactant. Et puis de manière tout à fait personnelle, Matthew Bellamy pourrait aussi bien chanter « Au clair de la lune » que j’en serais fan.

Et pourtant, je n’ai pas encore le coup de cœur. Muse a pourtant voulu présenter l’album comme un tout, selon ses propres dires, mais je ne trouve pas de cohésion. La production de chaque piste est différente (pourquoi cette différence de traitement ? Aucun instrument ne se ressemble d’une chanson à une autre – c’est assez flagrant sur la batterie), on a autant de chansons dansantes très accessibles que de puissantes envolées classiques, longues et tristes. Sans parler de I Belong To You qui me paraît trop… « tiens, et si on faisait une chanson cabaret ? » pour être honnête. Et généralement, quand je ne retiens que la moitié d’un album, je ne retiens rien, c’est mon côté Harvey Dent.

A voir avec le temps si tout ça prend racine. Je le souhaite, parce que The Resistance regorge de trouvailles.

Faites-vous votre propre idée, l’album est en écoute sur Deezer !

Moeity
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Pas de reponse a “[**] Muse – The Resistance”

  1. S. dit :

    Je suis d’accord sur plusieurs points, notamment sur le manque d’homogénéité de l’album. Pour ma part je suis un fervent fan de OOS et de Showbiz. Autant dire que mon avis était extrêmement mitigé à la sortie de Supermassive… (Absolution avait cependant eu mes grâces).
    Ici j’ai fait table rase des côtés « pop » qui me déplaisaient sur les productions récentes de Muse pour me concentrer sur la musique et l’expérimentation dont je savais qu’elle était le leitmotiv de Bellamy. Et finalement, après avoir été surpris par Uprising qui m’a plu tout de suite (exit le caractère rock qui m’avait séduit à l’époque de Showbiz – au contraire, en considérant cela comme du ‘nouveau’ Muse, j’ai tout de suite apprécié).
    Je ne vais pas faire du tracklistening mais la plupart des morceaux sont très bons.
    J’ai lu une chronique de quelqu’un qui disait que Muse faisait du rock et que c’était dommage qu’ils partent un peu dans tous les sens. Au contraire je trouve ça très bien (étant, encore une fois, fan de OOS)! C’est un groupe qui prend de plus en plus d’ampleur (je me souviens encore de l’époque de Showbiz où tout le monde disait qu’il n’était qu’un clone de Radiohead et qu’ils n’iraient pas plus haut qu’un vulgaire groupe de pop/rock anglais en manque d’inspiration)!

    Bref, même si certains morceaux sont encore en deça de ce qu’ils ont fait de mieux, j’attends de me familiariser davantage avec l’album pour pouvoir le juger et l’apprécier pleinement…

  2. Warmetal dit :

    Je me demande combien de fois notre cher chroniqueur à écouté cet album pour nos poster sa chronique, car je trouve que cela ressemble davantage à des impression de premières écoute qu’à un jugement fondé sur une écoute attentive et durable.

    Je ne vois pas ce que vous trouvez de commun entre un morceau comme Bohemian Rhapsody et United states of Eurasia. D’ailleurs est-ce que vous trouvez honnêtement que chez Queen il y’a le talent nécessaire pour composer des passages de piano aussi brillants que ceux proposés régulièrement par Matt Bellamy ?

    Il y’a une influence Queen sur la manière de procéder sur certains morceau (2ou 3) mais la patte magique de Muse permet de dépasser largement les chansonette de la bande à Mercury

  3. Lolottte dit :

    J’ai vraiment eu un gros coup de coeur en entendant Uprising à la radio, c’est rare qu’une chanson me plaise à la premiere ecoute. Mais là je retrouverais « mon » Muse, celui de Absolution… J’aime boc cet album, d’accord avec toi pour l’album en deux parties. Il n’y a que la troisieme chanson à laquelle je n’adhere pas .
    Je suis contente d’avoir pris une place pour leur concert du coup !
    la chanson cabaretlol, est une « reprise » d’un grand compositeur francais , St saens.
    hop;)
    http://www.youtube.com/watch?v=9piRiiZ0C4Q

  4. Gëist dit :

    @S. Je vais faire de même. Il commence à prendre une petite place, d’ailleurs !

    @Warmetal > Notre cher chroniqueur a effectivement écrit une chronique à chaud ! =) Je précise d’ailleurs bien qu’il me faut davantage d’écoutes pour mieux l’apprécier. Mais une critique objective n’a rien à voir avec un jugement personnel.
    Pour ce qui est de United States of Eurasia, il suffit d’écouter la montée juste avant chaque refrain, on s’attend presque à entendre « We are the champions » derrière – ou encore le groupe scandant « Eura SIA, SIA, SIA ». Pour moi, l’influence de Queen est plus que présente. Quant aux passages piano, effectivement, ce n’est pas Queen qui lui ont soufflé, mais plutôt Chopin, Rachmaninov ou Beethoven.

    (et je n’ai jamais dit que je préférais Queen ^^)

    @Lolotte > Hey, merci beaucoup pour la référence, ça explique un peu mieux ! (St Saens, *love* )

  5. Tomy the cat dit :

    Queen est un des plus grands groupes « de rock » ayant existé!
    Bon, bien sur, faut pas se limiter à « we are the champione », « bohemian » et autres titres pour stades. Au niveau des expérimentation en studio (choeurs, arrangements, effets de stéréo) ils avaient 10 ans d’avance sur tout le monde (« mustafa » par exemple)!!

    Sinon, cet album de Muse mets pour ma part fin à 10 ans de passion pour ce groupe, deja serieusement entamée par le précedent. RIP Muse, éclate toi bien dans les stades et sur les radios Warner, Lagardere etc…

  6. Gëist dit :

    Dites, la question n’est pas de savoir qui de Queen ou de Muse est le meilleur… l’un s’est inspiré de l’autre, je ne vais pas plus loin dans la comparaison.

    @Tomy the cat > Hélas, je comprends cette réaction. Il paraît qu’ils sont toujours bon sur scène, surtout dans les petites salles. Peut-être un autre angle à expérimenter ?

  7. Tomy the cat dit :

    Oui sur scène ils vont être « bon ».
    Je leur fait le reproche suivant en live: s’abriter derrière un « mur du son » surpuissant.
    Je les ait vus sur la tournée précédente, ils étaient tellement bons que j’avais l’impression qu’on passait le disque sur une sono géante! Plus les lights etc..
    Leurs concerts sont tellement gigantesques que ça en devient inhumain (même reproche pour Haarp, leur dvd live)).

    C’est plus des concerts, c’est de « l’entertainment » (mais je sais plus l’écrire). Ca n’engage que moi, mais la puissance seule ne mene pas à grand chose.

  8. Tomy the cat dit :

    De plus, les petites salles c’est fini pour l’instant. Muse cherche à conquérir les américains et Haarp est un dvd promotionnel pour faire des stades (en même temps depuis qu’ils sont chez Warner, c’est la voie suivie)

  9. Gëist dit :

    Je suis assez d’accord en ce qui concerne les gros concerts, ça manque de proximité et d’humanité dans le rapport au public. Disons que c’est juste ce que le grand public veut – et l’entertainment, malgré tout le mal que je peux en dire, a ses bons côtés.

    J’ai intégré le fait que Muse faisait dans le divertissement et dans l’accessibilité. Certes. Mais je maintiens qu’ils le font bien.

    (Ce qui ne m’empêche pas de regretter Megalomania ^^ )

  10. Warmetal dit :

    Gëist, merci d’abord d’avoir réagi honnêtement à ma remarque…

    Quant à l’influence Queen, j’admets comme j’ai dis qu’elle existe bel et bien mais uniquement dans la manière de procéder (montage des voix, son de la guitare, etc) et cela n’a rien à voir avec une copie de gammes par exemple que j’ai l’habitude de dénoncer dans mes chronique et qui ne me semble pas présente sur ce disque.

    Sur les parties piano, je confirme les influences Rachmaninov et Chopin mais je le répète, Bellamy ne fait pas du plagiat mais il s’inspire et c’est là toute la différence. Je suis un grand fan de Rachmaninov et j’aurai facilement détecté un plagiat d’une de ses oeuvres.

    Ne reprochons donc pas à Muse ce qui a fait l’histoire de toute la musique. Beethoven a influencé Mendelssohn et celui-ci a à son tour influencé Rachmaninov, etc.

  11. Gëist dit :

    @Warmetal nous sommes d’accord. Je ne reproche pas les influences, et je n’y vois aucun plagiat (tout au plus un hommage, si on met de côté les deux reprises de la Nocturne de Chopin et de St Saëns – merci Lolotte, encore).

    Je suis un des seuls à encore défendre Muse. J’entend de ci de là des phrases du genre « Muse s’excuse auprès de tous les compositeurs russes pour Exogenesis – Overture » ou encore « Muse cultive le goût pour les mélanges de sonorités abjects »… et j’avoue ne pas comprendre.
    La seule chose que je reproche, après coup, c’est l’hétérogénéité de l’album. Mais prises une par une, toutes les chansons sont superbes.

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