[***] Guilt Machine – On This Perfect Day
Arjen Lucassen a un don. Le don de sublimer le talent de ceux dont il s’entoure. Dernière rencontre en date, Jasper Steverlinck, chanteur de son état. Du reste, on connaît déjà la jolie Lori Linstruth pour son travail chez Stream of Passion, et Chris Maitland pour ses méfaits aux côtés de Steven Wilson pour Porcupine Tree.
Comme toujours (mais plus que jamais), il se place en retrait et orchestre discrètement l’ensemble, laissant toute la place à ses acolytes qui peuvent ainsi s’exprimer librement. Et cette fois-ci, pas d’invités à tout va.
Quant à l’album en lui même… je vais avoir du mal à lui faire honneur. Mais après cinq brouillons avortés, il fallait bien que je me lance une fois pour toutes. Alors voilà, On This Perfect Day est magique. Pas particulièrement impressionnant de virtuosité, pas particulièrement original pour du Lucassen (et là, c’est du pur souche). Juste beau. Parce que sieur Arjen sait taper là où ça fait mal.
Tandis que la voix douloureusement fragile de Jasper (on n’a pas entendu ça depuis…) répond à merveille aux soli (à la sensibilité mélodique toute particulière) de Lori, des murs de guitares se dressent au milieu des plaines mornes, et les interludes industriels entrecoupés de voix étouffées par le combiné du téléphone jouent le rôle de liant d’un paysage à l’autre. Ensemble parfait parfaitement homogène. (J’essaye d’être objectif, là.)
Écoutez le, au moins une fois. Pour Twisted Coil, oscillant entre colère contenue et flottements cotonneux ; pour la noire Leland Street, ses guitares floydiennes et son refrain ravageur ; pour l’énigmatique Green & Cream, et la lumineuse Season of Denial ; pour Over chargée de dialogues voco-guitaristiques au sommet et enfin, Perfection? la sublimissime, en passe de devenir mon anthem pour les années à venir.

Artwork réalisé par Chris Dessaigne
On This Perfect Day est à mon sens l’oeuvre la plus mature d’Arjen Lucassen. Poussant bien plus loin dans l’exploration des sentiments humains que The Human Equation (un comble), plus homogène, moins volatile que les créations habituelles d’Ayreon (plus d’instruments folkloriques à tout va, plus de passages étrangement joyeux au milieu d’une atmosphère de plomb), et plus consistant que Embrace The Storm de Stream of Passion (au demeurant très bon mais bien plus calibré « radio »).
Il y en a des choses à découvrir. Même Over que je considérais comme « plus facile » a fini par trouver une place toute particulière sur l’album. Toujours un détail passé inaperçu la première fois, finit par faire mouche : l’envolée démentielle de Jasper à l’approche du final (Arjen Lucassen applique la technique de la frustration, comme l’a fait Hacride sur Lazarus – coupure nette, on en redemande, on relance depuis le début), les voix multilingues qui colorent l’ensemble par petites touches et apportent leur lot de sensibilité et de noirceur, les arrangements électroniques discrets…
Expérience intéressante : je me suis passé en boucle ce trailer avant la sortie de l’album.
Lors de l’écoute complète, je me suis surpris à attendre chacun des passages de la vidéo. J’ai fini par donner moi-même, je crois, une cohésion toute particulière à l’ensemble. Je conseille donc de faire de même ! (Mais après, c’est vous qui voyez.)
You look distant in this lie
Troubled in the morning air
Waiting for a chance to live what you’ve become
I’d see through you anywhere.
And all the things you are, and all you’ve lost,
is perfection what you really want ?
And all the skies we shared, the dreams we walked
I’ll be waiting here alone
When the Darkness calls you home.
Lucassen au sommet de son talent, c’est fait. Jasper Steverlinck y est monumental, Chris Maitland apporte sa sensibilité à l’ensemble, et Lori Linstruth pose sa touche reconnaissable entre mille. On espère que tout ce beau monde restera soudé, au moins pour un second album. Quoi qu’il en soit, il y a déjà beaucoup à faire avec celui-ci.
Pour acheter Guilt Machine – On This Perfect Day, c’est par ici. Et vous pouvez aussi commander l’édition limitée (le digibook signé est en rupture me semble-t-il, mais vous pouvez toujours essayer !)



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Je connais mal Arjen Lucassen mais cette chronique me fait bien envie. J’écoute ça au plus vite !
Très bonne chronique ! j’ai acheté la version limité avec les signatures ! T’as raison, c’est plus dispo maintenant !!!
j’adore ce mec (Arjen) et tout ce qu’il touche. Il fallait bien qu’il change un peu car les AYREON sont super mais un peu toujours les mêmes. Là c’est plus profond plus direct et presque plus personnel comme musique.
C’est un bon album. Par contre, je doute qu’il y aura une suite. Par contre étonné que Lori soit encore présente. Un petit cadeau peut être puisque c’est elle qui a écrit les paroles.
Bref, du très bon Arjen !
Toutes mes félicitations pour tes écrits
@Benjamin F > J’espère que ça te plaira ^^
@Priam > Content de te trouver ici, je lis Progressive Area à peu près… ben chaque fois qu’il y a une chronique =D
Oui, ce doit être son album le plus personnel. Comme il le dit, il sort apparemment d’une période un peu à vide, et s’est retrouvé à l’inverse dans une phase d’inspiration toute particulière juste après. Ca peut expliquer la noirceur de certaines chansons.
Tiens, tant que je te tiens, tu as acheté la version signée également, en ce qui me concerne je n’ai eu aucune nouvelle, ni confirmation (à part la facture), ni mail comme quoi elle avait été envoyée… je commence à me demander un peu. Tu as du nouveau de ce côté là ?
Ah, et merci pour le compliment ^^
[...] pour appuyer mes dires une chronique ici, pas du tout objective faite par Gëist (toujours le même), qui connait bien mieux Lucassen, [...]
Cette chronique résume parfaitement l’effet que cet album me procure. Cet album est un véritable chef d’oeuvre tu as tout cerné ! Et ce « Perfection? » … Ce n’est pas humain.