[Perso] Rétrospective 1984 – 2009

Je m’excuse à l’avance pour la grande quantité de « je » dans cet article. Et pour sa taille, également. Mais on ne parcourt pas une vie comme ça. Tenez, prenez plutôt ça comme une expérience lambda, comme un exemple d’évolution musicale. J’ai toujours trouvé curieux de partir de là d’où je viens, et d’arriver là où je suis. Voici le détail.

1984 - Beethoven – Sonate au Clair de Lune – classique très classique.

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Tout a commencé comme ça. Plus ou moins Mozart, Bach, Ravel, entre autres. Alors oui, je ne les ai pas écoutés de mon plein gré. Et uniquement pour dormir. La journée, c’était Madonna ou Vanessa Paradis dans le mange-disque.

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1990 - Jean-Michel Jarre – Oxygene 2 – contact.

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Première révélation. Une foule immense massée sur le parvis de la Défense, et un homme juché derrière ce qu’on appelait « synthétiseur », portant des lunettes de soleil et jouant avec les lasers comme Luke Skywalker. Révélation, vous dis-je. Et mes premiers cauchemars également, lorsque je revoyais en songe les extraterrestres projetés sur les vitres de la Défense. Dès lors, je me mets à rêver de spectacles de son et lumières et de sonorités électroniques au milieu d’une multitude partageant les mêmes sensations. Et je joue aux Lego espace sur fond de Chronologie en imitant le bruit des lasers.

1992 - Vangelis – Conquest of Paradise - confirmation orchestrale.

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Du classique et des synthétiseurs. Bonheur. Ça existe donc. Autant que le film, cette musique m’a suivi pendant des années. Son côté épique sans doute. Et les Lego pirates qui l’ont accompagné, aussi…

1994 – Pharao – There is a Star – le retour de la Force.

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L’astronomie et la science fiction, qui n’étaient encore pas sortis de ma vie, font leur grand retour. Avec une dimension supplémentaire toutefois : la danse. Je n’avais que 10 ans, mais le rythme a commencé à s’imposer à moi, doucement.

1997 – K’s Choice – Everything for Free – tiens donc des guitares.

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Il faut savoir une chose : je m’opposais fortement à cette époque à un camarade de classe, élevé lui à la sauce AC/DC, Metallica, Iron Maiden, qui vantait les mérites de ce genre musical. Et moi ? Je ne jurais que par les violons et les synthétiseurs. Il m’a un jour apporté une cassette de Meat Loaf comprenant le titre « I’d Do Anything for Love« . Je me suis surpris à aimer. Mais j’étais trop fier pour l’admettre (et c’était trop loin de l’idée que je me faisais de ses groupes de dégénérés pour accepter). Je lui ai gentiment rendu la cassette. Il doit bien se marrer aujourd’hui.

Mais K’s Choice donc. J’ai acheté cet album pour je ne sais quelle raison, et il est resté 2 ans au placard. J’ignore pourquoi je l’en ai ressorti, mais c’était apparemment le bon moment : il a tourné en boucle dès lors.

1998 – Paul van Dyk – For an Angel – « trance », c’est quoi ce truc là ?

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45 RPM date pourtant de 1981. mais PvD l’a ressorti en 1998, et le titre est apparu dans une obscure compil ultra techno volume 54, qui s’est par on ne sait quel hasard retrouvé dans mes mains. Il est assez facile de comprendre ce qui m’a immédiatement plu là dedans : je devenais adolescent, et cette musique combinait le rythme de la dance des années 90 avec le sérieux nécessaire à mes aspirations plus… adultes ? (j’ai un doute quand même). For An Angel a donc été ma chanson fétiche pendant de nombreuses années. Difficile de se débarrasser de ce genre de souvenirs.

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1999 – ATB – Don’t Stop – ah, André…

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ATB, c’est l’été. Ce sont plus des souvenirs qu’un véritable amour de la musique, il n’empêche que si les rayons du soleil avaient un son, ce serait celui de l’introduction de Movin’ Melodies. Ainsi, d’année en année, j’ai traîné cet album jusqu’au prochain, suivant ainsi fidèlement 5 albums d’ATB. Ont suivi Schiller, Airwave, et plus tard Tiësto et Armin van Buuren.

2000 – Linkin Park – Paper Cut – WTF grosses guitares ?

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Voilà un premier virage que je ne m’explique pas. Après des années de déni face à tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à du metal, me voici avec Hybrid Theory dans les mains. La faute à mon voyage en Angleterre et à mon correspondant sur place, je suppose, qui m’a baigné dans Static-X, Cradle of Filth et Garbage (le seul d’ailleurs que j’ai gardé en mémoire après mon premier séjour).

Non, c’est pire que ça. C’est mon frère qui, après une heure passée devant MTV, a cherché sur internet une chanson nommée Crawling. A cette même époque, il écoutait la Fonky Family. Allez comprendre.

2001 - Muse – Megalomania – rock underground (huhu)

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Oui, je n’avais aucune prédisposition pour ce genre de musique. Si ce ne sont les vagues K’s Choice et Limp Bizkit que j’ai croisé. Je passais dans les rayons de Virgin accompagné de ma bande, et j’ai pris les écouteurs, un peu au hasard. Et je me suis dit qu’un album qui démarrait par de si jolies notes ne pouvait que me plaire. (Après, ça s’est corsé, mais c’était trop tard, je l’avais acheté). Et j’ai appris à l’aimer, vraiment.

Je revois le classeur de mon frère (encore lui), arborant fièrement MUSE au Tipp-Ex, ainsi que les paroles de Megalomania dans leur intégralité. La prochaine fois qu’on reparlera de musique, et qu’il me dira que j’écoute de la merde, je lui rappellerai qu’il a bien failli être franchement rock. Mais Rock quoi. Parce que Micro Cuts n’est pas à la portée de n’importe quel techno-boy.

2002 -Within Temptation – Ice Queen – WTF (again) du classique dans du metal ?

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Avec un peu de retard, certes, je découvre Within Temptation. La faute à mon environnement d’études post-Bac, oscillant entre (lui aussi) Cradle of Filth et Aphex Twin. Et moi avec mon Tiësto et mon Linkin Park ? Ben je faisais mon n00b. Et me voilà à bouffer du metal et de l’électro bizarroïde jusqu’à plus soif, Dream Theater, Autechre, Orphaned Land… et le webzine Obsküre – que je cite souvent – qui m’a fait comprendre que du lourd, il y en a partout ; mais alors vraiment partout. Moi qui me plaignais de ne jamais rien trouver à Virgin.

C’est aussi le début des années Internet Libre. Comprenez : Napster, Kazaa, eMule. Et croyez moi, sans ça, il ne me serait jamais venu à l’esprit de commander depuis l’Allemagne ou l’Angleterre des albums introuvables en France.

chro-ngh

2004 – Nightwish – Dark Chest of Wonders – ça sonne old school, mais ça avoine.

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Je vous ai parlé de mon aversion, à cette époque, pour tous ces vieux groupes de chevelus arborant fièrement des monstres difformes et des histoires de viande hachée ? Eh bien je retrouvais un peu de ça là dedans. Seulement voilà : le côté cinématographique (Robin des Bois avec Kevin Costner, 1492 avec Depardieu, des voiliers, des pirates, et tout ce qui m’avait fait rêver étant gosse) m’a retenu.

A chaque style qu’on découvre, on se fabrique de nouvelles bases pour aller plus loin.

2005 – Dimmu Borgir – Progenies of the Great Apocalypse – Meutre Mort Détruire

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Et plus loin, ben… c’est là. Death Cult Armageddon est sorti en 2003, mais à l’époque avec Within Temptation, que je considérais comme assez bourrin, je crois que je n’aurais pas été prêt. Orchestral, épique, et surtout méchant. Et j’avais besoin de cette méchanceté là. Des années où mon monde des bisounours ne suffisait pas à me rendre assez fort pour l’extérieur, j’ai voulu prendre ma revanche, et j’ai pris ça comme bouclier. Un vrai répulsif à emmerdeurs ce truc. Une vraie image d’ado en crise. A 21 ans, ça faisait désordre. Mais j’aime toujours cette violence-là.

2005 toujours - Armin van Buuren – Precious – racines

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Cela dit, je n’ai pas perdu de vue ce qui me faisait vibrer. Et j’ai gardé dans un coin de mon esprit ces mélodies futuristes et dramatiques qui me parlaient naturellement, sans qu’aucun effort ne soit nécessaire. J’ai longtemps oscillé entre cette trance là et le metal. Une vraie crise d’identité. Jusqu’à ce que je comprenne que les deux pouvaient cohabiter, mais ça m’a pris du temps.

chro-ope

2005 encore - Opeth – Ghost of Perdition - pan dans ma tête.

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Et oui, c’est toujours quand on s’y attend le moins que. Et cette histoire là est compliquée.

J’avais croisé Blackwater Park sur un rayon, et j’avais aimé la pochette. Seulement vous connaissez le problème : à la Fnac, on a 30 secondes pour se faire une idée sur un morceau. Oui ces gens là connaissent la musique. Bon, et le 30 premières secondes de The Leper Affinity ne sont pas faites pour une oreille non-avertie. j’ai donc gentiment et doucement reposé le CD. Et puis voilà que Ghost reveries arrive. Même coup de cœur pour la pochette (et par extension, plus tard, pour l’intégralité du travail de Travis Smith)… et même a-priori sur la musique.

Seulement voilà : dans cette heure de musique-là, il y a de ces passages acoustiques que n’auraient renié ni Hitchcock, ni Wilde. De ces atmosphères qui m’ont ramené à ces histoires de maisons hantées que j’aimais me raconter par défi étant gamin. De ces boiseries qui colonisaient le vieux manoir de ma grand-mère, et de ces odeurs de piano qu’on n’ose pas trop toucher. De cette solennité que je retrouve chez Muse, de cette violence que je retrouve chez Dimmu Borgir (ne faites pas attention aux raccourcis, je ne connaissais que ça, soyez indulgents)… et surtout de cette classe immense qu’on ne trouve plus nulle part.

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La suite, vous la connaissez, j’en parle depuis que j’ai ouvert ce blog. Du metal, toujours, Ayreon, Nightwish toujours, Opeth évidemment. Un retour en arrière avec les classiques du rock progressif 70′s, Pink Floyd en tête, Camel tout juste derrière. De la musique électronique, expérimentale ou non, de Tzolk’in et l’écurie Ant Zen, à la techno d’Agoria ou de Joris Voorn.

Pourquoi je raconte tout ça ? Déjà parce que ça m’a permis de déterrer de vieux dossiers. Et rien que pour ça, je me dis que la démarche n’a pas été vaine. Ensuite pour confirmer que finalement, même si nos goûts évoluent, leurs points communs se retrouvent tous dans notre vécu, que ce soit en musique ou ailleurs. Je m’amuse parfois des goûts inavoués des gens. On y retrouve toujours des fragments de racines, et bien souvent, ce qui peut paraître surprenant ne l’est pas tant que ça.

Et vous, en quelques noms, votre parcours, c’est quoi donc ? (Si vous avez des liens en plus pour faire découvrir, je suis preneur – n’hésitez pas à faire appel au gentil Skreemr, il m’a bien aidé.)

Moeity
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Pas de reponse a “[Perso] Rétrospective 1984 – 2009”

  1. MisteraiR dit :

    Techno/ pop/ metal, voilà mon parcours :)
    En fait je suis super vite entré dans le metal et je ne le quitte plus depuis^^ » Ce qui m’amuse, c’est que mon premier album de metal était aussi du Linkin Park, mais « Meteora » :)

  2. Gëist dit :

    Techno, tiens donc ! Je t’aurais vu bercé à la jeune fille de fer ^^

    Pop, je crois que tout le monde y passe. C’est la porte d’entrée de la musique. Tant que ça reste une porte d’entrée quoi…

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