Les paradoxes et autres allumettes
Agitée, frénétique. D’un côté comme de l’autre comme au creux de la vague, au fond de la marmite, je roule. Bord sur bord.
Et pourtant je suis calme, presque apaisée – Juste dans l’attente basse et monocorde des jours qui passent sans que rien ne s’agace. Calme, ou désabusée, les lèvres bien closes sur les secrets honteux des autres.
J’ai mis un pied dans le passé et je suis restée collée au bitume brûlant des étés qui n’en finissaient pas. Juste de la chaleur brute qui monte jusqu’aux joues – De la honte, et du plaisir.
En face du mur, l’hésitation, toujours. Entre prendre le pinceau et balancer de la couleur, les mains directement dans le bleu indigo. Et le rien de la sobriété, de la discrétion. J’ai toujours hésité entre deux personnages, deux côtés, deux chemins – Comme s’il fallait toujours choisir, du reste. Je ne sais toujours pas. Je ne sais pas si je saurais vraiment un jour.
Quand je ne sais pas, j’efface. Je ne m’encombre pas de peinture, je frotte un peu à la javel et puis je prend mon sac – Et je m’en vais, comme d’habitude. Sans jamais laisser d’adresse.
Combien ais-je perdu d’amis et d’amours comme ça, sans regret vraiment, sac à l’épaule et nez au vent ? Sans haine, avec la légèreté de l’indifférence. Juste en ayant pris le meilleur, comme un égoïsme vissé au corps. Parce que je n’avais plus rien à prendre, parce que je n’avais plus rien à donner, aussi. Sans regret, non, avec un peu de tristesse parfois, pourtant.
Et maintenant ?
Les pieds dans des escarpins taille 39, je flotte. Dans des vestes trop grandes pour moi, cachée sous des t-shirts immenses, à jouer à l’adulte.
Pour un peu j’aurais rêvé au labrador et au Scénic.
Je me suis rappelé à temps que je n’avais toujours pas le permis, heureusement. Et que je n’aimais pas les chiens, surtout ceux qui ont l’air triste.
Pyroman by ~Keupsh
Je ne suis pas loin du bidon de javel.
Mais on devient équilibriste quand on aime.
Alors j’étouffe un peu, lentement, de solitude au milieu des passants, à force d’attendre que quelque chose se passe.
J’aurais été seule, mon sac toujours prêt, je l’aurais depuis longtemps sur l’épaule. Mais je ne le suis pas, et c’est très bien comme ça.
Mais l’envie me démange, des ailes au bout des doigts.







Un rythme de publication pareil, ça fait plaisir !!!
Surtout après le retour de vacances.
J’aime beaucoup ce texte, sans raison particulière, qui dégage une atmosphère à la fois pesante et pourtant libre… c’est difficile à exprimer avec des mots. Un peu comme après une longue période d’inactivité, lorsqu’on ressent de l’intérieur une furieuse envie de bouger, de faire quelque chose.
Merci pour ces lectures !
Je comprends bien.
Oui, je vois tout a fait ce dont tu me parlais en fait, c’est un peu le meme mood chez moi.
Bisous et courage !
Un texte que j’avais laissé de côté, bien rangé, dans les articles à lire « au calme. Et va savoir pourquoi. Le titre peut être.
Aucun regret. Et le contraire même. Je retrouve une profondeur que j’apprécie beaucoup dans tes textes. Un abysse tel que mon empathie peut s’y engouffrer et parcourir ses moindres recoins.
L’equilibriste m’a beaucoup touchée, d’avantage que le désir d’evasion fuyante que je connais bien.
Ce fil est un vrai défi, qu’il faut relever avec fierté, sans se laisser tenter par les deux rives de sol intangibles qui nous narguent.